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Nationale

Ça chauffe entre Sellal et le SG du FLN

Ça chauffe entre Sellal et le SG du FLN

Saâd Damma a été limogé jeudi dernier de son poste de PDG de Mobilis, l’opérateur de la téléphonie mobile. La nouvelle a été confirmée jeudi en début d’après-midi par le ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication dans un communiqué : « Il a été mis fin aux fonctions de Saâd Damma en tant que président-directeur général de Mobilis.

Le Conseil d’administration de l’opérateur s’est réuni jeudi à l’effet de confier la gestion de l’opérateur à l’entreprise mère Algérie Télécom, qui désignera un directeur général par intérim en attendant l’installation d’un nouveau PDG », souligne le ministère.

Tout juste après avoir été relevé de ses fonctions, l’ex-PDG de Mobilis, membre du comité central depuis le dernier congrès du FLN, prend contact avec le SG du parti, Amar Saadani, pour tenter de sauver sa tête. Ce dernier s’en réfère immédiatement à Mme Faraoune, également membre du CC du FLN, pour la dissuader de sa décision de limoger Saâd Damma.

Un bras de fer est engagé par Saâdani qui utilise tous les stratagèmes et abuse même de son influence pour faire d’énormes pressions sur la jeune ministre qui reste impassible. Elle résiste au forcing et maintient sa décision, au grand désarroi de Saâdani qui la supplie de le maintenir. Cette dernière, qui a reçu le soutien du Premier ministre AbdelmalekSellal, remet à sa placeSaadani qui a juré de lui faire mordre la poussière.

D’ailleurs, le Premier ministre aurait mis dans sa ligne de mire tous les chefs d’entreprises publiques qui ont adhéré au FLN lors du dernier congrès. Fini le temps où un simple coup de fil décide du sort de tel ou tel responsable. Et Saadani l’a appris à ses dépens. Le pouvoir civil auquel Saadani n’arrête pas de clamer haut et fort ses vertus a ses limites que personne, y compris le chef du parti majoritaire, ne peut franchir.

Le bras de fer entre Sellal et le SG se poursuit et tourne à l’avantage du premier qui commence à peine à se réveiller de son long sommeil et de son effacement progressif de la scène sur fond d’ambitions présidentielles. L’un comme l’autre sont tournés vers cette échéance de 2019.

Désavoué par le président Bouteflika sur la question sahraouie, et fortement fragilisé par le Premier ministre, le SG du FLN est aujourd’hui presque au bord de la crise. Sa bévue monumentale sur le Sahara occidental lui serait fatale. La réaction du président Bouteflika n’a pas fini de laisser des traces.

Il suffit donc de peu de choses pour que les rapports de force basculent. Les prochaines semaines vont être décisives, car le président Bouteflika devra trancher. Le choix de la rupture est un choix risqué, dans un contexte où la base politique du président Bouteflika est encore très instable.

L’objectif stratégique de Saâdani est de mettre le FLN dans une orbite favorable, en créant d’abord ce front de soutien, sorte d’alliance hétéroclite de façade, afin de se démarquer du RND, ensuite de remporter haut la main les sénatoriales de ce mois de décembre, et enfin d’entamer l’année 2016 avec sans doute un gouvernement totalement acquis et dédié au FLN. 

C’est sans doute cela qui a mis Saâdani en bonne posture politiquement et c’est certainement cela qui lui donne un air aussi serein et confiant. Mais à force de jouer en solo et de taper sur tout le monde, le SG du FLN a fini par créer autour de lui un vide sidéral. Mais le pouvoir a-t-il besoin d’un cavalier seul ? 

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