Blida : Le lait en sachet se fait rare
La crise du lait est loin d’être contenue. Le citoyen peine, ces derniers jours, à s’approvisionner régulièrement en la matière. Depuis déjà plus d’un mois, se procurer un sachet de lait relève de l’exploit.
Ce sont pratiquement presque toutes les communes de la wilaya de Blida et d’autres wilayas aussi qui sont concernées par cette pénurie. Si les discours rassurants des responsables ne manquent pas, la crise est toujours là. A Boufarik, hormis le camion de l’usine de Birkhadem, qui alimente cette ville au quotidien et qui enregistre une chaîne interminable d’hommes et de femmes qui se forme très tôt le matin pour acheter trois à quatre sachets par personne au prix de l’Etat, soit 25 DA, les autres commerçants sont approvisionnés par d’autres camions du privé et vendent le sachet de lait à 30, voire 35 DA, quand il est disponible bien sûr. «C’est notre calvaire au quotidien.
Je suis là depuis 6 heures à faire la chaîne pour 4 sachets de lait car il est à 25 DA. Il y a trop de personnes, il est 7 heures et le camion n’est toujours pas arrivé», se plaint un père de famille avant d’ajouter : «Je ne peux pas me permettre d’acheter un sachet à 35 DA, ni les autres d’ailleurs. Il y a une véritable crise de lait alors que toutes les familles en ont besoin.» Selon quelques convoyeurs de camion, le problème réside dans la mauvaise distribution de quelques laiteries. Cependant, les citoyens continuent de subir, une fois de plus, les conséquences de la désorganisation qui caractérise la filière lait en Algérie ; une matière pourtant très prisée. Mais ce n’est pas tout. Si le manque de lait se fait sensiblement ressentir, une autre anomalie, d’une grande importance, a souvent été relevée par les consommateurs.
Ces derniers remettent en cause la qualité du produit, parfois mauvaise. «Il m’arrive de prendre 2 à 3 sachets de lait pour que ces derniers s’avèrent finalement inconsommables. On n’y comprend rien. Initialement, ce produit ne devrait pas quitter l’usine et être commercialisé sans avoir été contrôlé au préalable», regrette Omar, rencontré dans une épicerie à Oued El-Alleug.
Ces dires sont corroborés par l’épicier lui-même, qui affirme que des clients sont venus, à maintes reprises, lui réclamer le remboursement de la marchandise du fait de la mauvaise qualité du lait en sachet. Selon plusieurs spécialistes en la matière, la cause essentielle de cette pénurie reste la faiblesse de la production face à une demande de plus en plus grandissante ainsi que l’abstention de plusieurs commerçants concernant la vente du lait, la marge bénéficiaire n’étant pas conséquente. Ce constat révèle un paradoxe et des interrogations.