Burkina Faso : la menace silencieuse
Quatorze participations à la Coupe d’Afrique des Nations, deux podiums au compteur. Le Burkina Faso s’impose comme la deuxième force du groupe E derrière l’Algérie, fort d’une expérience qui en fait un adversaire à prendre très au sérieux. Les Étalons burkinabè, à l’image de leur surnom puisé dans l’histoire du pays, symbolisent la noblesse, la persévérance et la résilience.
Des valeurs qui transparaissent clairement dans leur parcours à la Coupe d’Afrique des Nations. Avec quatorze participations, deux podiums et une réelle capacité à franchir la phase de groupes, le Burkina Faso s’est imposé, au fil des années, comme une nation à surveiller, tant elle sait surprendre. L’histoire du Burkina Faso à la CAN débute en 1978, lors de l’édition organisée au Ghana.
À l’époque, le pays porte encore le nom de Haute-Volta, appellation héritée de la colonisation française, avant d’être officiellement rebaptisé Burkina Faso en 1984. Pour cette première participation, les Burkinabè découvrent le très haut niveau africain, mais quittent la compétition dès le premier tour. Il faut ensuite attendre 1996, en Afrique du Sud, pour les revoir sur la scène continentale, sans plus de réussite. L’édition 1998 marque un véritable tournant. Pays hôte de la CAN pour la première fois de son histoire, le Burkina Faso débute difficilement face au Cameroun, mais parvient ensuite à créer la surprise. Les Étalons font tomber l’Algérie, puis la Guinée, et se qualifient pour les quarts de finale, une première historique. Incapables de prolonger l’élan jusqu’au bout, les Burkinabè se contentent d’une quatrième place finale, qui reste encore aujourd’hui l’un des moments fondateurs du football burkinabè .Les années suivantes sont plus compliquées. Pendant près de quinze ans, le Burkina Faso peine à exister au-delà de la phase de groupes et manque même une qualification.
Joueurs clés
Edmond Tapsoba : Le « Roc », défenseur central du Bayer Leverkusen, est un cadre incontournable et le patron de la défense des Étalons.
Bertrand Traoré : Attaquant expérimenté (Ajax), il a fait son retour en sélection après une longue absence.
Dango Ouattara : Attaquant de l’AFC Bournemouth, il est l’un des jeunes talents à suivre.
Lassina Traoré : L’attaquant du Shakhtar Donetsk est également présent dans la liste des convoqués
Historique des confrontations
Dans l’histoire, l’Algérie et le Burkina Faso se sont affrontés à 19 reprises. Les résultats sont parfaitement équilibrés avec 6 victoires des Etalons et les Fennecs 6 fois vainqueurs. Les deux sélections ont fait 7 matchs nuls.Ce match devrait alors donner un aperçu de l’évolution de chacune des deux équipes depuis leur dernière rencontre (20 janvier 2024, match nul 2-2). Les Fennecs et les Etalons ont remporté leur premier match de la phase de poules de la CAN 2025 et se préparent à croiser le fer pour valider leur ticket pour les huitièmes de finale.
L’Algérie est sur une bonne dynamique avec 3 victoires, 1 nul et 1 défaite (aux tirs au but en quart de finale de la Coupe arabe face au Bahreïn). Le Burkina Faso, mené par le sélectionneur Brama Traoré, fait mieux avec 5 victoires en 5 matchs (contre Sierra Leone, Ethiopie, Niger, Bénin et Guinée équatoriale). Les Etalons vont donc entamer la rencontre dans une ambiance très positive et l’espoir de réaliser un bon coup en s’imposant face à l’une des meilleures équipes de la CAN 2025. Pour l’Algérie, ce duel représente une opportunité idéale de valider son retour au premier plan après deux CAN décevantes (éliminations dès les poules en 2021 et 2023).
L’équipe de Vladimir Petkovic, portée par un Riyad Mahrez en grande forme, doit prouver qu’elle est redevenue une machine collective et offensive. Pour le Burkina Faso, finaliste en 2013, c’est un vrai test de maturité : confirmer son statut de candidat sérieux à la première place et démontrer son caractère, comme lors du renversement spectaculaire en toute fin de match lors de la première journée.Un nul maintiendrait le suspense jusqu’à la dernière journée, mais une défaite mettrait le perdant en danger. Les deux formations visent impérativement la victoire pour prendre le large dans ce groupe E.
Brama Traoré, « Nous allons jouer contre une grande équipe d’Algérie »
À la veille du choc face à l’Algérie, comptant pour la deuxième journée de la phase de groupes de la CAN Maroc 2025, le sélectionneur du Burkina Faso, Brama Traoré, s’est présenté en conférence de presse aux côtés de son milieu de terrain Mohamed Zougrana. Forts d’une première victoire encourageante, les Étalons abordent ce rendez-vous avec ambition, mais aussi avec beaucoup de lucidité.
Brama Traoré a d’abord insisté sur l’importance du succès inaugural, sans pour autant s’en satisfaire. « Nous venons d’une victoire certes, mais nous pensons que la compétition est de longue durée et qu’il faut être présent à chaque match avec beaucoup de détermination et d’envie », a-t-il déclaré. Pour le sélectionneur burkinabè, chaque rencontre doit être abordée avec la même intensité, sans calculs prématurés.Interrogé sur l’affrontement à venir face à l’Algérie, Traoré a reconnu la qualité de l’adversaire tout en affirmant les ambitions de son équipe. « Nous savons que nous allons jouer contre une grande équipe d’Algérie. C’est un match entre deux équipes qui se connaissent très bien », a-t-il souligné, évoquant des confrontations passées souvent marquées par une forte intensité. Pour autant, pas question de se contenter d’un rôle d’outsider : « Nous sommes là pour donner de la satisfaction à notre peuple. Chaque joueur se sentira concerné sur chaque centimètre carré du terrain ». Le technicien burkinabè a également expliqué que son équipe disposait d’un plan de jeu clair, sans tomber dans les extrêmes. « Ce ne sera ni l’attaque à outrance ni la prudence à outrance. Nous aurons notre plan, et dès le début du match, vous verrez comment nous allons nous comporter », a-t-il assuré, promettant une équipe disciplinée, intelligente et compétitive
Mohamed Zougrana « Personnellement, c’est un match particulier pour moi. Je connais bien le football algérien puisque j’y évolue. Nous sommes tous motivés. C’est toujours spécial de porter les couleurs de notre chère patrie, le Burkina Faso. Nous avons donc à cœur de donner le meilleur de nous-mêmes lors de cette rencontre et d’en sortir avec un résultat positif pour la suite de la compétition. »