Briser le mur du silence : L’Algérie renforce l’intégration des sourds
Éducation, formation et emploi : l’Algérie accélère sa stratégie d’insertion pour les sourds et malentendants. En ouverture de la Semaine arabe dédiée à ce handicap, la ministre Soraya Mouloudji a exposé les efforts de l’État pour briser les barrières de l’exclusion et faire de l’égalité des chances une réalité tangible sur le terrain.
Dans son allocution d’ouverture, Mme Mouloudji a affirmé que « la politique publique que nous mettons en œuvre s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, notamment en matière de renforcement des mécanismes de solidarité nationale, de modernisation des outils d’intervention sociale et d’amélioration du ciblage des bénéficiaires. » Précisant que ces efforts œuvrent « à garantir une meilleure efficacité des dispositifs publics et consacrer les principes de transparence et d’équité dans la prise en charge des catégories prioritaires ».
La ministre a également mis en avant les mesures mises en œuvre pour assurer aux personnes malentendantes leur droit à l’éducation, soulignant que « des dispositions concrètes ont été prises pour permettre leur accès aux établissements spécialisés ainsi qu’aux classes dédiées au sein des établissements relevant du secteur de l’Éducation nationale, dans les meilleures conditions et en coordination avec les différents secteurs concernés.
Évoquant les avancées enregistrées ces dernières années, la ministre a rappelé la création de l’École supérieure des enseignants pour sourds-muets, qu’elle a qualifiée de « véritable valeur ajoutée au système éducatif ». Ajoutant : « Cette institution permet de former des enseignants spécialisés destinés à encadrer le cycle secondaire dans différentes disciplines, »
En outre, la responsable du secteur a relevé l’importance de la langue des signes en tant qu’outil essentiel d’inclusion. Expliquant : « Nous veillons à assurer des formations en langue des signes au profit des institutions et des différents secteurs, afin d’améliorer la qualité de la communication et de garantir une prise en charge adaptée. » Elle a également souligné que cette démarche contribue « à renforcer l’autonomie des personnes malentendantes et consacrer l’égalité des chances ».
En conclusion, Mouloudji a affirmé que la prise en charge des personnes en situation de handicap constitue désormais un enjeu stratégique. « Au-delà d’un devoir, il s’agit aujourd’hui d’un véritable défi qui nous engage collectivement à intensifier les efforts pour une intégration effective dans tous les domaines », a-t-elle soutenu, appelant à « passer d’une approche fondée sur l’assistance à une logique de valorisation des capacités et de contribution au développement économique et social ».
Sihem Bounabi