Campagne électorale à Béjaïa : Une bataille à double vitesse
La bataille pour les législatives s’intensifie dans la wilaya de Béjaïa. Depuis plus de dix jours, les formations politiques historiques font face à l’émergence de listes indépendantes particulièrement ambitieuses. Entre discours de continuité et promesses de rupture, la scène politique locale connaît une forte effervescence.
Le président du Front El Moustakbal, M. Fateh Boutbig, a donné le ton lors d’un meeting populaire animé la semaine dernière à la Maison de la culture de Béjaïa. Aux côtés du député sortant et candidat de sa liste locale, M. Saci Seghir, il a exhorté les électeurs à une « mobilisation massive ». Présentant ses candidats comme des « compétences triées sur le volet au sein de la société », M. Boutbig a insisté sur l’impératif d’élire des représentants capables de porter les revendications populaires. Il a également salué le poids historique, culturel et économique de la région, appelant le président de la République à doter la wilaya d’un plan spécial afin d’en faire une véritable locomotive du développement national.
Fidèle à sa stratégie de terrain, le RND mène une campagne de proximité axée sur les nouvelles générations. Sous le slogan « Ensemble, une vision et des réalisations », ses candidats multiplient les appels à bâtir une région forte, moderne et fière de ses valeurs, tout en rappelant que le vote demeure un devoir civique incontournable. À Tazmalt puis à Ouzellaguen, les cadres et candidats du FLN poursuivent leur campagne sous la bannière « Authenticité, modernité et jeunesse pour une Algérie victorieuse ». En misant sur la continuité historique et la prospérité économique, le parti multiplie les débats avec les citoyens afin de réaffirmer son engagement au service du développement local et national.
Le parlementaire sortant Abdenour Darguini a tenu à rappeler la spécificité de son parti : « Pour le FFS, une institution n’est pas un lieu de privilèges, mais un espace de résistance et de construction. Nos élus ne se contentent pas de siéger : ils portent la voix des sans-voix, exigent la transparence et défendent sans relâche l’intérêt général ». Un meeting populaire devait également être animé hier en fin de journée à Timezrit, au cours duquel les candidats du parti devaient présenter leurs propositions, notamment la construction d’un consensus national pour consolider l’État-nation. Ils devaient également défendre des orientations visant à renforcer la démocratie et à prémunir le pays contre les menaces extérieures.
Face aux enjeux économiques, les candidats du FFS devaient aussi réitérer leur proposition d’une transition urgente visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures, tout en soutenant le pouvoir d’achat et en encourageant l’investissement local.
De son côté, la liste citoyenne « Tadukli » s’impose comme le principal trublion de ce scrutin. Portée par six maires en exercice, elle bénéficie d’une forte légitimité populaire et d’une connaissance fine des réalités locales.
Son programme, résolument pragmatique, prévoit la création de 15 000 emplois à travers une feuille de route structurée autour de six axes prioritaires : la débureaucratisation de l’administration, la modernisation des transports (projet de tramway et aménagement d’un port sec), l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à la santé et à l’éducation, ainsi que la transparence via la publication en ligne des marchés publics.