-- -- -- / -- -- --
Culture

Boufarik: entre militantisme, zlabia et bon voisinage

Boufarik: entre militantisme, zlabia et bon voisinage

Des bâtisses plus que centenaires ont été restaurées par leurs propriétaires sans le moindre respect des normes de l’architecture initiale des lieux, si particulière de cet ensemble citadin. La brique et le béton ont défiguré la belle image d’El-Ksari. Au fil des ans, le délabrement s’aggrave et le tissu urbain du quartier se disloque sous l’effet conjugué des intempéries et des interventions irréfléchies des propriétaires, du moins ce qui reste des premières familles d’El-Ksari.

Pendant la guerre de libération, les habitants de ce prestigieux quartier ont joué un rôle prépondérant dans la révolution nationale. En effet, El-Ksari était le berceau du militantisme. Beaucoup de jeunes ont rallié les maquis juste après le déclenchement de la Révolution alors que d’autres militaient dans la clandestinité en ville. Plus d’une cinquantaine de martyrs boufarikois, tombés au champ d’honneur, sont issus de ce fameux quartier. On ne peut pas trouver une seule famille qui ne compte pas un martyr, voire plus, mort pour la patrie.

Qui n’a pas eu vent des opérations faites par les jeunes fidayine, dont la bicyclette piégée en novembre 1960, qui a fait 8 morts et 80 blessés du côté des colons, et la manifestation populaire du 11 décembre 1960, animée par de jeunes militants issus de Ksari.

Hormis le militantisme accru de ces chouhada, El-Ksari a aussi vu naître beaucoup de célébrités, toutes connues, dans les différentes activités sportives, dont le football et la boxe, les musiques chaâbie et andalouse… Beaucoup de familles ayant quitté leur Ksari natal ont toujours ce sentiment de nostalgie pour leur ancien quartier. «Ce sont surtout les veillées du ramadhan qui font naître chez moi et ma famille la nostalgie de notre quartier de toujours et de l’ambiance avec nos anciens voisins, ainsi que nos habitudes séculaires», confie le septuagénaire ammi Boualem.

«La vie ailleurs n’a rien à voir avec l’ambiance qui a prévalu dans ce lieu populaire, où tout se partageait et où personne n’avait de secret pour son voisin», témoigne un ancien du quartier. La nostalgie est évoquée notamment quand il s’agit des relations de voisinage, des recettes culinaires et leur partage entre voisines, l’entraide et la solidarité qui n’étaient pas un vain mot, un mode de vie hérité de père en fils. Les voisins se rendaient visite, s’inquiétaient les uns pour les autres.

A la moindre occasion, heureuse ou malheureuse, c’est le tout-Ksari qui se rassemblait et partageait les moments dans un élan de solidarité totale. Lorsqu’on évoque El-Ksari, c’est toute la ville de Boufarik qui est contée à travers le seul label, très connu à l’échelle nationale et même en dehors de nos frontières, la fameuse “zlabiette El-Ksari”. Qui dit Ksari dit en trois mots “zlabiette Ksil, docteur Taboudoucht et Hammam Essayeh”.

Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email