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Nationale

Bouteflika a donné son feu vert : Ouyahia et Sellal donnent le top départ de la course à la présidentielle

Bouteflika a donné son feu vert : Ouyahia et Sellal donnent le top départ de la course à la présidentielle

Les limogeages en cascade opérés par le président Bouteflika à la tête des trois institutions de sécurité de l’ANP, à savoir la Garde républicaine, la Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP), et la Direction de la sécurité intérieure (DSI) ont fait l’effet d’une bombe et n’ont pas fini de livrer tous leurs secrets. La lutte pour le pouvoir a-t-elle vraiment commencé ? Les spéculations vont bon train sur les bouleversements en cours, réels ou supposés. Il y a beaucoup d’incertitudes.

Les mouvements observés interviennent dans un contexte de rumeurs sur un supposé coup d’Etat manqué deux jours avant l’Aïd. Des coups de feu ont été signalés tout près de la résidence du chef de l’Etat à Zéralda. Existe-t-il un rapport direct entre cette fusillade et le limogeage des trois patrons des services de sécurité ? Assurément, cette thèse semble tenir la route sur un plan purement formel.

Car elle a accéléré le processus de succession qui se profile à l’horizon. Elle semble même suggérer un rééquilibrage des clans au sein du pouvoir et une tendance nette vers une normalisation des relations des différents clans pour la succession de Bouteflika. L’un des favoris à la succession, en l’occurrence Abdelmalek Sellal, a eu déjà les faveurs du locataire d’El Mouradia. Sellal, qui a assumé seul la campagne électorale de Bouteflika, a eu le feu vert de son chef. « Vas-y, fais-toi connaître maintenant » lui a-t-il susurré à l’entame de la campagne, une façon de lui signifier qu’il est son légitime successeur. Le second, Ahmed Ouyahia, qui n’a jamais caché son désir de briguer le poste n’est, lui, entré en course que récemment.

Son retour à la tête du RND a été une suite logique puisqu’il a obtenu lui aussi, au même titre que Sellal, le feu vert des principaux décideurs. Et s’il a à un certain moment écorché la gestion de Sellal, c’est pour marquer son territoire et rappeler au bon souvenir de l’actuel Premier ministre et au peuple qu’il faut compter dorénavant avec lui. D’ailleurs, le match entre les deux hommes a commencé sans attendre le top départ. En 2014, la tâche paraissait rude pour eux car en face, il y avait Ali Benflis qui n’aurait fait d’eux qu’une bouchée. Et quel sera rôle du FLN dans tout ça ? Celui qui avait la mission, depuis l’indépendance du pays, de proposer les présidents de la République est aujourd’hui hors course pour celle de 2019. 

L’actuel SG Amar Saâdani, qui a su brillamment normaliser le parti et le mettre en rangs serrés, a parfaitement accompli sa mission. On murmure d‘ores et déjà qu’il sera désigné à la tête du Sénat au mois de septembre prochain, car les changements ne semblent pas devoir s’arrêter en si bon chemin. Il sera remplacé à la tête du parti par l’actuel ministre de la Justice Tayeb Louh, d’où le retard enregistré dans la désignation de la composante du BP du parti. Le FLN sera alors contraint de s’aligner sur Sellal, qui a déjà eu sa carte de militant du parti il y a quelques mois. En face, Ouyahia avec sa machine RND sera un concurrent sérieux pour Sellal. Entre ces deux candidats il y aura Ali Benflis, s’il a la force de s’engager, et qui ne semble pas faire le poids, avec son parti, devant ces mastodontes qui cumulent à eux deux les deux-tiers du Parlement. L’opposition, regroupée autour de la CNTLD, sera alors incapable de désigner un candidat du consensus, tant la rivalité entre les différents leaders à l’ego démesuré est à son paroxysme.

Quoi qu’il en soit, le successeur de Bouteflika devra être un « véritable allié » qui s’attellera, autant que faire se peut, à travailler pour « la réunification » des clans actuellement déchirés par les querelles de succession. Le prochain président de la République devra donner des gages de neutralité dans cette fameuse succession. Le président Bouteflika qui compte à présent, dans son propre camp, au moins deux candidats à sa succession, à savoir Ouyahia et Sellal, va bientôt leur donner congé de l’Exécutif afin qu’ils puissent se consacrer entièrement à la course à la présidence.

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