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Nationale

Blida : Le diktat des promoteurs immobiliers

Blida : Le diktat des promoteurs immobiliers

L’anarchie urbanistique qui a défiguré et clochardisé, depuis des années, la plupart des grandes villes de la wilaya de Blida, y compris le chef-lieu de la wilaya et ses périphéries immédiates, est en constante progression.

Les différentes agressions contre l’urbanisme et l’architecture et, surtout, contre le plan directeur de l’aménagement urbain (PDAU) et les différents plans d’occupation des sols (POS), depuis  la modification des lois en 2014 relative aux mesures urbanistiques, en accordant aux promoteurs immobiliers la construction des R+5 jusqu’au +8 en plein centre- ville, au lieu d’un R+2 comme c’était souvent le cas, ont souvent été dénoncées et décriées, y compris par quelques  honnêtes responsables locaux, et ce depuis de longues années.

Des mesures annoncées et des déclarations faites, prenant parfois une forme de mea culpa. Cependant, il n’en reste que les échos puisque les violations des règles d’urbanisme se poursuivent impunément avec, parfois, des dangers pour les populations. D’ailleurs, c’est ce qui s’est passé à Boufarik, où l’on dénombre plus de 15 coopératives immobilières. En effet, un glissement de terrain s’est produit, avant-hier vers 6h20 du matin, à la rue Ferroukhi, dans la commune de Boufarik. Ce glissement a causé l’effondrement du mur d’une bâtisse mitoyenne à un lot de terrain d’un promoteur immobilier qui est en plein travaux de fondation. Heureusement, on ne déplore aucune perte humaine.

Le même jour, la protection civile a été avisée par l’un des locataires d’une maison à la rue Safta, à Boufarik, pour un glissement de terrain dû aux travaux d’une entreprise sur le bas-côté de la rue. Ces travaux n’ont non seulement engendré un glissement de terrain mais aussi des fissures, qui ont été constatées à l’intérieur de la maison. « Ces immeubles de R+6 et R+8, en plein centre-ville, ont défiguré le beau décor de l’ensemble de la ville de Boufarik et même ailleurs », déplore un citoyen mécontent.

D’ailleurs, même les permis de construire délivrés à l’époque indiquent clairement que les propriétaires sont tenus de construire des habitations individuelles en R+2, mais plus maintenant, avec la nouvelle réglementation. Aujourd’hui, la majorité des habitants de différents quartiers, à Blida et partout ailleurs dans la wilaya, ne savent plus quoi faire après que des constructions adjacentes à leurs maisons ont vu le jour. En effet, le phénomène de la vente d’anciennes bâtisses prend de l’ampleur car, souvent, elles appartiennent à plusieurs héritiers.

Le seul choix reste donc la vente après la mort des parents. « La ville de Boufarik s’est métamorphosée avec ces promotions immobilières. Un lot de terrain destiné, comme tous les autres, à une construction individuelle a été cédé par son propriétaire à un promoteur immobilier qui entend réaliser une coopérative immobilière en R+6, juste à côté de deux anciennes bâtisses. Imaginez les dangers qu’encourent ces dernières », déclare Rachid, un architecte de métier. L’anarchie résiste bien dans une région où l’architecture ne rime pas forcément avec culture, et surtout pas avec patrimoine et civisme.  

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