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Nationale

Bouteflika attaque ceux qui doutent de la politique économique

Bouteflika attaque ceux qui doutent de la politique économique

Le président Bouteflika a profité des travaux de la 17e semaine nationale du Coran pour répondre aux « 19-4 », du nom
de ces personnalités parmi lesquelles Louisa Hanoune, Mme Zohra Drif-Bitat, Mme KhalidaToumi, le colonel Lakhdar Bouregâa
et le moudjahid Guerroudj qui ont demandé audience au chef de l’Etat par une lettre rendue publique il y a un mois.

Dans un message lu en son nom hier à Constantine par Mohamed Ali Boughazi, conseiller à la présidence de la République, le président Bouteflika ordonne au gouvernement Sellal de « dire la vérité au peuple sur la conjoncture actuelle », une façon subtile de dire qu’il est et reste au courant des affaires de l’Etat et de la situation générale du pays.

Le chef de l’Etat presse aussi le gouvernement de dire la vérité au peuple sur l’état des finances du pays et les difficultés à venir, ce qui laisse à penser que l’Exécutif n’en a pas assez dit ou n’a rien dit.

Lors du débat en plénière sur la loi de finances 2016, des députés issus du FLN, parti majoritaire, ont dénoncé le blackout imposé au peuple. Salah Derradji, du FLN, a appelé le gouvernement à « dire la vérité au peuple sur la nécessité de revoir à la hausse les impôts au lieu de continuer d’affirmer qu’ils ne seront pas revus à la hausse » dit-il.

Le président Bouteflika, craignant une année difficile pour les ménages, a demandé de serrer encore plus la ceinture « pour que nous adoptions tous un mode de consommation adapté à ce que nous produisons comme richesses et que nous renoncions à l’économie basée essentiellement sur les recettes des hydrocarbures, en vue de passer à une économie diversifiée axée sur l’agriculture, l’industrie et les services » dit-il.

Dans la foulée, il dit avoir appelé le gouvernement à « accompagner la société pour bannir et lutter contre toute forme de gaspillage et de dilapidation et à prendre les mesures nécessaires en vue de rationaliser les dépenses publiques ».

Selon lui, ces décisions avaient été prises sur fond de « crises économiques sévères » qui ont impacté le pays et influé sur les réserves de change -de 190 milliards de dollars elles sont retombées à 159 milliards en quelques années-, poussant le gouvernement à revoir le mode de consommation et la cadence du travail et des activités.

Le chef de l’Etat a aussi appelé la population à la patience car, dit-il, ces dernières années, « d’inlassables efforts pour rattraper le retard induit par les années de crise », ont été fournis.

Selon le chef de l’Etat, si l’Algérie a pu accomplir des réalisations économiques et sociales incontestables, il faut dorénavant « œuvrer à atteindre l’autosuffisance dans plusieurs secteurs hors hydrocarbures en privilégiant les investissements alternatifs ».

Le chef de l’Etat se montre plutôt optimiste quant à un redressement de l’économie nationale, malgré les nombreuses mises en garde de certains experts qui estiment que la politique économique suivie jusque-là est empreinte de démagogie : « Nous sommes très optimistes quant à notre capacité de relever les défis et de surmonter les sentiments de désespoir et d’amertume que certaines parties tentent de propager », a-t-il répondu à ceux qui prédisent le pire avec la chute continue du prix du pétrole et l’aggravation du déficit commercial.

Même si l’Algérie a réalisé plus d’infrastructures, en 10 ans, entre 2003 et 2013, qu’en 40 ans, entre 1962 et 2002, tous les voyants de l’économie sont passés au rouge : logements, barrages, usines de dessalement d’eau de mer, routes, autoroutes, générateurs électriques, métro, tramway, équipements publics divers… L’Algérie est devenue un immense chantier.

Mais cette performance est due avant tout à la manne pétrolière et à la hausse du prix du brut depuis près de quinze ans. En effet, sans les exportations d’hydrocarbures et les ressources diverses qu’elles entraînent (fiscalité directe, droits de douane, TVA), le pays ne couvrirait que le 1/10e de ses dépenses budgétaires, soit l’équivalent de 7,5 milliards d’euros annuellement.

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