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Nationale

Carnet de campagne : Le FLN s’en mêle, Mihoubi gagne des points

Carnet de campagne : Le FLN s’en mêle, Mihoubi gagne des points

L’ex-parti unique, le FLN, entre en scène pour ces derniers jours de campagne électorale alors qu’il n’a pas de candidat déclaré, une première depuis l’indépendance du pays. Il fait parler de lui non pas tant sur le plan des activités partisanes, mais sur sa décision de soutenir Azzedine Mihoubi, SG par intérim du RND en lieu et place d’Ali Benflis, ex-patron du FLN entre 2001 et 2003, ou d’Abdelmadjid Tebboune, longtemps proche du parti, ou encore de Belaïd Abdelaziz, un ancien cadre du vieux parti pendant des décennies.

Le SG par intérim du FLN, Ali Seddiki, a expliqué que le processus de décision est arrivé à sa phase finale : « le FLN a tranché quant au choix de son candidat, l’annonce en sera faite sous peu », dit-il. Mais qu’est-ce qui a motivé ce choix ? Azzedine Mihoubi a laissé entendre qu’il compte créer autour de son parti et avec le FLN un pôle politique solide en vue des élections législatives anticipées prévues, selon quelques indiscrétions, au mois de mars 2020. Mihoubi, vers qui tous les regards sont braqués aujourd’hui, a fait hier une halte dans sa campagne pour recevoir dans le même temps pas moins de quatre ambassadeurs européens (Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Espagne). Ces ambassadeurs sont-ils venus lui exprimer leur rejet de la résolution du Parlement européen votée récemment, exprimer leur soutien au processus électoral ou pour tâter le pouls du futur président de la République ou tous à la fois ? Mais on ne sait toujours pas si ces représentants de pays de l’UE ont été invités par la direction de campagne ou s’ils sont venus de leur propre initiative à sa rencontre. En tout état de cause, les stratèges du camp Mihoubi ont exécuté là une véritable opération de « communication ». Il se pose désormais en véritable outsider des deux superfavoris, Benflis et Tebboune. Il vient même de recevoir le soutien inattendu du président du comité de soutien de Tebboune et parallèlement son directeur de campagne à Tizi-Ouzou, l’homme d’affaires Kerrouche Selmane. Ce dernier a même invité ses partisans à soutenir Mihoubi. Kerrouche a justifié son retrait par l’existence d’obstacles l’ayant empêché d’exécuter sa mission, mais aussi par la mise à l’écart de la wilaya de Tizi-Ouzou.

Abdelmadjid Tebboune, qui vient de recevoir coup sur coup deux terribles défections, a mis en avant à Sétif son engagement à soutenir et à développer l’agriculture et l’économie du savoir en vue de s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et d’éradiquer le chômage. Il a indiqué que son programme « prévoit le renforcement de l’économie du savoir » en coordination avec les universités et les centres de recherche, ainsi que le développement du secteur agricole afin de s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures. Il a réaffirmé son engagement à « mettre en place une banque dédiée au soutien et à l’accompagnement des projets des jeunes entreprises (start-up) », et à offrir une autre opportunité aux jeunes dont les projets financés dans le cadre des différents dispositifs d’aide à l’emploi « n’ont pu aboutir ». Il a affirmé, par ailleurs, qu’il « n’est pas contre les hommes d’affaires honnêtes qui

contribuent à la création de richesse et d’emploi, « mais contre les corrompus et ceux qui détournent les fonds vers l’étranger ».

Belaïd veut un tribunal international pour juger la « bande »

Ali Benflis a une fois encore fait face hier à la grogne, comme d’ailleurs dans d’autres villes, des manifestants anti-élections à Skikda. Plusieurs centaines de citoyens ont organisé un sit-in pour dénoncer sa visite dans cette ville. Une prise de parole a été aussi à l’ordre du jour pour dénoncer cette visite et réitérer la position citoyenne qui consiste au rejet des élections. Un citoyen qui a pris la parole a affirmé qu’il voulait poser des questions au candidat mais a été empêché d’accéder au meeting. Pourtant, Benflis a plaidé pour un discours politique « sincère » à même d’instaurer la confiance entre le gouvernant et le gouverné. Il a prôné la sincérité du discours politique, affirmant que le peuple « n’accepte pas les promesses irréalistes », avant de critiquer le discours politique « qui prévaut sur la scène où les promesses dominent », affirmant s’adresser au peuple en « toute sincérité », tout en s’engageant à « satisfaire les revendications soulevées et à examiner les différents dossiers avec les spécialistes en la matière ». Il a insisté sur la nécessité d’instaurer la confiance entre le gouvernant et le gouverné, « en disant la vérité ». Il a évoqué les principaux axes de son programme électoral qui propose la « répartition des prérogatives entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement, la dynamisation du rôle du Parlement et la consécration du principe de l’alternance au pouvoir avec le respect de l’opinion d’autrui, à travers la modernisation politique.

Abdelkader Bengrina a affirmé depuis Ghardaïa que le procès public des responsables impliqués dans des affaires de corruption « était une leçon » pour toute personne appelée à assumer un poste de responsabilité. « Le procès public des responsables emprisonnés, qui avaient un droit de vie et de mort sur les Algériens, est une leçon pour moi et pour d’autres en matière de responsabilités à assumer », a-t-il indiqué, avant d’ajouter : « Je garderai toujours à l’esprit que si je suis injuste, si je vole, si je mens ou si je méprise, je finirai par avoir le même sort que les éléments de la bande et que le peuple suivra mon procès ».

Pour Abdelaziz Belaïd, la bande « doit être jugée dans les tribunaux internationaux et pas seulement en Algérie. Ils ont tué le peuple, ils ont poussé nos enfants au suicide », a-t-il indiqué. « Après avoir vaincu le colonialisme français et le terrorisme, grâce à l’union de l’institution de l’armée avec le peuple, une bande encore plus dangereuse que le France et plus violente que le terrorisme est venue. Je demande aujourd’hui un procès international dans toutes les affaires de trahison du peuple » dit-il. Il n’a pas hésité à accuser ce qu’il a qualifié de « parties influentes du sérail » d’obstruer les élections. Belaïd a indiqué que des parties « manipulent et des lobbies tentent d’orienter l’élection ». Il a mis en garde contre « la manipulation de l’élection et sa réorientation vers une direction contraire à celle du peuple », ajoutant que l’Algérie « est excédée par ces pratiques, qu’il est temps de construire le pays sur des bases saines et pour le peuple algérien qui aspire au changement d’assumer sa responsabilité ». Il s’est ensuite engagé à « asseoir les fondements d’une économie solide » basée sur l’agriculture, l’industrie manufacturière et

la promotion du tourisme, ajoutant que la bande qui gouvernait le pays les années précédentes a « investi l’argent des Algériens à l’étranger » et a « servi les banques étrangères », des agissements qui « ont eu des retombées néfastes et lourdes sur l’économie nationale et le peuple algérien ».

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