-- -- -- / -- -- --
Nationale

Campagnes de sensibilisation : Toxicomanie, la cote d’alerte

Campagnes de sensibilisation  : Toxicomanie, la cote d’alerte

Dans une conférence animée au CHU Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou, le directeur de la santé et de la population de la wilaya de Tizi-Ouzou, le Pr Abbas Dziri, a affirmé que la toxicomanie est plus terrible que le cancer.

Le conférencier, psychiatre de formation, savait de quoi il parlait puisque cela fait deux décennies au moins depuis qu’il s’est impliqué en tant que médecin dans ce créneau qu’est la toxicomanie.

« L’effet de la toxicomanie est vécu par le toxicomane lui-même, par sa famille et ses proches comme un cauchemar », a souligné le directeur de la santé et de la population.

La consommation de la drogue et autres substances psychédéliques est un phénomène mondial auquel l’Algérie n’échappe pas, reconnaît le conférencier avant de se lancer dans l’historique de l’addiction dont la définition définitive ne remonte pas à loin, à la décennie 1990 plus exactement.

Selon les termes du Pr Abbas Dziri, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a avancé un chiffre de 185 millions de personnes qui consomment de la drogue, soit un taux se situant entre 3 et 4%.

« C’est vraiment énorme « , a déclaré le conférencier. Pour le seul produit appelé cannabis, c’est environ 150 millions de personnes dans le monde qui le consomment. L’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), créé en 1997, a démontré que le nombre de toxicomanes en Algérie suit une courbe ascendante.

Les établissements scolaires, les lycées notamment, sont entre autres des espaces où l’on trouve de la drogue.
Les filles n’échappent pas également à la consommation de drogue. Dans 1544 lycées recensés comme étant touchés par le phénomène, 28% des consommateurs sont des filles. Mais qu’en est-il de la prise en charge médicale ?

Le Pr Dziri a indiqué qu’entre 2011 et 2013, les compétences médicales ont assuré pas moins de 45 854 consultations au profit de patients touchés par l’addiction. Et 4 575 de ces patients, dont 96 sur injonction thérapeutique de magistrats, ont bénéficié d’une hospitalisation.

L’hospitalisation au Centre d’enseignement et de recherches sur la toxicomanie et les addictions (CERTA) du CHU Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou porte sur 12 malades actuellement.

Le conférencier a relevé que les prises en charge au niveau de cet établissement concernent également des patients hors wilaya de Tizi-Ouzou. A la question de connaître la durée d’une désintoxication, le Pr Abbas Dziri a indiqué que tout dépend de l’état psychologique du patient.
Cependant, le sevrage est d’une durée de 21 jours. Mais sevrage ne signifie pas guérison.

Car il faut préparer en amont les conditions psychologiques d’acceptation de guérison et une psychothérapie après le sevrage. Par ailleurs, il faudrait tout un environnement en adéquation avec le désintoxiqué.

Comprendre par là que le milieu familial, social et professionnel ne doit pas « contrarier » la personne ayant bénéficié de soins médicaux.

« C’est tout un processus qu’il faut suivre « , a précisé le conférencier. S’agissant du coût de l’opération de désintoxication, le directeur de la santé et de la population de la wilaya n’a pas avancé un montant exact. Il a seulement reconnu sa cherté.

A propos de la dépénalisation de l’acte de consommation de drogue, comme c’est le cas dans certains pays occidentaux comme la Hollande, notamment quand il s’agit de drogue douce, le Pr Dziri a considéré que la meilleure façon de lutter contre la drogue et autres produits psychédéliques reste la pédagogie et la sensibilisation sur leurs effets dévastateurs.

Notons enfin que le conférencier a cité quelques exemples concernant la nature même des drogues utilisées par les consommateurs. Une femme snifait le gaz propane. Et quelle quantité ! Trois bouteilles de 20 ou 30 kg par jour.

Un homme ingurgitait quant à lui pas moins de trois grandes bouteilles de whisky par jour. Cependant, si le whisky n’est pas considéré comme une drogue, il n’en demeure pas moins que cet homme, en avalant une telle quantité, recherchait un état mental dépassant le stade de l’ivresse, d’où sa classification parmi la catégorie de drogués. Il existe une multitude d’artifices auxquels font recours les drogués pour se retrouver dans un état psychédélique. En tous les cas, c’est au détriment de leur santé.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email