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Nationale

Bouitaouine Tayeb : «Les véritables coupables n’ont jamais été inquiétés !»

Bouitaouine Tayeb : «Les véritables coupables n’ont jamais été inquiétés !»

Le procès en cassation de Khalifa Abdelmoumene Rafik et des 68 autres accusés s’est poursuivi hier avec les plaidoiries. Les avocats de la défense qui étaient unanimes à déclarer au président du tribunal que « Les véritables mis en cause n’ont pas été inquiétés dans ce dossier, que ce soit au niveau de l’enquête préliminaire ou au cours de l’instruction judiciaire ».

La défense des commissaires aux comptes de Khalifa Bank a indiqué hier devant le tribunal criminel de Blida que les véritables responsables dans le scandale financier, à l’instar du gouverneur de la Banque d’Algérie, du vice-gouverneur et des membres de la commission bancaire ne sont pas jugés dans ce procès.

Lors de sa plaidoirie pour le compte des accusés Mimi Lakhdar et Sekhara Hamid, l’avocat Bouitaouine Tayeb, qui a fait une brillante plaidoirie, a déclaré que « Le gouverneur de la Banque d’Algérie et son adjoint à cette période, les membres de la commission bancaire et l’inspecteur général ont une grande responsabilité dans ce qui s’est passé dans cette banque, car ils étaient informés des différentes infractions, notamment financières, relevées mais ils n’ont pas réagi au moment opportun ». Il a souligné que « si l’article 119 du code pénal n’avait pas été abrogé, les concernés auraient pu être poursuivis en matière pénale pour mauvaise gestion ».

D’après le même avocat « les responsables en question étaient au courant des infractions bancaires mais personne n’osait lever le petit doigt alors que Khalifa connaissait son apogée, attendant jusqu’à 2003 pour réagir et prendre les mesures nécessaires ».

L’avocat a par ailleurs mis en avant « l’irresponsabilité pénale » des deux accusés « qui avaient, a-t-il dit, déjà alerté sur des anomalies et carences à travers un premier rapport en 2000 qui n’a pas été pris en considération ». Il a tenu à préciser que « Si la Banque d’Algérie avait agi sur place, on aurait évité la catastrophe financière qui a secoué l’Algérie ». L’avocat a plaidé la bonne foi de ses deux clients, se basant sur « le fait qu’ils avaient relevé des dépassements et des irrégularités au sein de Khalifa Bank », ajoutant « que les infractions répréhensibles pénalement ont eu lieu après leur départ de cette banque ».

Cinq infractions constatées

Me Bouitaouine s’est appuyé pour étayer ses propos, sur le témoignage de l’administrateur judiciaire Mohamed Djellab, du liquidateur Moncef Badsi, de l’expert -comptable Foufa Hamid et des membres de la commission bancaire dont les propos étaient en faveur des deux accusés, précisant dans le même contexte que parmi les 300 opérations illégales relevées 5 seulement ont été effectuées durant la période 1998 à 2000.

Il a exprimé son étonnement sur le fait que « Mimi Lakhdar et Sekhara Hamid sont passés de témoins à accusés, alors qu’ils étaient à l’origine des irrégularités ». Il n’a pas manqué enfin de solliciter du juge de rectifier ce qu’il a appelé « une erreur » et de réhabiliter ceux qui mériteraient de l’être, car il a précisé :« Ce ne sont pas tous ceux qui sont ici qui sont coupables et ce n’est pas tous les coupables qui sont présents au tribunal. 

Il a par ailleurs affirmé : « L’ex-ministre des Finances Mohamed Djellab a dit que les violations relevées dans ce dossier sont régies par les règles prudentielles et non par le code du commerce. » Le même avocat a déclaré : « Le gouverneur de la banque centrale d’Algérie, Mohamed Laksaci, qui gère une institution qui contrôle le travail des banques a affirmé que les mesures prudentielles nous amènent vers des sanctions administratives et non pas pénales. »

Me Guitoune Baya, avocate de Jean Bernard Vialan , ancien directeur de la compagnie aérienne accusé d’avoir gardé un micro portable appartenant à Khalifa Airways, a invité le président Antar Menouar « à se référer à un arrêt de la Cour suprême qui stipule que le retard dans la remise des objets ne constitue nullement un abus de confiance ». Elle a demandé l’acquittement de son client, estimant que « Les preuves légales et matérielles relatives à l’accusation ne sont pas réunies ».

Intervenant en faveur de l’ancien directeur général des forages des puits Assila Ali, Me Ouali Nabil a déclaré : « Je ne comprends pas comment un directeur d’une filiale de la Sonatrach qui possède plus de dix véhicules de forage qui coûtent plus de 10 milliards de dollars chacune se retrouve poursuivi dans une affaire de cartes de voyages gratuits à bord de Khalifa Airways ! ». Il a lancé en direction du juge en charge : « viendra le jour où l’Algérie procédera à l’importation des cadres dirigeants pour gérer les entreprises, notamment étatiques ! »

L’avocat de la défense de l’ex-patron de Saidal Ali Aoun, Me Chelli Yahia, a estimé que tous les chefs d’inculpation retenus contre son client, notamment pour corruption, ne sont pas établis pour la simple raison que : « L’ex-patron gérait une entreprise par actions et non pas une entreprise étatique et de ce fait il ne peut nullement être esté en matière pénale » Et d’ajouter : « La preuve ? La Sonatrach ne s’est pas constituée partie civile pour demander une réparation matérielle aux préjudices qui lui auraient été causés ! ».

Il convient de signaler que les avocats constitués au profit des autres accusés poursuivis en matière correctionnelle et délictuelle ont axé leurs plaidoiries sur les graves accusations portées contre leurs clients, en déclarant que : « Les accusations retenues contre nos clients sont nulles et non avenues ; c’est pourquoi d’ailleurs nous sollicitons purement et simplement de les innocenter des faits qui ont été retenus par la chambre d’accusation de la cour de Blida ! »

Les principales plaidoiries attendues le 13 juin

Les plaidoiries se poursuivront aujourd’hui en ce qui concerne les accusés poursuivis en matière criminelle, notamment ceux impliqués pour association de malfaiteurs et vols qualifiés, faux et usage de faux dans des documents officiels à l’instar des documents bancaires et administratifs.

Les plaidoiries des avocats de Khalifa Abdelmoumene Rafik, Mes Lazher Nacereddine et Medjhouda Merouane auront lieu le 13 juin prochain. Ces derniers ont affirmé au premier jour du procès qu’ils feront des révélations fracassantes lors de leurs interventions. Ils ont promis notamment lors des points de presse qu’ils animaient quotidiennement en marge du procès, de citer des noms de hautes personnalités impliquées dans cette affaire.

Pour rappel , procureur général Zerg El Ras Mohamed a requis avant-hier, tard dans la soirée, de lourdes peines allant de trois ans de prison à la réclusion à vie, en passant par 21, 15 et 10 ans de prison ferme contre les inculpés dans le cadre de la Khalifa Bank, poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation, notamment association de malfaiteurs, vols qualifiés, faux et usage de faux dans des documents comptables et bancaires ,abus de confiance et escroquerie .

Ainsi, le premier procureur général adjoint de la cour de Blida, qui représente le ministère public, a requis la réclusion à vie contre Abdelmoumene Rafik Khalifa, assortie de la saisie de tous ses biens mobiliers et immobiliers. Le procureur a estimé que Khalifa est entièrement responsable des pertes des sommes considérables estimées à des milliards de dinars et des millions d’euros et dollars.

Le procureur. Selon toujours le représentant du ministère public Khalifa a réussi rapidement à se créer une vie de luxe au en procédant au détournement et transfert illégal de capitaux de et vers l’étranger au détriment de l’économie nationale. Il a enfin estimé que l’ex-boss de Khalifa Bank ne mérite ni clémence ni indulgence du tribunal qualitativement compétent.

Djamel Guellimi qui a occupé deux postes de responsabilité au même temps à savoir ex- inspecteur général à Airways en France et ancien premier responsable de Khalifa TV s’est vu infliger une peine de 21 ans de réclusion criminelle par le procureur chargé du dossier de Khalifa Bank.

Ce dernier a estimé que toutes les preuves légales et matérielles relatives aux chefs d’inculpation retenus à l’encontre de l’ex-bras de droit de l’ex-golden boy sont formelles notamment en ce qui concerne la falsification des deux contrats relatifs à la création du groupe Khalifa et par-delà la banque et l’hypothèque de la villa de Hydra. Le procureur a estimé que celui-ci est également responsable des transferts illégaux de capitaux vers l’étranger en euros et en dollars. Le procureur général a requis la saisie de tous les biens de ce dernier.

Le procureur général a par ailleurs requis deux peines de vingt ans de réclusion criminelle à l’encontre des deux frères Chachoua Badr Eddine et Chachoua Abdelhafid pour s’être rendus coupables de tous les faits qui leur ont reprochés au cours de l’instruction judiciaire notamment en ce qui concerne les faits relatifs à la complicité dans le détournement de sommes énormes des agences bancaires qui appartenaient à la Khalifa Banque et les transportaient dans des sacs scellés.

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