-- -- -- / -- -- --
Nationale

Boufarik à l’heure du confinement

Boufarik à l’heure du confinement

Boufarik. Le jour est gris, triste comme cette ville plongée dans la consternation. En début d’après-midi, les rares citoyens qui vaquaient à leurs occupations dissimulaient mal leurs inquiétudes. Pourtant, ils s’attendaient à cette décision de confinement sanitaire depuis quelques jours. Toute la ville en parlait depuis que les images de son hôpital ont fait le tour du monde.

Vers 13 heures, presque toutes les boutiques ont fermé. Sauf de rares supérettes ou des pharmacies. “C’est dans la matinée que les gens font leurs emplettes et s’empressent de rentrer chez eux”, explique ce fonctionnaire de la commune.

A la sortie de la ville, des barrages des services de sécurité sont dressés. Sur les deux couloirs. Le filtrage est rigoureux et les agents vous posent les questions sur votre destination, ou si vous avez des autorisations officielles. Pas question pour un automobiliste de pénétrer dans la ville. Même au niveau des bretelles qui longent l’autoroute Est -Ouest, les gendarmes ont dressé des barrages. Impossible pour un visiteur, même habituel, de convaincre l’officier de service des raisons familiales de votre virée.

Grâce à des vidéos filmées par des citoyens, on comprend mieux ce qu’est un véritable confinement. Boufarik est une ville fantôme. Ses boulevards sont dénudés, comme ses larges trottoirs, habitués aux foules et aux embouteillages. Ni zlabia ni charbet. Les commerces qui longent la grande avenue depuis la vieille prison jusqu’à la sortie vers Alger ont baissé rideau.

Pour les habitants les plus âgés, ce jour rappelle les sombres années du terrorisme. Plus qu’un couvre-feu volontaire ou forcé par peur des attentats ou des fusillades. Un cauchemar que les Boufarikois ont difficilement enterré.

“Cette fois-ci c’est pareil. L’ennemi d’hier était invisible et il nous faisant la guerre gratuitement. L’ennemi d’aujourd’hui est un virus invisible et il nous tue gratuitement “, grogne hadj Rabah, un septuagénaire qui semble avoir perdu le sourire.

Pour ces citoyens interrogés au téléphone, ce premier jour c’est la désolation. Car rien ne semble fonctionner. Pas de commerce des fruits et légumes, puisque les marchés de gros de Boufarik et Bougara, qui alimentent le centre du pays, ont réduit considérablement leurs activités. Les mandataires ont fermé leurs dépôts, expliquant que les producteurs ont préféré reporter leurs cueillettes pour plus tard. Les promesses faites par les autorités pour une minimale gestion de ce confinement volent en éclats. Les services d’urgence de la Sonelgaz et ceux de l’eau sont aux abonnés absents. Le lait en sachet manque encore et les boulangeries sont au ralenti. La semoule est une denrée rare, alors que des stations d’essence privées s’apprêtent à fermer faute d’approvisionnement régulier.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email