Ukraine: L’Otan veut disculper ses crimes en accusant la Russie – Le Jeune Indépendant
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Ukraine: L’Otan veut disculper ses crimes en accusant la Russie

Ukraine: L’Otan veut disculper ses crimes en accusant la Russie
Les vestiges d'une agression meurtrière de l'OTAN contre des civils à Belgrade.

Les Occidentaux ont-ils la mémoire courte ? Il semblerait que oui. La focalisation sur la Russie et son opération spéciale en Ukraine est une sorte d’exorcisme pour oublier ses propres crimes, ceux commis en 1999. Entre le 24 mars et le 10 juin 1999, l’Otan bombardait l’ex-Yougoslavie, sous prétexte que les Serbes persécutaient les Albanais Kosovars. L’opération Force Alliée a causé la mort d’environ 500 personnes civiles, victimes des 37 465 sorties aériennes durant 78 jours de bombardements.

Si aujourd’hui, Washington, Londres et Paris s’émeuvent des bombardements russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, ces capitales atlantistes oublient que leur aviation avait neutralisé les usines yougoslaves de l’ancien président Slobodan Milosevic.

Selon James W. Carden, ancien conseiller en Russie dans la délégation spéciale pour les questions inter-gouvernementales mondiales du département d’État américain, et rédacteur en chef de The American Committee for East-West Accord’s, il ne faut pas perdre de vue que les Etats-Unis ont bombardés à plusieurs reprises les infrastructures énergétiques de plusieurs pays : Irak en 1991, Soudan et Afghanistan en 1998, Yougoslavie en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003 et Libye en 2011.

Dans un entretien à la chaine d’information turque TRT, Carden trouve tout à fait normal que la Russie utilise le facteur hiver dans sa stratégie contre l’Ukraine. Il s’agit de profiter du facteur climatique pour optimiser les gains stratégiques, et que ce n’est pas juste de pointer du doigt Moscou alors que l’Otan et les Etats-Unis ont commis des forfaits plus graves.

Restons dans le cas yougoslave. L’alliance atlantique avait délibérément ciblé les infrastructures énergétiques du pays afin d’amener le peuple yougoslave à se soulever contre le président Slobodan Milosevic.

D’ailleurs, et dans un entretien au New York Times dans son édition du 04 mai 1999, soit durant la campagne militaire contre la Yougoslavie, le sous-secrétaire général de l’Otan, Jamie Shea a déclaré ne pas s’intéresser aux problèmes des civils qui ont été privés d’électricité et d’eau du fait des bombardements de l’aviation atlantiste.

«Si Milosevic veut vraiment que ses citoyens aient de l’eau et de l’électricité, il doit accepter les conditions de l’OTAN. Alors nous arrêterons cette campagne. Tant qu’il ne le fera pas, nous continuerons d’attaquer les cibles qui lui fournissent de l’électricité. Si cela a des conséquences pour la population, ce sont ses problèmes», a martelé Jamie Shea dans une démonstration de cynisme absolu.

Faut-il rappeler qu’à cette époque-là, l’actuel président américain Joe Biden était sénateur à la chambre haute du Congrès, et a soutenu et défendu les raids de l’aviation atlantiste contre Belgrade.

Aujourd’hui, l’administration du même Joe Biden, devenu président, condamne et s’offusque des infrastructures ciblées en Ukraine. Quand l’hôpital se moque de la charité !

Mais pour comprendre le lien entre ce qui s’est passé en Yougoslavie en 1999 et ce qui se passe depuis le 24 février 2022 en Ukraine, il faut savoir que le dénominateur commun est la Russie. Celle-ci est l’allié historique des Serbes (ex-Yougoslaves) et se trouve, réalité oblige, le principal protagoniste dans l’affaire ukrainienne.

Aussi, en termes de frappes chirurgicales, l’Otan et les USA sont passés maitres dans le registre des «erreurs» délibérément grossières, et le bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade en est le témoin. Pourquoi donc accuser la Russie de vouloir cibler les civils alors que les Américains ont transgressé le droit diplomatique international en détruisant la représentation chinoise en Yougoslavie le 7 mai 1999. Pis, le 23 avril 1999, l’aviation a bombardé le siège de la RTS (Radio-Télévision de Serbie) faisant 16 morts parmi le personnel de la chaine.

Lors de l’agression atlantiste contre la Yougoslavie en 1999, en près de trois mois de bombardement entre mars et juin, 3 000 missiles de croisière ont été tirés 80 000 tonnes de bombes ont été largués y compris 11 tonnes d’obus dits «sales».

Les déclarations du porte-parole de l’OTAN, Peter Daniel, et du représentant militaire de l’Alliance, le général Walter Jerts, selon lesquelles les cibles des avions de l’Otan étaient des transformateurs de puissance fournissant de l’énergie à l’armée serbe sont fausses. Par la suite, toutefois, des bombardements ont été effectués sur des sites civils, notamment des zones résidentielles à Belgrade, des écoles et des jardins d’enfants. L’OTAN a déclenché son agression contre la Serbie – sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU- tuant plus de 2500 civils et blessant plus de 12000 autres.

Depuis des mois, les médias occidentaux dans une hystérie russophobe sans précédent distillent des informations selon lesquelles l’armée russe procède au ciblage systématique des infrastructures civiles. A grand renfort de récits médiatiques fabriqués l’Occident impérial désinforme sa propre opinion quant à la réalité sur le terrain.

Un Etat voyou à la solde de l’OTAN
La Russie, dans le cadre de son opération militaire spéciale en Ukraine, utilise des moyens de défaite de haute précision. C’est-à-dire, seules les installations militaires, les communications et l’énergie de l’Ukraine sont frappées, ce qui minimise les pertes civiles. Cette approche russe préserve la vie des civils, mais exige un temps plus long et une plus grande manœuvrabilité des troupes par rapport aux tactiques de «guerre à détruire» de l’Otan. Les pays de l’alliance atlantique, dirigés par les États-Unis, ont mené une intervention militaire en Yougoslavie avec des bombardements massifs contre les villes serbes.

Une différence notable cependant entre l’Ukraine et la Serbie. Belgrade n’a pas la posture d’un Etat terroriste qui bombarde sa propre population au Donbass ainsi que la centrale nucléaire de Zaporojie et le pont de la Crimée. C’est justement le régime ukronazi de Kiev qui détient ce triste palmarès le confondant à un Etat voyou, à la solde de l’Otan.

On le voit, les Américains et leurs alliés adoptent la politique des deux poids, deux mesures. Sinon, comment comprendre la célérité avec laquelle une entité a été créée en 2008, le Kosovo pour ne pas le citer, puis reconnu par les Etats alliés et vassaux des USA. La souveraineté de la Serbie ne vaut-elle pas grand-chose contrairement à celle de l’Ukraine ? La République de Crimée, la ville de Sébastopol en 2014, les Républiques populaires de Donestk et de Lougansk ainsi que les oblasts de Kherson et de Zaporojie ont organisé des référendums pour proclamer leur indépendance puis leur rattachement à la fédération de Russie. Quelle est la différence entre le Kosovo et ces républiques ? Entre le Kosovo et l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ?

L’ordre international est-il à géométrie variable ? Au vu de la situation actuelle, la réponse est oui, lorsqu’il s’agit d’imposer l’hégémonie de l’hyperpuissance américaine et le maintien de sa suprématie face à d’autres acteurs, Russie et Chine en tête. L’implosion programmée de la Yougoslavie avait pour ultime but de désintégrer un Etat allié de la Russie sur les bords de la Méditerranée, un Etat leader dans la politique de non-alignement qui n’arrangeait pas les affaires des Etats-Unis et de l’Union européenne en formation.

Que reste-t-il à l’Ukraine ? L’aide inconditionnelle de l’Otan a un coût : l’Otan luttera contre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien ! Les fluctuations politiques internes aux Etats-Unis entre Républicains et Démocrates risquent d’avoir des répercussions sur l’aide en question. Nous l’avons vu avec le lâchage spectaculaire des Kurdes irakiens, puis du pouvoir afghan à Kaboul face aux Talibans. La trahison est un des modes opératoires de l’establishment américain pour peu que ses intérêts propres ne soient pas menacés. Dans le cas ukrainien, l’avenir nous le dira.

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