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Monde

Burkina Faso : Les assassins de Thomas Sankara seront punis

Burkina Faso : Les assassins de Thomas Sankara seront punis

Le Burkina Faso pourrait « rouvrir » le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. Le Premier ministre de transition assure que, si une plainte est déposée, il compte demander aux autorités marocaines d’extrader Blaise Compaoré. La famille de Thomas Sankara, quant à elle, se réjouit des déclarations du Premier ministre de la transition.

L’espoir de voir enfin éclater la vérité sur la mort de son mari anime la veuve du chef d’Etat défunt, même si Mariam Sankara se veut prudente. Elle attend surtout que des actes soient posés. « Ce sont des discours, c’est une bonne chose, le fait de dire il y a une volonté. Maintenant, j’attends de voir.

Depuis 27 ans on a toujours été confrontés à des dénis de justice et voilà qu’en une semaine on nous dit que la lumière va être faite et que les assassins vont être poursuivis. C’est bon pour nous mais maintenant nous attendons que ca soit concret ». De leur côté, les avocats de Mariam Sankara sont prêts, si nécessaire, à déposer de nouveau une requête au Parquet, maître Ferdinand Ndjassem Nzepa a en effet engagé trois procédures dont deux en 1997, il y a dix sept ans. Une plainte contre X pour assassinat, une autre pour faux en écriture car le certificat médical avait conclu à une mort naturelle du capitaine Sankara.

Ces plaintes n’avaient pas abouti. Le Parquet avait estimé que les juridictions militaires étaient compétentes, les avocats s’étaient alors pourvu en cassation pour être ensuite déboutés, ils s’étaient alors tournés vers les juridictions militaires et le ministère de la Défense qui n’ont jamais donné de suite.

La dernière procédure visait à exhumer le corps de Sankara pour permettre une expertise ADN celle-ci avait fait chou blanc, donc forcément les avocats se réjouissent aussi de l’engagement du président Michel Kafando il y a quelques jours à ouvrir la tombe présumée de Thomas Sankara au cimetière Dagnoên dans la capitale du Burkina. Pour Blandine, l’une des sœurs du président assassiné, sans justice le deuil est impossible. Elle s’est longuement exprimée au micro de Nicolas Champeaux de RFI. « La première réaction de la famille est de se réjouir de cette grande décision là, qui a été prise par le Premier ministre.

Elle se réjouit déjà pour le principe : c’est une grande décision qui a été prise de façon publique. Un grand moment aussi de l’histoire de ce pays », a indiqué Blandine Sankara. Et d’ajouter : « Mais pour nous, l’authentification du corps comme annoncé précédemment, n’est pas dissociée de la question de la justice. Parce que jusqu’à présent, aucune information officielle n’est venue confirmer ou infirmer ce qui s’est dit, ce qu’on entend depuis vingt-sept ans. [Ce ne sont] que des spéculations jusqu’à maintenant ».

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