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Nationale

Bouteflika ne veut plus de scandales

Bouteflika ne veut plus de scandales

Suite au dernier remaniement ministériel qui est intervenu au lendemain d’une polémique touchant à l’intégrité morale de certains membres du gouvernement, il est des responsables de la classe politique qui ont interprété la fin de mission des uns comme la sanction inévitable décidée par les autres.

L’exécutif piloté par Abdelmalek Sellal voudrait-il s’affranchir des scandales qui couvent dans un contexte marqué par les procès de corruption et de détournements qui ont gravement affecté l’économie nationale et la crédibilité de notre gouvernance ? De sources bien informées, le président Abdelaziz Bouteflika aurait ordonné qu’on ne tergiverse plus au sujet des ministres et hauts commis de l’Etat éclaboussés par quelques malversations que ce soit…Lecture.

Ouyahia, le « nettoyeur »

« Son Excellence, Abdelaziz Bouteflika, n’acceptera jamais de terminer sa magistrature en laissant ce goût amer d’impunité pour les escrocs de haut rang ». Notre source prête cette déclaration au directeur de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia.

L’homme est connu pour son intransigeance et « sa disponibilité à allonger sa liste de ses ennemis dans le sérail, au nom de la défense des intérêts supérieurs de la République », comme il l’aurait confié à ses proches, il y a quelques jours. Les accusations au sujet de l’affaire Sider et de hauts cadres (qu’on a dit avoir été emprisonnés arbitrairement) ne l’ont pas intimidé.

Sid Ahmed ne badine pas avec la loi et défie ceux qui prétendent qu’il aurait failli lui aussi. Notre source nous affirme qu’au sommet de l’Etat, mis à part les coups politiques qu’il aurait menés dans sa carrière en piétinant parfois la démocratie ou la réglementation, Ouyahia ne traînerait aucune casserole à inscrire à son bénéfice. Un CV de commis de l’Etat prudent qui lui permet d’effectuer la « sale besogne » dès lors qu’il est convaincu de pouvoir le faire « pour la Patrie et au nom des institutions. »

Hanoune en éclaireur

C’est ce profil qui a encore une fois poussé le président de la République à avoir recours à l’expertise du directeur de cabinet plusieurs fois chef du gouvernement ou Premier ministre en comptant sur son absence d’état d’âme. Il aurait donc appuyé Abdelmalek Sellal avec lequel il partage une certaine conception de la chose publique, à se débarrasser de ministres véreux en même temps que d’autres non concernés par la purge mais en fin de parcours pour diverses raisons.

C’est ce qui a fait dire à Louiza Hanoune, le porte-voix des gardiens du temple au sein du cercle des décideurs, que quelques ministres déchargés de leurs responsabilités lors du dernier remaniement devront rendre des comptes un jour ou l’autres à la justice.

On aura compris que parmi les désignés, figure l’ex-ministre de la Culture accusée ouvertement par la SG du Parti des Travailleurs de délit d’initié et autres entorses graves aux textes de loi. Ce serait d’ailleurs le déballage et la montée au créneau des députés de la formation trotskyste qui aurait été saisi comme une opportunité par le tandem Sellal-Ouyahia pour en finir avec les moutons noirs.

Feu vert de Bouteflika

Il n’aurait pas été difficile de convaincre Abdelaziz Bouteflika déjà échaudé par le dossier Chakib Khellil, un ministre de confiance qui lui a porté préjudice au point. « Le premier magistrat a été profondément contrarié par les scandales politico financiers qui ont fini par occulter les progrès et les réalisations qu’ont permis des plans quinquennaux ambitieux sur fond de baraka financière liée au prix élevé du pétrole sous la mandature de Bouteflika. » nous explique notre confident bien informé.

« Il a donc répondu favorablement à la demande du Premier ministre Abdelmalek Sellal et d’Ahmed Ouyahia en leur demandant de faire en sorte que l’opération ne soit pas trop flagrante mais transmette aux esprits avertis le message de rigueur face à la mafia qui s’incruste dans le pouvoir. »

Notre source ajoute que le président de la République aurait aussi exigé que le patronat tempère ses initiatives politiques pour que « l’opinion publique sache que les hommes d’affaires ne décident pas en Algérie à la place des gouvernants. » Allusion à l’extraordinaire campagne de communication du boss du FCE, le forum des chefs d’entreprise, Ali Haddad, qui n’a pas plu à tout le monde.

Louiza Hanoune aurait donc trouvé un allié efficace à la Présidence de la République : Ahmed Ouyahia. Lui aussi avait dénoncé l’influence malsaine des « barons » dans les rouages de l’Etat. Tout comme Sellal qui lui avait dénoncé les « truands » étrangers à partir de Washington quand il dirigeait le secteur des Eaux… L’Etat parviendra-t-il à neutraliser les bandits qui côtoient ou exercent le pouvoir ? A suivre.

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