CAN Féminine 2024 : LES VERTES ÉLIMINÉES AVEC LES HONNEURS
Notre équipe nationale dames a vu son aventure à la CAN dames 2024 s’arrêter aux portes des demies. Les Vertes se sont fait sortir par le Ghana (0-0/2 t.a.b 4) en ne concédant aucun but dans le jeu lors de leurs quatre sorties dans le tournoi. Avoir une défense de fer n’a pas compensé le manque d’efficacité devant. L’aventure des Algériennes à la CAN Féminine 2024 s’arrête brutalement aux portes du dernier carré. Opposées au Ghana en quart de finale ce samedi à Berkane, les joueuses de Farid Benstiti se sont inclinées aux tirs au but (4-2), après 120 minutes d’un match âprement disputé mais stérile (0-0).
Très attendu des deux côtés du continent, ce duel a tenu en haleine les supporters, sans toutefois offrir le festival offensif espéré. L’Algérie, qui ambitionnait une qualification historique en demi-finale, a eu la possession (près de 58 % sur l’ensemble de la rencontre), mais sans réussir à faire basculer la rencontre. Les Fennecs se sont souvent heurtées à un bloc ghanéen bien en place et ont manqué d’impact dans le dernier tiers.
De leur côté, les Black Queens, portées par un pressing haut et des transitions rapides, se sont créées davantage d’opportunités, mais ont cruellement manqué de réussite dans le dernier geste. Au total, les Ghanéennes ont frappé 11 fois au but, pour seulement deux tirs cadrés. L’Algérie n’a, elle, cadré qu’un seul de ses trois maigres tentatives.Le scénario s’est prolongé en prolongations, où la tension a atteint son paroxysme. Chaque formation a eu ses temps forts sans parvenir à débloquer la situation, la fatigue rendant les initiatives offensives de plus en plus brouillonnes. Le Ghana, plus percutant, a pourtant failli faire la différence dans les dernières minutes, mais la gardienne Zeïneb Adjroudi a sorti une parade décisive pour maintenir l’Algérie en vie.
Si la déception est immense, les Vertes sortent de ce tournoi grandies. Leur solidité défensive et leur maîtrise collective auront marqué les esprits, mais le manque de tranchant offensif leur coûte un rendez-vous historique en demi-finale. Cette expérience servira sans doute de tremplin à une génération en pleine construction.**
Karchouni, unique buteuse algérienne à la CAN dames 2024
Aucune sélection n’a pu trouver la faille et faire trembler les filets de Cholé N’Gazi élue – à juste titre – meilleure gardienne du premier tour. Après, devant, c’était beaucoup moins productif avec une seule réalisation à l’actif d’El-Khadra. Et elle était l’œuvre de Ghoutia Karchouni lors du premier match contre le Botswana. Et c’était tout. L’ancienne sociétaire de l’Inter Milan n’a pas manqué de parler de cet aspect au sortir de l’élimination ce samedi. “On a à cœur de revenir plus fortes. Avec le temps, on essayera de faire encore mieux. Maintenant, je pense qu’il faut qu’on s’améliore offensivement pour mettre plus de buts. Il y a eu une occasion où je devais tirer mais je voulais être altruiste et donner à Lina (Boussaha, NDLR). A un moment donné, il faut prendre ses responsabilités. Je pense que ça me servira de leçon pour la prochaine fois”, analyse-t-elle.
L’absence pesante de Naïma Bouhani
En voyant les choses de plus près, on peut penser que l’absence de Naïma Bouhani, blessée, a fini par peser. Son expérience (5 présence à la CAN dans les séquences 2004, 2006, 2010, 2014 et 2024), et son sens du but (36 réalisations en 61 capes) auraient pu faire d’elle la pièce-manquante au puzzle de Farid Benstiti. Le sélectionneur a tout de même pu trouver la formule pour présenter un bloc-équipe des plus robustes. Cela lui a permis à lui et ses joueuse de réaliser un parcours à saluer. Ce qui est certain, c’est qu’il y a de quoi faire pour l’avenir. Notamment pour la prochaine CAN 2025, toujours au Maroc, qui sera qualificative pour la Coupe du Monde 2027 au Brésil. Le béton a fait preuve d’efficacité. Après, ce n’est pas le seul matériau nécessaire pour se bâtir une réputation.
À Oujda, un autre quart de finale a également basculé aux tirs au but. L’Afrique du Sud, championne en titre, a dû batailler face à un Sénégal accrocheur. Après un nul vierge (0-0) au terme du temps réglementaire et des prolongations, les Banyana Banyana ont montré davantage de sang-froid (4-1) pour rejoindre le Nigeria dans le dernier carré.
Vendredi, les deux premiers quarts avaient déjà livré leur verdict. Le Nigeria avait surclassé la Zambie (5-0) dans une démonstration de puissance et de réalisme à Casablanca. Le Maroc, porté par Ibtissam Jraïdi et Sakina Ouzraoui, avait pris le meilleur sur le Mali (3-1) devant un stade olympique de Rabat en fusion.Les demi-finales de mardi (22 juillet) s’annoncent explosives : le Nigeria retrouvera l’Afrique du Sud pour un choc entre géants continentaux, tandis que le Maroc, pays hôte, tentera de stopper la dynamique d’un Ghana revigoré. Pour l’Algérie et le Sénégal, l’heure est au bilan. Malgré l’élimination, ces deux sélections repartent du Maroc avec une expérience précieuse et des motifs d’espoir pour l’avenir.