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Nationale

Bensalah victime collatérale

Bensalah victime collatérale

Abdelkader Bensalah ne jouera pas les trouble-fêtes et il ne fera pas de la résistance. Il évitera l’affrontement ou la volte-face.
C’est l’impression qui se dégage chez les observateurs depuis l’émergence de la crise au sein du RND.

Toutefois, Bensalah attend toujours un signe des plus hautes autorités de l’Etat pour laisser la place à un retour triomphal d’Ahmed Ouyahia.

Avant-hier, lors d’une séance plénière au Conseil de la nation, le président contesté du RND s’est montré indécis et incertain sur ce qui se trame au sein de son parti.

Pourtant, dans une brève déclaration à la presse, il dit qu’il existe une crise interne mais reconnaît qu’il n’a rien reçu, allusion à une prétendue pétition. « J’entends des informations, mais je n’ai pas d’éléments qui confirment ou démentent ce qui se passe », dira-t-il, laissant paraître une profonde résignation.

Pour certains analystes, il est anormal qu’un patron du deuxième parti politique, et néanmoins second personnage de l’Etat, n’arrive pas à déceler le moindre soupçon ou qu’il n’ait pas assez d’oreilles dans les appareils qu’il a lui-même créés et installés depuis son élection à la tête du RND.

Tout le monde sait que le bureau national, sorte de comité exécutif ou de direction centrale du parti, a été pourvu de cadres et de militants choisis par Bensalah, et non plus par les instances du congrès ou élus par des élections primaires.

Autrement dit, le président du RND n’est ni un meneur d’hommes ni un politicien d’envergure, influent et crédible ; son élection à la tête du parti est due à « une nécessité organique », car le RND n’avait pas assez de temps et de moyens pour remplacer Ouyahia, démissionnaire.

De plus, Bensalah offrait à tout le monde un profil « acceptable », qui sied bien avec ce que veut le chef de l’Etat et ce que veut la base révoltée du parti. Sauf qu’au bout de deux ans de règne, il n’a pas pu aller jusqu’au bout de ses réformes internes, lui qui voulait jouer à « l’assainissement organique ».

Il connaîtra, d’ailleurs, de fortes résistances de la part des coordinateurs de wilaya, vrais patrons politiques, qui encadraient des cellules communales et surtout représentatives des administrations publiques et des puissances régionales.

Ce sont ceux-là qui gardèrent de forts liens avec les milliers de patriotes, des GLD ou des gardes communaux, versés pour la plupart dans les cycles de la retraite. Ce sont ceux-là qui furent moulés dans la lutte antiterroriste, devenus ensuite, après la consécration institutionnelle, au cœur du combat timide et secret contre l’intégrisme.

Idéologiquement, Bensalah restait comme un fidèle aux premiers principes fondateurs du RND, mais politiquement, il s’éloigna sensiblement des crédos de ce parti, né avec une moustache au plus fort de la décennie noire et en plein état d’urgence.

D’ailleurs, il est curieux de constater que certains dirigeants du RND, parmi les plus anciens, sympathisent plus facilement avec les thèses de Benyounès, chef du Mouvement du peuple algérien (MPA), qui est en train de se construire une réputation d’anti-intégriste radical et sans concession.

C’est sans doute cet aspect qui a provoqué la révolte chez les dirigeants, députés et cadres du RND. Durant deux ans, Bensalah s’est attelé à gérer administrativement son parti, loin des préoccupations de la base. Mais c’est encore son éloignement et son effacement des débats qui agitaient le pays depuis au moins une année qui ont précipité la chute de son « aura ».

Bensalah aura payé, non seulement pour son profil bas, mais aussi pour la conjoncture actuelle, qui semble vouloir exiger des hommes politiques de poigne, des hommes d’autorité et à la forte conviction idéologique.

Si encore l’éviction de Bensalah n’est qu’une question de jours, on est en droit de se demander si Ouyahia ne viendra pas pour concrétiser un agenda politique précis, que Bensalah aurait été incapable de faire.

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