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Op-Ed

Ce n’est pas encore le bout du tunnel

Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, a été désigné chef de l’État par intérim, après la constatation de la vacance définitive du poste de président de la République.
L’article 102 de la Constitution algérienne a été bel et bien appliqué, conformément à la volonté du peuple, appuyée par l’Armée nationale populaire.
Mais est-ce pour autant une réponse suffisante et la solution définitive pour mettre fin à une crise qui dure depuis deux mois déjà ? En tout cas, les premières réactions populaires, aussi bien dans la rue que sur les réseaux sociaux, ne laissent aucun doute sur le rejet total de cette démarche pourtant constitutionnelle et conforme à la loi en vigueur.
Un rejet qui n’augure rien de bon pour l’avenir de la scène politique nationale, celle-ci qui voit se reproduire les mêmes schémas d’un antagonisme gouvernants-gouvernés déjà très ancien et, surtout, aggravé par une rupture nette et irréversible suite aux manifestations historiques que connaît le pays depuis le 22 février 2019.
Cette rupture qui a vu se cristalliser une nouvelle donne qui n’accorde pas une grande marge de manœuvre aux tenants du pouvoir pour faire aboutir leur feuille de route ; il y a d’abord les fractures graves et parfois spectaculaires au sein de la coalition gouvernementale, pour ne citer que le FLN et le RND, la remise en cause franche d’un ordre juridique, notamment par ses propres acteurs, entre les magistrats et les bâtonniers, dénonçant ouvertement une justice partiale dans le traitement des grandes affaires de corruption, la chute annoncée d’une « oligarchie » plus que jamais fragilisée par son passé opaque dans le monde des affaires et de la politique, et un élan populaire uni, déterminé, intransigeant et surtout indépendant d’une classe politique dite d’opposition. La grande nouveauté demeure aussi et surtout la rupture d’un long silence par celle qu’on surnommait par le passé la grande muette, à savoir l’ANP. Celle-ci n’a pas raté, et depuis le début du « hirak », son rendez-vous avec l’histoire en se positionnant au côté des revendications populaires. Aujourd’hui l’équation est là avec ses variables et ses inconnues et chaque partie, qui constitue les acteurs politiques, la conçoit à sa manière. Celle du peuple semble être la plus logique et la plus conforme à l’esprit de la Constitution qui lui offre toutes les dispositions pour être la source du pouvoir et de la légitimité. Le peuple est certes souverain, mais encore faut-il qu’il soit d’abord représenté et qu’il fasse preuve d’une grande vigilance pour ne pas verser dans une méfiance absolue visant à discréditer et mettre hors jeu toutes les forces vives et patriotiques qui le soutiennent dans son élan…

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