« Bye Bye Tibériade »: Une quête identitaire à travers quatre générations – Le Jeune Indépendant
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Culture

« Bye Bye Tibériade »: Une quête identitaire à travers quatre générations

« Bye Bye Tibériade »: Une quête identitaire à travers quatre générations

Le 4e Festival du Film Méditerranéen d’Annaba a présenté, dimanche soir, le documentaire « Bye Bye Tibériade », réalisé par l’algéro-palestinienne Lina Soualem. Ce film retrace l’histoire poignante d’une famille palestinienne contrainte à l’exil après la Nakba de 1948, et explore les liens profonds qui unissent quatre générations de femmes face à l’épreuve du déplacement.

Utilisant des images d’archives et des vidéos familiales, la réalisatrice plonge le public dans le passé, le faisant revivre les souvenirs d’une époque révolue où la vie à Tibériade était paisible et heureuse. Mais la catastrophe de 1948 bouleverse tout et force la famille à fuir vers le Liban, la Syrie et finalement la France.

Malgré l’exil et les épreuves, les liens familiaux restent indestructibles. La réalisatrice filme avec nostalgie les retrouvailles entre sa mère, Hayam Abbas, actrice de fiction, et ses proches, dispersés à travers le monde. Les rires et les anecdotes partagés témoignent d’une complicité et d’un amour indéfectibles qui transcendent les frontières et les générations.

Le film offre également un regard poignant sur les cicatrices laissées par l’exil. La mère de la réalisatrice, malgré son passeport français, ne peut se rendre dans le camp de Yarmouk en Syrie pour voir sa tante et d’autres membres de sa famille. Ces restrictions imposées par l’occupation israélienne rappellent brutalement la réalité politique et les injustices auxquelles les Palestiniens sont confrontés. Cependant, le documentaire n’est pas seulement un récit de souffrance et de perte. C’est aussi une ode à la vie, à l’amour et à la résilience du peuple palestinien.

En marge de la projection, Lina Soualem a déclaré que « le documentaire « Bye Bye Tibériade » est la continuité de mon premier film « Leur Algérie », où j’avais commencé à explorer l’histoire de ma famille algérienne dans le contexte de l’exil en France ». Et d’ajouter : « Il est crucial, pour moi, de raconter des histoires intimes au sein de ces récits collectifs, afin de redonner vie, d’insuffler une part d’imaginaire et de poésie à des histoires qui sont souvent non racontées, silencées ou marginalisées. C’est pourquoi j’ai choisi de raconter l’histoire des femmes de ma famille palestinienne, car ce sont elles qui ont réussi à maintenir l’histoire familiale en vie et à la transmettre de génération en génération ».

À travers ce film, « j’ai cherché à trouver ma place. Aujourd’hui, je ne me sens plus en mesure de répondre à ces questions identitaires de manière simpliste. Je suis façonné par toutes ces identités, algérienne, palestinienne et française. Je ne choisirai jamais l’une au détriment des autres », a-t-elle souligné. Après avoir réalisé deux films, l’un sur l’Algérie et l’autre sur la Palestine, elle a confessé que « Je ne me sentirai jamais complète. J’ai envie de continuer à explorer les histoires de transmission dans le contexte de l’exil, de déplacer les regards et de ne pas toujours se raconter à travers la perception des autres ».

« Ce qui me motive, c’est d’explorer cette complexité et d’offrir un autre regard. C’est l’héritage inconséquent de la colonisation qui se transmet de génération en génération, et que nous peinons à raconter avec notre propre langage. Le cinéma nous permet de réinventer ce langage, de créer un territoire imaginaire où l’on peut maintenir les liens et l’appartenance à un lieu même si l’on n’y est plus physiquement présent », a-t-elle confié.

Son premier film, « Leur Algérie », a revêtu «une importance particulière pour mon père. Il ignorait une grande partie de l’histoire de ses parents et voyait dans ce film l’occasion de renouer les liens avec sa famille », a-t-elle dit. Et de poursuivre : « C’était pour lui une forme de réparation, même s’il n’exprimait jamais ses sentiments ouvertement. Je voyais néanmoins, lors des projections qu’il accompagnait, qu’il acceptait pour la première fois de parler de son identité en public. La génération des années 50, celle des Algériens en France, restait très silencieuse et n’osait pas se raconter. Ce film lui a permis de briser ce silence ».

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