Campagne électorale: Un premier tour de chauffe timide
À seulement dix jours des élections législatives du 2 juillet 2026, la campagne électorale peine à s’imposer sur le terrain, marquée par un démarrage jugé timide et une mobilisation encore limitée. Pour le spécialiste du droit constitutionnel Rachid Lourari, l’enjeu majeur de cette séquence reste la capacité des candidats et des partis à susciter l’intérêt des électeurs et à renforcer la participation le jour du scrutin.
Concernant le déroulement de la campagne, Rachid Lourari a déclaré ce dimanche, sur les ondes de la Radio algérienne, que « les activités de sensibilisation et de propagande électorale demeurent encore limitées », tout en prévoyant une accélération du rythme durant la dernière semaine de campagne, avec une intensification des sorties de terrain des partis politiques et des candidats.
L’intervenant a relevé « l’absence de grands rassemblements populaires et de meetings électoraux » au cours de la première semaine, aussi bien chez les partis politiques traditionnels que chez les candidats des listes indépendantes. Cependant, il a observé que la campagne commence progressivement à gagner en intensité via « le recours croissant aux réseaux sociaux » et l’organisation de rencontres électorales dans des salles, même si ces initiatives demeurent modestes, selon lui, « au regard du nombre de formations politiques engagées dans la course, soit 32 partis ».
Selon lui, la scène électorale est surtout caractérisée par les campagnes de proximité et les rencontres directes avec les citoyens. Les candidats privilégient, a-t-il expliqué, le contact avec les électeurs dans les quartiers résidentiels et les espaces publics. Il a ajouté que les réseaux sociaux constituent, en l’occurrence, le principal terrain de la campagne électorale, « en particulier pour les candidats des listes indépendantes qui y recourent davantage, en raison de moyens plus limités et d’une implantation populaire moins importante que celle des grands partis ».
S’agissant du contenu des discours, le spécialiste a constaté « une tonalité globalement apaisée et modérée, éloignée des logiques de confrontation et d’escalade ». Il attribue cette orientation au fait que les candidats concentrent leurs interventions sur des questions liées à l’intérêt national, notamment la préservation de la souveraineté nationale et la défense des intérêts supérieurs du pays. Selon ses propos, cette évolution traduit « une maturation du discours politique algérien », qui mérite d’être valorisée et consolidée lors des prochaines échéances électorales.
Rachid Lourari a d’ailleurs noté « l’absence de promesses électorales excessives qui avaient marqué certaines campagnes précédentes ». Il a, en ce sens, avancé que « les citoyens sont aujourd’hui plus conscients » des missions du député, lesquelles se limitent essentiellement à l’élaboration et à l’examen des lois, à leur adoption ou non, ainsi qu’au contrôle de l’action du gouvernement et du respect de ses engagements programmatiques, et ce dans l’intérêt suprême des citoyens et du pays.
Du reste, le spécialiste a insisté sur le fait que « les derniers jours de campagne seront déterminants ». Il s’attend à une activité plus soutenue de la part des partis et des candidats, avec l’espoir que cette dynamique se traduise par une plus forte mobilisation des électeurs le jour du scrutin.
Le spécialiste a conclu en affirmant que « l’objectif fondamental de cette campagne est de favoriser une participation conséquente et de permettre aux citoyens de choisir librement leurs représentants », avant d’ajouter que cet objectif s’inscrit dans le cadre des garanties juridiques et constitutionnelles mises en place par les hautes autorités du pays.