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Culture

«Between Dreams and Light» : Immersion dans l’univers onirique d’Aziz Moawiya

«Between Dreams and Light» : Immersion dans l’univers onirique d’Aziz Moawiya

À la faveur d’une soirée ramadanesque, rythmée par un iftar collectif et un vernissage artistique, le Centre Culturel Universitaire d’Alger (CCU) a inauguré, jeudi, une exposition d’art plastique consacrée à l’artiste-peintre émergent Aziz Moawiya. Les toiles, installées 15 jours durant, permettront au public de plonger dans un univers artistique nimbé de rêves, de spiritualité et de mysticisme, révélant un talent particulièrement immersif.

La soirée a débuté dans une atmosphère conviviale, à l’occasion d’un iftar collectif organisé dans le jardin du CCU Sciences Médicales, à Alger. Sous la houlette du personnel du centre, les invités se sont retrouvés pour partager le moment de la rupture du jeûne. À l’issue de ce moment de convivialité, étudiants, amateurs d’art et visiteurs venus de divers horizons se sont dirigés vers le CCU Sciences Humaines, situé à quelques encablures de l’arrêt de métro Khelifa Boukhalfa.

C’est dans cet espace que s’est tenu le vernissage de l’exposition intitulée « Between Dreams and Light » (Entre rêves et lumière). L’événement a visiblement rassemblé un public curieux de découvrir l’univers artistique du jeune peintre. Au fil de la soirée, après l’intervention du jeune plasticien pour présenter son parcours et ses œuvres, les visiteurs ont parcouru l’exposition, échangeant entre eux et avec l’artiste présent sur place. De nombreuses personnes interrogées ont exprimé leur enthousiasme, saluant « l’originalité de l’univers » proposé et la présence marquée de couleurs lumineuses, notamment le bleu, qui donne vie et intensité aux œuvres.

Autodidacte, Aziz Moawiya, de son vrai nom Moawiya Rouag, est originaire de Tolga, dans la wilaya de Biskra. Né en 2000, il a d’abord suivi des études de biologie aquatique à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB). D’après lui, cette formation scientifique n’est pas sans lien avec son travail artistique. L’artiste confie particulièrement son attachement viscéral à l’océan et au monde marin, une influence perceptible dans ses tableaux où la couleur bleue occupe, à l’évidence, une place prépondérante. « J’aime l’océan et la mer. C’est aussi pour cela que j’ai choisi d’étudier la biologie aquatique », explique-t-il. Son univers artistique puise principalement son inspiration dans les rêves et les visions intérieures. « Pour moi, la peinture est une porte vers des mondes invisibles qui se situent entre le rêve et la réalité », explique-t-il lors de sa présentation générale. « Mon art vient de l’ombre vers la lumière […] pour apporter de la gaieté », ajoute-t-il, tout en avouant avoir déjà traversé une période difficile. Il précise cependant qu’il reste créatif, que ce soit dans les moments de détresse ou de joie.

Certaines figures présentes dans ses œuvres proviennent intrinsèquement de son monde onirique. L’artiste évoque par exemple des « amis imaginaires », parmi lesquels figurent des anges ou encore un lion qu’il décrit comme « l’ancien roi de l’Atlas » en référence à Panthera leo leo. Dans plusieurs tableaux apparaissent au demeurant des symboles inspirés de la culture amazighe, que l’artiste avoue aimer intégrer à ses compositions.

L’exposition présente une série d’œuvres réalisées principalement à l’huile, mais aussi à l’acrylique et à l’aquarelle. Les tableaux explorent des paysages imaginaires et des figures symboliques. Dans certaines toiles, l’artiste aborde également des figures spirituelles. L’une d’elles représente Jésus et est intitulée « Hope » (Espoir 2025). Il s’agit d’une huile sur toile sur panneau, mesurant 45 × 50 cm, inspirée d’un rêve ancien que l’artiste explique avoir longtemps conservé en mémoire avant de la traduire en peinture. « J’ai rêvé de cette image, il y a plusieurs années. Quand le moment s’est présenté, j’ai finalement décidé de la peindre », raconte-t-il. Cette toile véhicule, à ses yeux, « un message de paix », en réaction à tout ce qui se passe de cruel dans le monde.

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Entre symbolisme, abstraction et visions oniriques

Selon ses dires, son approche artistique oscille essentiellement entre figuration symbolique et abstraction. « Dans mes œuvres, j’aime aller vers l’abstrait », insiste-t-il. Parmi les tableaux présentés se distingue aussi « Gatherers of Light », une huile sur toile de 70 × 70 cm réalisée en 2026. L’œuvre s’inspire d’un rêve dans lequel des personnages récoltent la lumière « comme s’il s’agissait de fruits », déclare-t-il, dans un lieu hors du temps.

Dans son parcours, Aziz Moawiya cite une pléthore d’artistes qui ont nourri sa sensibilité esthétique. Parmi eux figurent
Salvador Dalí, Frida Kahlo, Rembrandt, Claude Monet ou encore Étienne Dinet. Ces références témoignent subséquemment d’un intérêt pour des courants artistiques variés, allant du surréalisme et du réalisme symbolique à l’impressionnisme, en passant par la peinture baroque et l’orientalisme.

Aziz Moawiya a développé très tôt une relation étroite avec le dessin. Il raconte que, dès son enfance, sa mère et son entourage adulte en général avaient remarqué sa facilité à dessiner et l’avaient encouragé à poursuivre dans cette voie. « J’ai toujours aimé dessiner depuis la crèche », précise-t-il. Il explique qu’au lycée, il s’est formé seul, en autodidacte, apprenant les bases et les règles de la peinture. Il ajoute que, plus tard, alors qu’il était encore étudiant, il a réalisé ses premières commandes de portraits, ce qui lui a permis de se lancer professionnellement. D’après ses propres termes, son activité artistique a progressivement pris de l’ampleur.

Il fait savoir que les commandes se sont multipliées, surtout via Internet, et que ses œuvres ont trouvé des acquéreurs en Algérie mais aussi à l’étranger, aux États-Unis et en Australie. « J’ai toujours pensé que mon obsession, c’était l’art », répète-t-il avec le sourire, tout en précisant qu’il garde un intérêt pour les sciences.
À noter qu’il a déjà exposé ses toiles en novembre 2025 à l’American Institute, un centre culturel et école d’apprentissage de l’anglais à Alger, soutenu par l’ambassade des États-Unis. « Depuis l’année dernière, j’ai surmonté ma timidité en commençant à exposer ; auparavant, je n’étais actif qu’en ligne », confie-t-il.

Parmi ses œuvres majeures, on retrouve « Magic Lesson I: Summon The Light », un projet d’huile sur papier de 31×37 cm (300 g) réalisé en septembre 2025, « Wish Upon a Dandelion », autre projet d’huile sur papier de 29×43 cm datant d’août 2025. Sur toile, il a peint « Sea Of Healing » (huile sur toile, 50×70 cm, janvier 2026) et « The Tree and his Son » (huile sur toile, 40×50 cm, janvier 2026). De plus, on peut citer « Ruh al-Nabat The One Who Sings Life », huile sur carton-toile de 55×38 cm réalisée en novembre 2025, en sus de « Crystal Heaven », une acrylique sur toile de 120×60 cm datant de 2023, sans omettre « Berberut Atlas King » qui est une peinture sur toile de 65 × 50 cm réalisée en 2026.

L’exposition s’inscrit dans la programmation culturelle du Centre Culturel Universitaire. Le CCU organise régulièrement des activités tendant à enrichir la vie culturelle des étudiants, mais également de tout public d’apprenants. Une bibliothèque est accessible au public, et le programme annuel comprend, entre autres, des clubs de lecture, des projections, des expositions (peinture, photo, sculpture), des séances de yoga, des ateliers pédagogiques, artistiques, philosophiques, de même que des conférences, des entretiens avec des auteurs reconnus et des débats.

Il est également fréquenté pour ses salles de révision, et des encadreurs y sont présents pour accompagner les travaux universitaires. Le CCU dispose de trois antennes principales, chacune dédiée à un pôle universitaire différent d’Alger : le CCU Sciences, Techniques et Économiques, situé rue Hamani (ex-rue Charras) ; le CCU Sciences Humaines, à proximité de la station de métro Khelifa Boukhalfa ; et le CCU Sciences Médicales, rue Ahcène Khemissa, non loin du lycée Omar Racim. L’ensemble fonctionne dans un cadre ouvert à la création et au dialogue culturel.



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