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Nationale

Billets abîmés et scotchés dans les DAB des banques

Billets abîmés et scotchés dans les DAB des banques

Après le manque de liquidité dans plusieurs régions du pays, les citoyens se plaignent, depuis quelque temps, des billets sales, abîmés et scotchés qui, en dépit d’être impropres à la circulation, sont remis aux citoyens par les distributeurs automatiques de billets de banque (DAB) à Alger et dans plusieurs villes du pays. C’est ce qu’ont affirmé de nombreux citoyens ayant alerté le Jeune Indépendant.

La responsabilité de retirer de la circulation ces billets, notamment les anciennes coupures de 500 et 1 000 DA qui exacerbent les citoyens et les commerçants, incombe entièrement à la Banque d’Algérie, laquelle doit effectuer un tri pour réaliser cette tâche indispensable, devenue un problème d’hygiène publique. Mais alors pourquoi tarde-t-on à retirer ces billets usés ? Comme il s’agit de DAB, la Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique (SATIM) a-t-elle une part de responsabilité ?

Devant plusieurs distributeurs automatiques de billets de banque, les signes d’étonnement et d’incompréhension se lisent clairement sur les visages des utilisateurs des cartes bancaires après chaque opération de retrait, a constaté le Jeune Indépendant.
Le constat est le même à travers de nombreuses agences bancaires de la capitale.  Les billets de sont sales, déchirés, scotchés et abîmés. Certaines banques donnent l’impression de vouloir se débarrasser de ces billets de 500 et 1 000 DA alors qu’elles sont censées garantir un service de qualité.

«Les coupures de 1 000 DA retirées ressemblent à tout sauf à des billets de banque tant leur état est lamentable», a lancé Fouzia , responsable au fret à l’aéroport international d’Alger . «Vous imaginez ces billets entre les mains d’un touriste étranger ?» s’est-elle interrogée.  «Apparemment personne ne se soucie de l’image du pays et de sa réputation», a-t-elle déploré.

«Je ne comprends pas comment la Banque d’Algérie autorise la circulation de billets dans un tel état de dégradation avancée», s’est étonné Kamel, ingénieur en informatique de 38 ans, qui s’est retrouvé avec 28 billets de 1 000 DA dans un «état piteux et sale», et ce sur les 32 billets retirés du DAB de l’agence du Crédit populaire d’Algérie (CPA) située au Ravin de la femme sauvage, à Bir Mourad Raïs.

Il a notamment tenu à préciser au Jeune Indépendant que même les guichets financiers, qu’ils soient bancaires ou postiers, continuent de distribuer dans la majorité des cas ces «billets dégradants » aux clients, et ce en dépit de leur état lamentable.

Pour ce spécialiste de la maintenance informatique, ces billets de banque déchirés et scotchés bloquent souvent le système des DAB et causent beaucoup de désagréments aux citoyens, notamment durant les week-ends, durant lesquels une grande partie de ces distributeurs sont «hors service».

De son côté, Djamel, un commerçant rencontré devant l’agence BNP située à la rue Hassiba-Ben Bouali, ne réalisait toujours pas que tous les billets qu’il avait retirés étaient scotchés. «Ils devraient incinérer ces billets au lieu de les remettre en circulation», a-t-il fulminé, précisant qu’il ne s’agissait pas de la première fois qu’il avait affaire à ce type de billets de banque que «même les agents des stations-service rechignent à accepter».

Devant l’agence bancaire de la Société Générale de Baba Hassen, à Alger, Nawel n’a pas caché son mécontentement, car les 5 000 DA qu’elle venait de retirer du DAB étaient tous scotchés. Cette jeune femme de 33 ans, qui travaille dans une entreprise étrangère implantée en Algérie, a assuré avoir honte d’exhiber et d’utiliser des billets dans un «état aussi dégradé» devant des étrangers, estimant que ce genre de détails véhiculent une image négative du pays. Ce type de billets, a-t-elle ajouté, ne sert qu’à s’approvisionner en carburant.

Même constat à Oran, dans le distributeur de l’agence de la Société Générale à Akid-Lotfi. «Ces billets doivent tous être retirés et renvoyés à l’hôtel des Monnaies pour incinération», a confié au Jeune Indépendant Abdelkader, cadre à la Sonatrach à Oran, qui venait de retirer 40 000 DA en coupures de 1 000 DA du distributeur automatique des billets (DAB) de cette banque française.

«Dans tous les pays, on démonétise. On a de moins en moins recours aux billets et aux pièces de monnaie qui alourdissent les portefeuilles et abîment les vêtements. En Algérie, on maintient sciemment le cash en circulation», a-t-il ajouté.

«Nous n’avons même pas atteint le stade des transactions par chèque. Le cash domine le marché financier. Le e-paiement, ou le paiement par carte généralisé, est apparemment une utopie en Algérie», a affirmé au Jeune Indépendant Khaled, directeur d’une agence de CPA à Constantine, qui précise que «les banques délivrent des cartes de retrait et non des cartes de paiement».

Il a souligné que la responsabilité n’incombe pas à la SATIM car cette société n’alimente pas les DAB en monnaie, mais qu’elle incombe bel et bien à la banque-mère.

Le Jeune Indépendant a tenté de contacter la Banque d’Algérie à plusieurs reprises pour demander des explications sur cette affaire mais n’a pas réussi à joindre son chargé de communication.



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