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Nationale

Carnet de campagne : Promesses et vœux pieux

Carnet de campagne : Promesses et vœux pieux

Finie les promesses électoralistes et place aux vœux pieux. Et ceci dans un contexte qui voit s’engouffrer l’Armée qui indique ne soutenir aucun candidat. Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, dans une vidéo diffusée ce vendredi par les services du MDN, a affirmé qu’il ne « soutient aucun candidat, c’est au peuple de choisir, c’est lui qui est responsable du choix du nouveau président qui est capable de diriger l’Algérie ». Le chef d’état-major a ajouté qu’il « respectera son serment » au service de la patrie et du peuple : « Neuf mois que nous gérons cette situation et ce n’est pas facile, sans qu’aucune goutte de sang soit versée », a-t-il encore dit.

En cette dernière semaine de campagne électorale toujours sous haute tension et une étroite surveillance policière, les candidats entament leur dernière ligne droite. A ce titre, Benflis à partir de Sétif dit être porteur d’un message d’espoir aux Algériens dans le but de « bâtir un Etat fort et une politique judicieuse, d’améliorer les conditions de vie et de lutter contre la corruption et les corrompus ». Il a appelé à « parachever le processus enclenché en février dernier par le mouvement populaire, qui a permis l’éviction de la bande, avec l’accompagnement de l’Armée », indiquant que cela « ne saurait se réaliser qu’en allant à l’élection présidentielle qui mènera vers un avenir meilleur où la lutte contre la corruption sera poursuivie ».

Pour Benflis, l’Algérie « ne vit pas actuellement de crise sécuritaire », même si « elle souffre de crises dans les domaines politique et socioéconomique ». Selon lui, des forces extraconstitutionnelles « ont fait main basse sur les centres de décision politique et fait allégeance à l’étranger ». Selon lui, seule la présidentielle « pourra éradiquer l’influence persistante des résidus de la bande. Une présidentielle dont le peuple sera le décideur ».

Tebboune refuse le débat télévisé

Pour Abdelmadjid Tebboune qui cumule les défections et les ratages, la fin de campagne électorale s’annonce difficile. Son chargé de communication,s Mohamed Laggab, a annoncé que Tebboune ne participera pas à un débat télévisé avec les autres candidats « si le traitement médiatique n’est pas équilibré ». Ceci au moment où le représentant du candidat Benflis a affirmé que son candidat est disposé à participer à un débat quel que soit le traitement médiatique. Selon l’ex-Premier ministre, la situation difficile que traverse le pays est du seul ressort de l’ancien régime dont il faisait pourtant partie : c’est bien l’argent sale qui a poussé des jeunes Algériens à se suicider en mer. « Ce qu’ont fait les corrompus, il n’a pas été fait même par les plus grands oligarques européens », dit-il à ce propos. « Le système de castes en Algérie n’a rien à voir avec le projet égalitaire porté par la révolution algérienne pour laquelle sont morts des millions de martyrs qui étaient pour un Etat démocratique et social et non pas pour que les Algériens résident dans des bidonvilles. Mes idées ne sont pas populistes, ni socialistes, je ne suis non plus contre les hommes d’affaires, aux seules conditions qu’ils travaillent dans le cadre de la loi, qu’ils paient leurs impôts et bâtissent leurs richesses légalement, et non comme l’a fait la issaba ». Et Tebboune

de conclure en assurant que « 2020 sera l’année du changement nécessaire et si on ne le fait pas nous-mêmes, il nous sera imposé de l’extérieur », réaffirmant une nouvelle fois « sa défiance à l’égard de la transition ». Azzedine Mihoubi, de passage à Guelma, a centré son discours sur la jeunesse en faisant savoir qu’elle « représente aujourd’hui la principale force de l’Algérie » et annonce à ce propos que son programme électoral « contient des mécanismes de passage du témoin » à cette jeunesse. Mihoubi vante aussi les vertus du dialogue politique en cherchant à convaincre que « c’est un moyen important pour le règlement de la crise » que traverse notre pays, car pour lui « compter uniquement sur la rue ne permettra pas de faire aboutir toutes les revendications du peuple ». Selon lui, le dialogue « est la formule idéale ».

Bengrina charge Bouteflika

De son côté, Abdelkader Bengrina, qui a menacé de se retirer de la course à la magistrature suprême après s’être retrouvé vendredi dernier face à une salle presque vide, a donc décidé d’annuler son meeting électoral. Mais il a pu tenir une rencontre chez l’un de ses partisans. Il a estimé que la nouvelle Algérie « doit être issue de la volonté populaire réelle » pour que celui qui gouvernera ensuite « puisse tirer sa force de cette légitimité intérieure et non de l’extérieur qui ouvrirait des brèches à des ingérences, comme celle du Parlement européen ». Depuis trois jours, il insiste sur « la régularité et la transparence des élections », laissant supposer en creux des soupçons de fraude : « Ces élections doivent être libres et transparentes, au bénéfice du pays », martèle-t-il. Bengrina s’en est pris à l‘ancien président de la République, l’accusant « d’avoir saboté le projet nucléaire algérien au profit d’Israël : « Tout le monde sait que Bouteflika est le premier à serrer la main de l’ancien Premier ministre de l’entité sioniste ». Abdelaziz Belaïd a mis en avant à M’Sila l’impérative « révision du système éducatif » en Algérie pour pouvoir réunir les conditions propices à l’élève et permettre au secteur de reprendre la place qui lui sied.

Belaïd s’est engagé à procéder à une « révision de l’ensemble des lois relatives à l’enseignement et aux méthodes éducatives » et à mettre en place un programme « répondant aux aspirations du peuple qui permette à l’enseignant et à l’élève de reprendre leur véritable place », estimant que « tout projet de société débute par l’école ». Sur le plan économique il a assuré que le problème de l’Algérie « n’était lié ni à l’économie ni au manque de ressources » mais dans la formation de l’individu. Le candidat Belaïd a indiqué que « l’Algérie disposait de tous les moyens pour construire une économie solide par le recours à la ressource humaine ». Ce sursaut économique « ne peut être réalisé dans le climat d’instabilité politique que vit le pays », a-t-il ajouté. Après avoir déjoué le plan du cinquième mandat de l’ancien Président, « on doit réfléchir maintenant sur la phase d’édification des institutions, la correction des lois et contrecarrer les desseins des relais de la bande qui sont en prison », a-t-il encore ajouté. Ainsi les frères Kouninef, les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que Tahkout seront les premiers à être jugés cette semaine. Selon Belaïd, la nouvelle Constitution « sera le fruit d’un large débat associant la classe politique et les experts et permettra de se

référer aux institutions à chaque fois que le pays est confronté à une crise ». Azzedine Mihoubi s’est engagé, depuis Souk Ahras, à procéder à une « réforme de la Constitution » qui consolide les institutions de l’Etat.

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