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Op-Ed

Boualem Sansal ou l’imposture chronique

Boualem Sansal ou l’imposture chronique

Il a raté une occasion de se taire. Boualem Sansal, en éternel provocateur, à contrecourant de la marche de l’histoire a décidément choisi son camp. Le mauvais camp, comme à son habitude, celui qui a érigé le mensonge en dogme pour attenter à son peuple et à son histoire .

Dans un entretien au quotidien électronique libéral et néoconservateur, Atlantico, l’écrivain né à Teniet El-Had a, une nouvelle fois, déversé son fiel sur son pays d’origine. Commentant la visite à Alger du président français, l’auteur du Village de l’Allemand entend plaire à ses séides.

En qualifiant à tour de bras l’Algérie nouvelle de pays où règne «l’agressivité, la menace, la stratégie de la tension sur ses partenaires pour les dissuader de s’ingérer dans ses affaires», Sansal tente de jeter le discrédit sur tout ce qui se fait depuis la chute de Bouteflika.

D’ailleurs, celui qui a fait le pèlerinage au Mur des Lamentations, parce qu’il a découvert les vertus du sionisme politique, idéologique et intellectuel, sésame pour tout esprit colonisable, afin qu’il accède au jardin d’Eden des rives de la Seine et des attributs d’une nationalité convoitée, même si elle a été déniée à ses propres parents.

Mieux, l’auteur de “Dis-moi le paradis”, volontiers moqueur de l’Algérie indépendante, récidive en tirant à boulet rouge contre ce qu’il qualifie de «régime d’Alger». Est-il utile de rappeler que dans la pensée néocoloniale et colonisable, estampiller les Etats post-indépendance de «régime» est la marque de fabrique de la pensée impérialiste et coloniale qui a toujours refuser la défaite historique de la barbarie coloniale européenne des XVIIème-XXème siècles.

Le déni nationaliste de Sansal n’a d’égal que son aptitude à soutenir les régimes colonialistes et fascistes tel l’apartheid israélien et le makhzen marocain. Deux «régimes» qui pratiquent la violation systématique des droits de l’Homme et les exécutions extra-judiciaires contre deux peuples colonisés : le peuple palestinien et le peuple sahraoui. Mais ces drames, Sansal n’a cure d’eux ! Son seul souci : la France ne doit pas baisser la garde face à une Algérie qui semble-t-il dérange plus l’écrivain philo-sioniste que l’establishment français lui-même.

Vêtu de Kippa, Sansal au mur des lamentations

Dans la situation actuelle, et en particulier au vu de la manière dont le régime algérien joue à plein sur la “rente mémorielle”, est-il réaliste de croire que la relation puisse s’apaiser si la France tente de calmer le jeu ?
La lecture de ce passage de l’interview de Sansal ne laisse aucun doute, à force de côtoyer les néoconservateurs français et accessoirement leurs inspirateurs israéliens, le co-auteur du Nouvel antisémitisme en France est décidément passé de l’autre côté du miroir : «Mais qui veut apaiser les tensions ? Personne.

Ce n’est pas le moment de baisser la garde. Quand on ne peut pas résoudre une crise, il faut pousser les feux et l’aggraver autant qu’il est possible pour rebattre les cartes et changer le rapport de force. Je crois que Macron joue bien aux échecs mais l’Algérie nouvelle joue excellemment aux dominos. On va voir qui va gagner». La haine de soi dans toute sa splendeur !

Que dira Sansal pour commenter, à posteriori, la visite de Macron en Algérie. Aurait-il la même verve ? La même facilité et légèreté pour ressasser les insanités à l’adresse de son propre pays ? Après son Harraga à Paris et sa «aliya» à Jérusalem occupée, ira-t-il à Canossa pour se repentir de ses péchés ?

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