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Nationale

Boumerdès : Sans eau ni gaz…

Boumerdès : Sans eau ni gaz…

Les villageois d’Aït Said, un douar perché au-dessus du chef-lieu de la commune de Chabet El Ameur au sud-est de la wilaya de Boumerdès, ont fermé le siège de l’APC depuis mardi pour protester contre les autorités locales qui les ont abandonnés à leur sort, selon les membres du comité de village que nous avons rencontrés.

Les revendications principales qui ont mobilisé des centaines de citoyens concernent l’adduction en eau potable ainsi que le raccordement au gaz naturel, en plus d’autres déficits en infrastructures qui relèguent cette localité habitée par plusieurs milliers de personnes au dernier rang en matière de développement à l’échelle nationale. « Nous n’en pouvons plus. Pas d’eau dans les robinets, ni en été ni en hiver.

Des promesses sans suite depuis des années, les élus changent, récidivent dans leurs mensonges. Les walis se succèdent, enregistrent nos doléances, convoquent des réunions extraordinaires où tous les directeurs d’exécutifs sont présents en s’engageant à prendre en charge nos revendications légitimes.

Puis, comme par malédiction, notre village retombe dans l’oubli. Les pères de famille sont désespérés, les jeunes révoltés. Pourquoi faut-il qu’on en arrive à fermer le siège de l’APC ? Pourquoi le P/APC ne fait rien pour changer les choses ? »

Déni de réalité

Nous avons du mal à interrompre Lounès tant il a le cœur gros et veut exprimer le ras-le-bol général. Ils sont là à attendre devant la porte de la mairie.

Chacun rappelle les précédentes mobilisations et le lot de fausses solutions qui ont été avancées à chaque fois par les responsables. Mohammed est pharmacien. Excellent élève depuis son enfance, il regrette que les élus de l’APC se moquent ainsi des braves gens pacifiques qui ne demandent qu’un peu de bon sens et une meilleure gestion du denier public.

« Nous sommes étonnés. Notre P/APC veut presque nous convaincre qu’il y a de l’eau dans nos conduites et que nous nous chauffons au gaz de ville. C’est surréaliste ! Il passe son temps à expliquer les retards par des histoires d’installation d’entreprises et des soucis administratifs sur le point d’être réglés. Des années que cela dure. »

Projets sans suite

Du côté des autorités locales, on nous rétorque que les projets relèvent du sectoriel, entendre de la wilaya, et que tout est bien inscrit dans les prévisions de développement. « Des travaux sont en cours pour l’acheminement de l’eau potable mais à un rythme plutôt lent », nous confie un fonctionnaire de l’APC.

L’eau de dessalement de Cap Djinet, en remplacement du transfert d’Assif Asserdoune des hauteurs de la wilaya de Bouira initialement prévu, devrait mettre fin à la pénurie. Mais cela fait trop longtemps que les villageois attendent.

Aujourd’hui, ils demandent que le douar soit alimenté à partir du château d’eau du chef-lieu situé à Tizi El Bir et rempli régulièrement à partir de la station d’El Hamri aux Issers, qui est elle-même servie par le réseau du barrage de Taksebt.

« On ne peut plus patienter, les toilettes de l’école primaire sont impraticables faute d’eau pour l’hygiène minimale. Nous nous ruinons en citernes d’eau que nous payons rubis sur l’ongle et qui ne suffisent pas à ravitailler les foyers en période estivale.

De plus, pour ce qui a trait au gaz de ville, nous voulons dénoncer cette injustice : le gazoduc traverse nos terres et, tandis que d’autres villages éloignés de la commune y sont raccordés nous n’avons pas le droit pour notre part d’espérer un jour nous émanciper de la bouteille butane onéreuse et parfois introuvable. Nous sommes Chabétois comme tous les autres et Algériens comme tous les Algériens.

Nous réclamons notre droit au développement minimal. »
Un petit tour d’horizon dans ce village nous a laissés découvrir une route principale en piteux état, un dispensaire fermé, de graves problèmes d’assainissement avec des évacuations à ciel ouvert, une jeunesse qui s’ennuie dans des cafés et rêve d’un espace d’activité ou d’un stade pour jouer au football. 

Les citoyens d’Aït Said, de l’aarch d’Ath Mekla dans la commune de Chabet El Ameur, jurent que cette fois ils ne cesseront pas leur protestation tant qu’ils n’auront pas obtenu des réponses concrètes. Qui pourrait le leur reprocher ?

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