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Nationale

Caid Essebci : La question des drones US sera-t-elle abordée ?

Caid Essebci : La question des drones US sera-t-elle abordée ?

Le président tunisien Beji Caid Essebci est attendu jeudi à Alger pour une visite officielle. Les discussions entre les deux chefs d’Etat ne manqueront pas d’impulser davantage la coopération et les échanges entre l’Algérie et la Tunisie, unies par des liens de fraternité, de solidarité et de bon voisinage, indique la présidence de la République dans un communiqué.

Les entretiens entre les deux hauts dirigeants leur permettront également de se concerter sur plusieurs questions internationales d’intérêt commun, notamment dans la sous-région maghrébine et sahélienne, dans le Monde arabe et en Afrique, précise la même source.

Le déplacement du Président tunisien est surtout destiné à contenir le courroux des responsables algériens concernant la présence de drones américains dans une base militaire tunisienne. Si pour le moment les hautes autorités du pays n’ont pas réagi à cette annonce, hormis la petite déclaration du ministre chargé des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel le 29 novembre dernier lequel a répondu : « Je n’ai pas de réaction à faire sur ce sujet », ajoutant que « chaque pays s’assume (…) normalement il y a l’opinion publique locale qui a réagi, donc cette question relève d’une affaire interne des Tunisiens ». La question des drones commence à empoisonner les relations bilatérales.

Les dirigeants algériens voient en effet, d’un mauvais œil l’installation d’une base US en terre tunisienne et de surcroit proche du territoire national. Récemment, le Washington Post affirmait que des drones MQ-9 Reaper de l’US Air Force avaient été déployés sur une base tunisienne afin de mener des missions de reconnaissance et de surveillance en Libye, où les forces du gouvernement d’union nationale venaient de lancer une offensive visant à chasser les djihadistes de l’État islamique (EI) de la ville de Syrte.

Selon le Washington Post, les drones en question ont surtout été utilisés pour établir des dossiers d’objectifs à Syrte, où les forces américaines ont effectué pas moins de 300 frappes aériennes contre les djihadistes à la demande de Tripoli, dans le cadre de l’opération Odyssey Lightning, lancée le 1e août dernier. En Afrique, les États-Unis disposent de plusieurs bases abritant des drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance).

C’est le cas à Djibouti, au Cameroun, pour lutter contre Boko Haram, et au Niger (Niamey et bientôt à Agadez, à deux pas de la Libye). Mais, dans l’immédiat, il fallait trouver un point de chute plus proche du théâtre libyen pour les Reaper.

D’où le choix de la Tunisie, où un détachement de 70 militaires américains a été déployé pour mettre en œuvre ces appareils. Dans un premier temps, Tunis a démenti ces informations. Le 23 novembre dernier, le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a confirmé ces informations, niant toutefois l’installation d’une base militaire américaine permanente en Tunisie.

Ainsi, lors d’un entretien donné à une chaîne de télévision locale, M. Essebsi a affirmé avoir « personnellement autorisé les opérations de drones américains » en Libye. « Ces opérations sont menées dans l’intérêt de la Tunisie, qui a l’obligation de coopérer avec les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il fait valoir. Selon le Président tunisien, la mission de ces appareils « est de collecter des informations sur les activités et les mouvements des groupes djihadistes.

Les renseignements obtenus sont partagés avec les autorités tunisiennes » dit-il encore. Les drones envoyés en Tunisie ne sont pas armés, les autorités tunisiennes n’ayant pas permis, pour l’instant, qu’ils le soient.

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