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Nationale

Ce 4e pouvoir qui a terrassé les médias traditionnels

Ce 4e pouvoir qui a terrassé les médias traditionnels

Comment s’opère le contact entre les manifestants, d’autant que la plupart ne se connaissent pas ? Mais qui n’ont toutefois pour seul objectif commun que le retrait de la candidature du président sortant à un 5e mandat ? Le Net.

« Sans internet il n’y aurait jamais eu autant de mobilisations qui ont tendance à prendre de l’ampleur dans les 48 wilayas du pays », relève-t-on dans les milieux médiatiques. Le « Net » a explosé, en effet, depuis que les partis de l’Alliance présidentielle ont décidé de « reconduire » Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat. Les observateurs soulignent que c’est au lendemain de la réunion des quatre partis politiques (FLN, RND, TAJ et MPA), qui a eu lieu à la résidence présidentielle de Zéralda et qui s’était soldée par l’unique « résolution » : La continuité, autrement dit un 5ème mandat pour Bouteflika, que la « Toile » s’est enflammée. Facebook, Twitter, Viber, Messenger, Instagram et même le « SMS », autant d’outils des réseaux sociaux qui s’étaient levés, presque en même temps, pour la « mobilisation ».

Pour les spécialistes des réseaux sociaux, le rejet des médias classiques (Journaux, TV, radios…) n’est perçu que par ceux qui ont constaté que dorénavant le « Net » est partie intégrante des pouvoirs. « Il est tout simplement le 4e pouvoir », martèle un directeur de rédaction d’un quotidien algérois. Et d’avouer que les réseaux sociaux ont depuis longtemps détrôné les médias traditionnels. Un enseignant à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (Ensjsi) de Ben Aknoun abonde dans le même sens. « Les gens ont perdu toute confiance en la presse traditionnelle. On se rabat beaucoup plus aujourd’hui sur Facebook que sur les chaînes TV, surtout lorsqu’il s’agit de s’informer sur des faits aussi sensibles que nous sommes en train de vivre actuellement », analyse Boukhalfa Chouikrat, un doctorant qui enseigne le journalisme pratique à l’Ensjsi.

Le spécialiste n’omet pas de souligner que l’écrasante majorité des Algériens, surtout les jeunes, sont « connectés » à Facebook. « Alors que dans les milieux intellectuels des médias, des faiseurs d’opinions et des universitaires, on est plutôt branché « Twitter ». « Facebook permet néanmoins de livrer l’information à la vitesse de la lumière. Il y a également les « Live » qui ont carrément neutralisé la télévision. On a l’image et le son en direct. Qui dit mieux ? », poursuit M. Chouikrat.

Il faut dire que Facebook a été vraisemblablement l’outil par excellence des manifestants pour s’informer les uns les autres sur la date, l’heure et le lieu de l’évènement auquel ils appellent. Autre moyen aussi redoutable que les outils précédemment cités, YouTube. Cette « cybertélé » que n’importe quelle personne peut créer en deux temps, trois mouvements, et du coup, l’on peut dire tout ce que l’on voudra. Y compris inciter les gens à sortir manifester. En définitive, les cybermédias n’ont plus de frontières. Ni aucun moyen pour les faire taire.

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