Celebration de la journée du 19 Mai 1956 : Quand l'étudiant est devenu Moudjahid – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Celebration de la journée du 19 Mai 1956 : Quand l’étudiant est devenu Moudjahid

Celebration de la journée du 19 Mai 1956 : Quand l’étudiant est devenu Moudjahid

L’Algérie commémore le 67e anniversaire de la Journée du 19 mai 1956, afin que nul n’oublie la grève de la jeune élite algérienne qui était déterminée à renforcer son soutien à l’appel du Front de libération nationale, (FLN) pour libérer le pays du joug de l’armée d’occupation.     

L’appel à la grève, lancé par le FLN, visait à inciter les étudiants à adhérer à l’action ; ce « signal fort » a mené à l’implication et à l’engagement de l’élite intellectuelle algérienne dans le combat libérateur.

Ils n’avaient pas encore vingt ans. Ils fréquentaient les bancs du lycée ou les amphithéâtres de l’université. La guerre pour l’indépendance est à son sommet. Ils ne peuvent résister à l’appel du Front de libération nationale et inconditionnellement ils rejoignent ses rangs.

«Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres, avaient déclaré les jeunes étudiants. Les archives de l’époque préservent encore les déclarations de ces jeunes intellectuels, signalant : «À quoi donc serviraient-ils ces diplômes, qu’on continue à nous offrir, pendant que notre peuple lutte héroïquement… pour le monde qui nous observe, pour la nation qui nous appelle, pour le destin historique de notre pays, serions-nous des renégats ?». Ainsi était actée l’adhésion des étudiants algériens à la Révolution du 1er novembre 1954.

Cet engagement pour la libération du pays du joug colonial est inscrit, de façon indélébile, dans  l’appel à la grève, du 19 mai 1956, lancé par l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA).

Cet appel avait rencontré un large écho auprès des étudiants et même des lycéens qui ont abandonné leurs études pour rejoindre en masse les rangs du FLN et de l’ALN.

Il est important de rappeler que les jeunes Algériens n’avaient commencé à fréquenter les établissements de l’enseignement secondaire et supérieur qu’au début des années 1950  alors que c’était réservé jusque-là aux seuls Européens. Il fallait batailler dur pour avoir le niveau. Une seule défaillance c’était l’exclusion définitive. Il faut dire aussi que c’était une fierté pour les familles algériennes d’avoir un garçon ou une fille au lycée ou à l’université.

Ces étudiants étaient estimés par leur entourage. Ils étaient considérés comme des élus. Le 19 mai arriva. Ce fut un coup dur pour cette intelligentsia. Le sacrifice était là. Tous ont déserté les bancs de l’université, et la plupart ont rejoint le maquis. L’ALN les a spécialisés, entre autres, dans la manipulation du matériel radio.

C’était un calvaire pour ces jeunes qui portaient un fardeau de plus de 10 kg et étaient la cible privilégiée de l’ennemi dans les accrochages. Nombreux sont tombés au champ d’honneur et ont été portés disparus. Un exemplaire de ce matériel radio est exposé au musée de l’Armée à Riadh El-Feth.

Les étudiants en médecine étaient les plus sollicités dans les maquis. Ceux spécialisés en chimie ont été privilégiés, à l’image de Abderrahmane Taleb, jeune chimiste arrêté, condamné à mort et exécuté. Parmi les chefs de l’ALN, le colonel Amirouche, invincible stratège militaire et doué d’une clairvoyance constructive pour l’avenir de l’Algérie, a regroupé ces jeunes étudiants, les envoyant à Tunis pour bénéficier de bourses d’étude dans les pays amis. C’est grâce à ces jeunes intellectuels ainsi formés que l’Algérie a démarré son indépendance.

Le 19 mai 1956 a été un élan noble et généreux de la jeunesse intellectuelle algérienne, animée par un nationalisme et un patriotisme inégalés. Leur sacrifice est inscrit en lettres d’or dans l’histoire de la révolution armée. Leurs noms resteront éternels à la gloire de l’Algérie et de son peuple.    

L’appel à la grève lancé par les chefs de la Révolution de l’époque a sonné le glas pour le début d’un parcours semé d’embûches et aux conséquences irréversibles.

«C’est à l’unanimité que la décision d’entamer une grève des classes a été prise, ce 19 mai 1956, par les élèves malgré les menaces, à peines voilées, de l’administration de cet établissement éducatif de sanctionner les grévistes », a affirmé l’ancien élève et ancien moudjahid Belkacem Madani.

Selon l’interlocuteur, l’appel à la grève, lancé par Larbi Ben M’hidi, Amara Rachid et Abane Ramdane, visait à «démontrer aux autorités coloniales que la Révolution concernait tous les Algériens et ne pouvait, donc, être réduite à une simple insurrection armée conduite par des hors-la-loi, comme elles les présentaient», a-t-il confié, en se souvenant des propos tenus par le martyr Amara Rachid, au lendemain de l’annonce de l’appel à la grève quand il déclara qu’ «avec des diplômes on ne fera pas de meilleurs cadavres ».

Le ralliement des élèves était un « fort soutien » pour les valeureux combattants dans les maquis du pays et qui ont accepté de se sacrifier pour arracher l’indépendance, note l’ancien moudjahid.

 

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