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Nationale

blocus du gaz russe : L’Algérie bouée de sauvetage de l’Italie

blocus du gaz russe : L’Algérie bouée de sauvetage de l’Italie

L’Italie risque de connaitre un rude hiver en raison de la rupture des approvisionnements du gaz russe. Seule l’Algérie est capable d’empêcher ce scenario de se produire. Les Italiens qui avaient réduit leurs importations du gaz algérien au profit du Russe se sont rendu compte de leur erreur. L’Algérie est vraisemblablement disposée à jouer le rôle de bouée de sauvetage mais ne vendra pas son gaz au même prix. Des négociations entre responsables d’ENI et de Sonatrach sont en cours.

Les sanctions décidées par les Etats-Unis et l’Union européenne contre la Russie suite à la crise ukrainienne ont amené Moscou a fermé ses frontières aux produits occidentaux et coupé les vannes de son gaz destiné l’Europe via l’Ukraine.

La décision russe a frappé de plein fouet l’Italie. Les répercussions sur le plan interne sont douloureuses. Son industrie, déjà en souffrance en raison de la crise économique, risque de péricliter voire sombrer dans un chaos sans précédent.

La moitié des usines d’Italie fonctionnent au gaz obligeant le gouvernement a augmenté de 49 % ses approvisionnements de Russie depuis janvier alors qu’elles étaient de 41 % en 2013. Les lois en Italie qui imposent de lourdes taxes sur les pollueurs ont contraint beaucoup d’industriels à recourir au gaz. L’Italie comptait aussi sur la Libye pour renflouer son stock de gaz mais la situation chaotique dans ce pays ont réduit à néant tous ses plans. Face à l’escalade de la tension entre les occidentaux et la Russie, le plan B pour l’Italie n’est autre que l’Algérie. Le gaz russe pour l’Europe transitait par l’Ukraine. 
“C’est un énorme problème. A court terme, l’Italie n’a pas d’autre option au gaz russe”, a estimé lundi Leonardo Maugeri, ex-directeur des opérations stratégiques chez ENI cité par Reuters. L’ancien président directeur général d’ENI Paolo Scarini a, quant à lui, mis en garde contre les risques encourus par l’économie italienne suite à une chute brutale dans les stocks de gaz en Italie si les approvisionnements russes sont coupés et si la consommation interne s’accroit en raison de l’hiver.
“Ceci sans parler de la hausse des prix, générée par une augmentation de la demande dans le marché interne européen”, a-t-il ajouté.

En outre, les importateurs italiens ne sont pas certains de pouvoir compter sur la Libye pour pouvoir combler le déficit, estimé à 100 millions de M3/jour, en raison de la violence qui secoue le pays depuis des mois. Pour les experts italiens, l’Algérie est la seule bouée de sauvetage. Mais les tourments de l’Italie interviennent alors que la compagnie Edisson a suspendu son contrat avec Sonatrach alors qu’ENI qui a réduit de moitié ses importations d’Algérie sait qu’un recours à l’Algérie a son prix. 
“L’Algérie est la clef du problème. Si un accord entre ENI et Sonatrach, une perturbation prolongée des approvisionnements russes n’auront pas d’incidences sur le marché italien” , a affirmé Massimo Di-Odoardo, analyste chez Wood Mackenzie. 

C’est la seule option valable et fiable, faute de quoi les choses vont empirer pour l’Italie, a-t-il dit. L’Algérie était le principal fournisseur de gaz de l’Italien via le gazoduc Transmed. Or les importations italiennes ont baissé de 40 % en 2013 dans un contexte de guerre de prix et de redéploiement de Sonatrach vers le marché asiatique. En mars 2014, la baisse a atteint les 66% se limitant à 557 millions de M3 sur 33 milliards de M3 livrés à l’Europe via ce gazoduc.

Ainsi, l’Algérie se trouve en position de force et devrait cependant imposer son prix. Plusieurs contacts sont prévus cette semaine entre responsables de Sonatrach et d’ENI pour aborder toutes ces questions. D’autres clients ont également frappé à la porte de l’Algérie depuis le début de la crise ukrainienne et les Italiens risquent de ne plus avoir les moyens de négocier, selon les experts.

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