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Nationale

Bibliothèques universitaires : Combler le retard dans la gestion du savoir

Bibliothèques universitaires : Combler le retard dans la gestion du savoir

« Les services offerts par le web aux bibliothèques universitaires », tel est le thème du colloque national de deux jours dont le coup d’envoi a été donné, hier, dans le splendide espace de la bibliothèque centrale de lecture publique de Tizi Ouzou, annexe de la Bibliothèque nationale d’Alger.

Ce rendez-vous scientifique, organisé par la faculté des sciences humaines et sociales de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, en étroite collaboration avec la direction de la Culture, a enregistré la participation d’au moins une dizaine d’universités du pays, à l’exemple des universités d’Alger, d’Oran, de Constantine, de Relizane et de Sétif, du Centre de recherche sur l’information scientifique et technique (CERIST) d’Alger ainsi que celle de deux chercheurs des université de Montréal (Canada) et de Tunis (Tunisie).

C’est le recteur de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, le Pr Ahmed Tessa, qui a donné le coup d’envoi des travaux du colloque. Celui-ci a expliqué que cette rencontre scientifique « vient à point nommé pour ouvrir un débat sur le grand chantier de la modernisation numérique des offres des bibliothèques, particulièrement celle des universités ».

Le recteur de l’université Mouloud-Mammeri a ajouté que le colloque permet, à travers les thèmes inscrits au programme et les débats entre spécialistes du secteur, de « connaître la réalité numérique des espaces de lecture et de diffusion de lectures universitaires, de déceler les carences dans les processus et de tirer les leçons des bonnes pratiques universellement reconnues ».

Le Pr Tessa a relevé, dans un langage savant, que la transition vers une économie de savoir « exige la transformation des espaces bibliothécaires en leviers de création de la valeur de l’accompagnement de l’émergence de ce nouveau modèle, qui devra tenir compte de trois enjeux majeurs, à savoir la démocratisation de l’accès à l’offre des bibliothèques, sa rationalisation et l’insertion des espaces bibliothécaires dans le nouveau réseau qui se dessine ».

Au cours de la première séance consacrée aux fonctionnalités de navigation et de recherche de l’information offertes par le web, le Pr Clément Arseanult de l’université de Montréal a axé sa communication sur « les données bibliographiques, le modèle de gestion et la fusion des archives et de l’activité bibliothécaire, Ressource Description and Access (RDA) ».

L’intervenant a expliqué que ce modèle permet aux bibliothèques de suivre le développement technologique actuel à travers une meilleure gestion des données.

Le Pr Clément Arseanult a également mis l’accent sur l’ambition du Canada d’en faire une norme internationale d’ici à l’année 2020. Quant au Pr Rabah Allahoun, de l’université d’Alger II, il a souligné que le modèle RDA sera enseigné à partir de l’année en cours à l’Institut de bibliothéconomie d’Alger.

Le Pr Mohammed Ben Romdhane de l’université de la Manoub de Tunis a, pour sa part, fait une communication sur « les bibliothèques universitaires à l’ère du numérique ». Au cours de son intervention, ce spécialiste a retracé le parcours de ces espaces, depuis la gestion manuelle des données jusqu’à l’informatisation puis la numérisation.

« Cette dernière étape a ouvert la voie à l’apparition des OPACs (online public access catalogue), du learning center, des banques de ressources pédagogiques numériques ainsi que des services vidéothèques et des web TV des universités, qui permettent de diffuser des conférences, des colloques et tous les travaux scientifiques effectués au niveau des enceintes universitaires », a-t-il fait savoir.

« Dans les pays arabes, et en Algérie particulièrement, la numérisation des bibliothèques n’a pas connu de grandes avancées malgré la création des OPACs au niveau de certaines bibliothèques universitaires, et ce à cause d’une multitude de raisons, notamment l’absence d’une législation appropriée et d’une bonne maîtrise des différents programmes de gestion numérique des données », a assuré le Pr Abdelghani Ben Dridi de l’université de Constantine III.

Cet intervenant, enseignant et chercheur de son état, a effectué un travail de recherche sur la numérisation des bibliothèques dans les 23 universités de l’est du pays. Il a reconnu que dix d’entre elles disposaient d’un OPAC mais que deux seulement ont respecté toutes les normes d’exploitation requises pour ces espaces web ». Notons enfin que les travaux de ce colloque se sont poursuivis dans l’après-midi et se poursuivront encore aujourd’hui.

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