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Nationale

Bouteflika a-t-il vraiment besoin d’un front national ?

Bouteflika a-t-il vraiment besoin d’un front national ?

Pour beaucoup d’observateurs de la scène politique nationale, l’initiative du patron du FLN de créer un large front national de soutien au président Abdelaziz Bouteflika ne sortira guère de son espace naturel et n’a pas de chances de devenir ce pôle dont rêvent les partisans du clan présidentiel.

Certains analystes pensent même que ce projet d’Amar Saâdani comporte en lui-même des signes de faiblesse et traîne derrière lui des facteurs d’échec.

Dans l’entourage du FLN, notamment chez les anciens, on pense également que cette sortie du SG est avant tout un prétexte pour détourner l’opinion, un appât en vue de remobiliser les troupes en perspective de batailles dont on ne connaît pas l’issue.

Il s’agirait donc d’une initiative qui sur le terrain risque de poser des difficultés pour sa réalisation. En fait, si on pense que Saâdani cherche surtout à donner à son parti le bâton du « pèlerin », à lui garantir un statut de « guide », ou de locomotive comme il n’a cessé de le répéter, il est clair également qu’il cherche surtout à créer une mouvance présidentielle moins hétéroclite, moins hybride que par le passé.

A l’issue de la session du comité central, personne parmi les cadres et les militants du parti ne savait quoi faire avec ce front. Personne n’a la moindre idée sur la façon de sa création, son fonctionnement ou son organigramme.

Un « front, oui, mais comment et avec quoi », nous dit cet ex-mouhafedh. Lors de sa conférence de presse, Saâdani n’a guère développé son front élargi, ni donné des éclairages, bien que les journalistes ne l’auraient pas bousculé sur cette question.

Selon nos sources, le nouveau bureau politique du parti, approuvé par le CC, devra se réunir incessamment pour dégager une réflexion politique sur le projet, désigner des membres qui devront entamer les consultations nécessaires avec les autres partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile.
Reste bien sûr les chances de succès de ce chantier.

Pour de nombreux analystes, les déclarations intempestives et les critiques acerbes de Saâdani à l’endroit de l’opposition ne plaident guère pour un rapprochement avec la CNLTD, coordination nationale des libertés, ou avec le PT et le FFS.

Pratiquement, Saâdani a fermé toutes les portes et rompu les passerelles politiques avec cette opposition. Politiquement, il ne reste que les formations qui ont soutenu Bouteflika lors de la dernière présidentielle, en plus d’une quarantaine de partis lilliputiens et dont la popularité ne remplit pas un salon d’honneur. 

Même topo pour des mouvements associatifs ou des syndicats autonomes qui semblent aujourd’hui plus enclins à chercher d’autres objectifs que de poursuivre des sentiers politiques en adhérant à un front qui n’apportera aucun dividende.
Alors, peut-on dire qu’il s’agit d’un front mort-né ? Faut-il y croire le projet hasardeux de Saâdani est une coquille vide ? Certains y pensent durement, au sein même du clan présidentiel.

Ces derniers estiment que si Bouteflika avait besoin réellement d’un soutien ou d’une alliance aussi large que possible en vue des prochaines échéances (comme la révision de la Constitution), il aurait lui-même pris le taureau par les cornes et annoncé, par un message, son intention de créer ce front national. Histoire de donner ce cachet présidentiel et fortement symbolique au projet et non lui octroyer ce caractère partisan, comme s’est évertué à le faire Saâdani. Mais, Bouteflika ne l’a pas fait. 

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