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Nationale

Carnage à Ghardaïa après la grâce du 5 juillet

Carnage à Ghardaïa après la grâce du 5 juillet

Deux jours après la grâce du président Abdelaziz Bouteflika accordée à des dizaines de jeunes Mozabites et Ibadites incarcérés pour implication dans des affrontements en 2014, la violence est de retour dans la vallée du M’zab.

Le bilan est lourd : au moins 23 morts en l’espace de trois jours d’affrontements sanglants entre les Ibadites et les Malékites. Ce retour de la violence a coïncidé avec la libération des détenus ibadites et malékites, après des mois passés en prison, suite à la grâce du 5 juillet décidée par le Président Bouteflika. Selon des sources mozabites contactées au téléphone, il s’agit d’un règlement de comptes et des inconnus attendaient la sortie des détenus mozabites pour passer à l’acte.

La grâce du Président a été accordée le 5 juillet passé et parmi les morts dans ces nouveaux conflits figurent des détenus graciés, victimes d’un règlement de comptes de leurs protagonistes qui les attendaient depuis des mois, ajoutent nos contacts. C’est l’escalade de la violence à Ghardaïa. C’est un retour prévisible des affrontements sanglants entre les Ibadites et les Malékites. Cette fois, le bilan est très lourd, il dépasse les 23 morts. C’est l’embrasement. La vallée du M’Zab est en train de vivre les moments les plus pénibles depuis l’éclatement du conflit intercommunautaire.

C’est le retour du chaos après une accalmie pendant de longs mois. La plupart des victimes sont âgées d’une trentaine d’années. Elles ont été atteintes par des objets contondants, a-t-on appris de sources proches des Mozabites. Alors que plusieurs personnes sont dans un état critique à la suite d’incidents ayant opposé des jeunes de Ghardaïa, ville inscrite par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité, faut-il le rappeler.

Beaucoup de victimes ont succombé sur les lieux mêmes des échauffourées entre groupes de jeunes Mozabites et Chaâmbis près du quartier Hadj Messaoud, tandis qu’une jeune personne est morte des suites de ses blessures à l’hôpital Trichine de Ghardaïa. Ainsi, le retour à la violence a été marqué par le nombre douloureux des morts et des blessés. Pis, l’escalade a repris en plein mois de ramadhan, avec l’utilisation d’armes à feu, ce qui dénote que de plus en plus d’armes à feu arrivent à se faufiler pour être mises en circulation à Ghardaïa.

D’où viennent-elles ? Comment parviennent-elles à entrer à Ghardaïa ? Qui sont ces gens qui arrivent à faire entrer les armes à feu et la drogue aussi ? Des questions que tout le monde se pose, même la classe politique à l’instar de la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, qui avait à maintes reprises soulevé et alerté sur cette affaire.

L’utilisation d’armes à feu dans les affrontements entre Malékites et Ibadites est devenue une tendance depuis l’année 2014, et qui succède à un scénario en plusieurs actes et en plus violent qui se déroule au M’zab. Le retour des affrontements sanglants dans les ksours de la vallée du M’zab, notamment à Sidi Abaz et Bounoura, pour ne citer que ces deux places, a replongé les habitants dans la terreur et la peur.

Des voitures saccagées, des maisons brûlées, des incendies volontaires, des locaux brulés et surtout des personnes tuées par balles (chevrotine), telles sont les scènes vécues, depuis la soirée de dimanche passé, partout dans les villes de Ghardaïa, Guerrara et Berriane. Rappelons-le, les derniers affrontements à Ghardaïa avaient eu lieu entre décembre et janvier 2014 et avaient fait au moins quatre morts parmi les Mozabites et plus de 200 blessés. 

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