Bracelets électroniques : Une fabrication locale prochainement
Le directeur général de l’administration pénitentiaire et de réinsertion Said Zerb a annoncé la fabrication locale prochaine des bracelets électroniques considérés comme mesure de « peine alternative » adoptée par de nombreux pays, à l’instar de l’Algérie.
S’exprimant lors de la journée d’étude portant sur « Les peines alternatives : diversité et efficacité », organisée ce samedi à Alger, le directeur général de l’administration pénitentiaire et de réinsertion, Said Zerb, a fait savoir qu’un projet de loi est en cours d’élaboration sur la fabrication des bracelets électroniques avec des technologies et des compétences algériennes, afin que cette technologie soit maîtrisée et appliquée au besoin. L’Algérie est le premier pays arabe et le second en Afrique à appliquer cette mesure depuis 2017.
Le système du bracelet électronique est un mode de surveillance électronique destiné aux détenus qui purgent une peine inférieure ou égale à trois ans. Il permet d’exécuter une peine d’emprisonnement sans être incarcéré. Le même responsable a exprimé son souhait de sortir avec des recommandations, lors de cette journée d’étude, relatives à certaines conditions requises pour l’application des peines alternatives, à l’instar de la peine de travaux d’intérêt général. Il convient de noter que cette rencontre a pour objectif d’examiner l’efficacité des peines privatives de liberté et l’orientation vers des peines alternatives, avec leur introduction dans le système juridique national.
Said Zerb a précisé que quatorze ans après le début de l’application des peines alternatives, « il est temps désormais pour le législateur algérien de procéder à l’évaluation de leur efficacité », soulignant que ce type de peines « est favorablement accueilli par les personnes condamnées qui remplissent les critères pour ouvrir droit à une peine alternative ».
Pour rappel, le projet du bracelet électronique a été initié à la fin de 2018, l’Algérie avait commandé 1 000 bracelets pour 1 000 euros l’unité. Un marché colossal qui a coûté au Trésor public de fortes sommes en devises, soit pas moins de 100 millions de dollars, l’équivalent de 2 000 milliards de centimes. Le projet a finalement été gelé.
L’ancien ministre Belkacem Zeghmati, a annoncé l’arrêt du bracelet électronique jusqu’à nouvel ordre, demandant l’ouverture d’une enquête judiciaire diligentée au niveau du tribunal de Sidi M’hamed sur l’opération d’acquisition des bracelets électroniques, lancée par l’ancien ministre Tayeb Louh et ayant coûté au Trésor public des fonds colossaux en devises alors que des problèmes techniques empêchent son utilisation. « Nous fondions de grands espoirs sur l’utilisation du bracelet électronique mais ces espoirs se sont évanouis après la constatation de problèmes techniques empêchant la mise en œuvre de ce dispositif », avait-il révélé.
Sur un autre registre, le directeur général de l’administration pénitentiaire et de réinsertion, Said Zerb, a précisé que « le système pénitentiaire en Algérie était basé sur le respect des droits de l’homme et la préservation de la dignité des détenus. Il a connu une grande évolution ces dernières années ». Il a ajouté que « les résultats positifs enregistrés dans la prise en charge de cette catégorie reflétaient une forte volonté de faire évoluer le secteur ». Selon le même responsable, les hautes autorités du pays accordent une importance capitale au secteur de la justice en général et aux établissements pénitentiaires en particulier.