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Nationale

BTPH: Cri d’alarme des entrepreneurs algériens

BTPH: Cri d’alarme des entrepreneurs algériens

C’est un cri d’alarme que vient de lancer l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA). Faisant un diagnostic alarmant sur la situation socioéconomique du pays, l’organisation a appelé à un dialogue national sur les questions économiques, notamment dans le secteur du BTPH (bâtiment, travaux publics et hydraulique).
Ce secteur qui avait connu une croissance appréciable ces dernières années subit aujourd’hui les effets de la crise politique et le manque de commandes des autorités publiques.
Plus de 3 650 entreprises ont connu la cessation d’activité avec la suppression de 275 000 postes d’emploi depuis 2017.
Le rapport est accablant et suscite des inquiétudes chez les entrepreneurs algériens et, par ricochet, décourage encore plus les investisseurs étrangers.
Certains pensent même que l’année 2020 sera encore plus rude et morose sur le plan économique, notamment dans le registre des investissements, de la création d’emplois et de retour de la croissance à des taux appréciables.
Car il est évident que les projecteurs médiatiques et politiques sont braqués sur quelques grosses entreprises ou groupes, en raison des démêlés de leurs propriétaires avec la justice et du gel de leurs activités, alors que des centaines de petites et moyennes entreprises activant dans le secteur du BTPH, même en sous-traitance, et qui font vivre des milliers de familles, meurent à petit feu dans l’indifférence générale.
Le maintien en vie des grands groupes privés, en désignant des administrateurs, est une initiative louable pour sauver provisoirement des emplois, mais elle reste insuffisante pour relancer la croissance économique et booster les secteurs moteurs du développement du pays.
Réunis ce samedi  à Alger en assemblée générale (AG) ordinaire, les membres de l’AGEA ont appelé principalement à un dialogue national sur les questions socio-économiques, estimant que la situation des milliers d’entreprises du secteur du bâtiment, travaux publics et hydraulique (BTPH), ainsi que celle de leurs dizaines de milliers d’ouvriers « demeurent critiques ».
Les membres de l’AG de l’AGEA ont souligné que « tous les efforts fournis jusque-là n’ont pas permis aux entreprises algériennes de travailler sereinement et d’investir avec visibilité correcte, en raison de la situation économique et politique que traverse le pays ».
Pour cette organisation, il est évident qu’il faut lancer rapidement un autre chantier dans le processus du dialogue, en posant sur la table les problèmes que vit l’entreprise algérienne, publique ou privée. Selon l’AGEA, ce dialogue avec les pouvoirs publics est une urgence afin de « trouver des solutions à court et à moyen terme ».
Parmi les propositions phare de l’AGEA, il a été noté l’annulation de la short liste des entreprises accédant aux projets par le biais de la formule de gré à gré, la dépénalisation fiscale et parafiscale des entreprises du BTPH, la révision du cahier des charges régissant le secteur, l’encouragement de la promotion immobilière, l’attribution des missions de conception et de suivi aux bureaux d’études algériens, ainsi que la création de zones d’activités dédiées exclusivement au secteur du BTPH.
Parallèlement à cela, cette organisation patronale a aussi proposé la mise en place d’un observatoire national pour la PME/PMI, le suivi local des décisions des tripartites à travers des commissions sous l’égide des walis, la mise en place de mécanismes fiables pour encadrer les relations des entreprises avec les banques, ainsi qu’un circuit efficace de paiement des factures des entreprises.
Lors d’un point de presse animé en marge des travaux de l’AG, le porte-parole de l’AGEA, Moussa Aidh, a souligné que la situation financière des entreprises du BTPH est « insoutenable », affirmant que le secteur emploie 1,3 million de personnes à travers 365 000 entreprises.
Dans ce sens, il a révélé que les créances non payées aux entreprises du BTPH s’élèvent à deux (02) milliards de dinars en avenants. Sur ce point, il a indiqué que l’AGEA a déjà transmis une plateforme de revendications aux pouvoirs publics, « qui n’a pas eu écho ».
Selon le même responsable, l’AGEA entamera « très prochainement » une série de rencontres avec tous les intervenants économiques pour « trouver des solutions », expliquant que « la situation politique du pays a mis tout en stand-by ».

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