-- -- -- / -- -- --
Nationale

Carnet de campagne : Une ligne pas trop droite pour les candidats

Carnet de campagne : Une ligne pas trop droite pour les candidats

A quelques jours de la fin, la campagne électorale pour l’élection présidentielle se déroule dans des circonstances particulières. Les candidats ne semblent point à l’aise et éprouvent des difficultés à faire passer leurs messages. Leurs promesses électorales sont noyées dans un brouhaha indescriptible. Leurs slogans de campagne passent également inaperçus. Leurs meetings se déroulent à huis clos et sous haute surveillance. Les salles ne sont pas remplies. Et leur message subliminal est quasiment absent. Seul le spectre du danger qui menace le pays est mis en avant. Même les panneaux d’affichage restent désespérément vides. C’est une campagne inédite.

Ali Benflis a appelé depuis Oum-El-Bouaghi à la préservation de l’identité nationale et au rejet de toute division de l’Algérie. Selon lui, le colonialisme « cherche à revenir en Algérie à travers l’ingérence étrangère, comme l’illustre l’immixtion du Parlement européen dans nos affaires internes ». A ce propos, il a affirmé que la solution à la crise politique passe par des élections qui « confèrent la légitimité aux institutions et qui mènent à l’élection d’un Président légitime et comptable ainsi qu’un Parlement véritablement représentatif du peuple, des responsables intègres et une justice indépendante défendant les libertés et les intérêts du peuple ».

Abdelaziz Belaïd a affirmé depuis Batna que le peuple algérien « doit être conscient de la gravité de la conjoncture » que traverse le pays et ne laisser personne décider de son destin à sa place : « L’Algérie est en danger aujourd’hui, car plusieurs complots se trament contre elle », a déclaré Belaïd. Selon lui, « les Algériens doivent être conscients de ces dangers et ne doivent pas attendre l’Union européenne ou les Etats-Unis pour décider de notre destin ». Pour Belaïd, l’Algérie vit aujourd’hui « une souffrance plus grande » que celle de la période coloniale où l’ennemi était bien connu mais, aujourd’hui, « nombreux sont les ennemis et les maux. Les Algériens doivent garder le même élan populaire grâce auquel ils ont pu libérer leur pays du joug colonial », a-t-il poursuivi. Belaïds s’est engagé à « ouvrir un dialogue avec tous les Algériens pour trouver une plate-forme de solutions aux problèmes en suspens », estimant que l’édification d’un Etat des institutions et d’une économie forte « était tributaire » du règlement des problèmes politiques. Abdelkader Bengrina s’est engagé, depuis Constantine, à « développer l’enseignement supérieur, à renforcer le rôle de l’université dans la formation de l’individu et l’ouverture au monde de l’emploi, étant la clé de voûte du développement ». Il a ensuite indiqué qu’il veillera à « créer des pôles du savoir, étant le socle de la croissance économique, et investir dans le capital humain dans les secteurs de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et de la santé ». Selon lui, l’Algérie « dispose de toutes les capacités, de centres d’accueil, d’intelligence et d’excellence à même d’assurer sa transition vers l’économie du savoir et de la connaissance pour accroître la croissance », imputant le déficit actuel dans la croissance à l’économie de rente, à « l’autocratie et au totalitarisme » qui ont eu pour conséquence la migration des

cerveaux : « C’est pourquoi nous devons mettre la main dans la main pour faire sortir l’Algérie de sa crise multidimensionnelle », dit-il.

Azzedine Mihoubi a promis à partir de Mascara d’inscrire le jour du 27 novembre coïncidant avec celui de la moubayaa de l’Emir Abdelakder comme une journée fériée.

Quant à Abdelmadjid Tebboune, sa campagne électorale bat de l’aile depuis une dizaine de jours en l’absence de son directeur de campagne toujours hospitalisé. Son staff de campagne peine à rendre visible sa présence sur le terrain. Depuis Ouargla, il continue son offensive de charme envers les wilayas du grand Sud. Tebboune, qui reconnaît que ces villes ont été longtemps marginalisées, leur promet monts et merveilles.

Enfin le président de l’Anie, Mohamed Charfi a indiqué hier qu’il n’y a « aucune probabilité de report du vote ». S’exprimant dans un quotidien arabophone à fort tirage, il a indiqué que le report du vote « est hors de propos », ajoutant que le processus électoral « est la seule solution à même de permettre aux Algériens d’exercer leur choix pour désigner celui qui va gérer les affaires du pays ». A propos des heurts qui ont émaillé les meetings de certains candidats, il considère qu’ils sont « en contradiction avec l’esprit de consensus », expliquant à ce propos que « l’arrestation de certains jeunes est la conséquence de l’usage de la violence qui est à l’opposé du caractère pacifique du hirak : « Comment peut-on se revendiquer de la démocratie et empêcher un citoyen d’écouter un candidat ? C’est ça être démocrate ? », s’est-il interrogé.

A propos du taux de participation au vote le jour du scrutin, Charfi a expliqué qu’« on ne peut rien anticiper » avant d’apporter cette précision de taille au sujet de la position de l’Armée : « Les relais de la issaba font croire qu’il existe un candidat qui jouit de l’appui de l’Armée et cela dans le but de perturber le processus électoral. L’institution militaire n’a aucun intérêt à soutenir un candidat au détriment d’un autre », dit-il.

A signaler qu’aucun candidat pour le moment ne s’est rendu à Tizi-Ouzou et Béjaïa. Une première depuis l’avènement du pluralisme politique dans le pays en 1990. Dans ces localités, des rassemblements et des marches contre cette présidentielle se déroulent presque chaque jour. Ils accentuent la pression ces derniers jours par la multiplication des manifestations dans les différentes localités en semaine en observant des rassemblements devant les mairies et les daïras, allant même jusqu’à murer les bureaux abritant les services du vote. Le pas a été franchi hier par la destruction des urnes dans plusieurs communes comme à Ath Yenni et Beni Douala. Des échauffourées ont éclaté samedi dernier entre la police et des jeunes à Larbâa Nath Irathen (ex-Fort National). Après avoir fermé symboliquement le siège de la daïra et soudé ses portes, les manifestants ont commencé à se disperser dans le calme. Mais les affrontements ont repris de plus belle après une petite accalmie en fin de journée.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email