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Nationale

Bouterfa à Téhéran : Entre accalmie du marché et espoir d’un accord sur les quotas

Bouterfa à Téhéran : Entre accalmie du marché et espoir d’un accord sur les quotas

A quelques jours de la réunion de l’OPEP, le marché du pétrole s’est calmé quelque peu, enregistrant d’abord une hausse avant hier avant de baisser légèrement dans les échanges du vendredi . 

Ainsi, vers 11H GMT, le baril de Brent valait 48,45 dollar le baril sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 55 cents. Même situation pour les échanges électroniques sur le Nymex à New York avec une chute de 44 cents pour le baril WTI.

Une accalmie qui survient après une envolée conséquente la semaine dernière, bien que les investisseurs restent dans l’incertitude sur l’avenir des cours du baril à partir du mois prochain.

Car, pratiquement tous les regards sont focalisés sur les termes de cet accord complexe de limitation de la production que l’OPEP veut imposer rapidement pour rééquilibrer le marché mondial. Les négociations s’éternisent entre les principaux producteurs, ainsi que les désaccords entre certains membres du cartel.

Les tensions étaient telles que les doutes s’installent sur les marchés et beaucoup d’analystes ont perdu l’espoir de voir l’OPEP réussir une entente, comme celle qu’elle a fait à Alger en septembre à la surprise générale. Pourtant, l’accord d’Alger visait à accélérer ce rééquilibrage du marché en associant des producteurs non affiliés au cartel, comme la Russie. 

A cette époque, les experts savaient que la surproduction mondiale du pétrole face à une demande en récession durable menaçait non seulement les prix de revient des producteurs et leurs bénéfices, mais occasionnait des dégâts irréparables à l’exploration et la recherche de nouveaux gisements, voire au volume des investissements en avant et en amont dans le secteur pétrolier.

C’est cette menace économique qui poussa le cartel à arracher aux forceps l’accord d’Alger, bien que politiquement certains membres affichaient des divergences flagrantes. Toutefois, l’Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe soutiennent cet accord et sont prêtes à baisser conséquemment leur niveau de production, de même que l’Irak qui s’est plié aux pressions, alors qu’elle arguait des prétextes budgétaires pour financer sa guerre contre les groupes terroristes de Daech.

Même la Russie a montré sa disponibilité, en affirmant par la voix de son ministre du Pétrole que Moscou était disposé à baisser sa production en 2017 si un pacte serait signé au sein de l’OPEP pour un gel total des niveaux de production. En fait, les regards sont braqués sur l’Iran, qui demeure le seul membre réfractaire à cet accord.

A Alger en septembre dernier, l’Iran signa sur les bouts des lèvres, grâce à des pressions fortes de la partie algérienne. Aujourd’hui, elle continue de clamer sa principale revendication, celle de retrouver son niveau initial de production avant les sanctions internationales.

Téhéran insiste pour dire que sa production n’a pas atteint son niveau optimal, afin de reprendre ses anciens parts du marché, alors que ses exportations ne sont pas loin du niveau exigé par le cartel.

C’est d’ailleurs dans cette optique que notre ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa, ira aujourd’hui dans la capitale iranienne. Une visite qui est déjà qualifiée de dernier round avant le sommet de Vienne mercredi prochain.

Bouterfa veut arracher le oui iranien ou des signaux forts pour créer ce consensus tant recherché. L’Algérie propose à l’Iran une réduction de 4,5% de sa production réalisée en 2005, soit la plus élevée depuis la chute du Chah en 1979, exactement comme pour l’Irak. C’est ce taux calculé selon des critères complexes et techniques qui a poussé Téhéran à émettre des réserves.

De plus, l’OPEP vient d’appeler les autres pays non membres du cartel à réduire d’un demi-million de barils/jour, dont la Russie pourrait en satisfaire plus de la moitié, entre 200.000 et 300.000 barils/jour en 2017. Un appel de solidarité, de coordination et de coopération entre tous les producteurs du pétrole qui pourrait bien déboucher sur un accord historique lors de la prochaine réunion de Vienne.

L’Algérie mise beaucoup sur ces pourparlers et cette médiation de Bouterfa ainsi que sa tournée récente au Moyen Orient risque d’être couronnée de succès, dés aujourd’hui, en cas d’un oui clair et net des ayatollahs chiites.

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