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Nationale

Benkhalfa et Haddad toujours dans le collimateur de Hanoune

Benkhalfa et Haddad toujours dans le collimateur de Hanoune

Abderrahmane Benkhalfa et Ali Haddad, les deux personnes qui continuent de hanter l’esprit de Louisa Hanoune. L’un incarne le FMI et l’autre l’oligarchie ; deux maux qui reviennent dans les discours fréquents tenus par le numéro un du Parti des travailleurs.

Hier encore, le leader du parti socialiste s’en est pris au nouvel argentier du pays, Benkhalfa, en affirmant que c’est un ministre qui a été installé spécialement pour exécuter « les recommandations dictées par le FMI et la Banque mondiale qui confortent les multinationales en appauvrissant le peuple ».

Dans un discours fulgurant qui s’apparente à un langage syndical, le chef du parti socialiste reproche au ministre les exonérations et les allégements fiscaux « offerts sur un plateau d’argent aux entreprises privées », et le soutien absolu aux entreprises privées, avec la possibilité pour ces dernières de recourir à l’endettement étranger où l’Etat se portera garant des empreints et des intérêts cumulés par les crédits « incontrôlables ».

« Pire que l’endettement extérieur, ce sera un endettement à la grecque qui sera dépensé par les oligarques tout en échappant au contrôle de l’Etat », a-t-elle prévenu, indiquant que c’est le Trésor public qui en payera les frais avec l’argent du peuple.

« C’est une loi qui a été imposée pour assouvir les appétits voraces des oligarques et non pas pour sauver les secteurs agricole et industriel du pays », a-t-elle jugé. La dame, qui a toujours affiché une opposition farouche au processus de privatisation, considère que l’Etat est en train de revenir sur ses décisions souveraines énoncées dans la LFC 2009 et la LF 2010 et qui consistent à protéger le secteur public et l’économie nationale contre la privatisation effrénée et la prédation des multinationales, tout en supprimant l’obligation d’investir.

Hanoune n’a pas épargné le président du Forum des chefs d’entreprises, Ali Haddad, et son organisation patronale qui réclament de transformer les actes de concession des fonciers touristiques en actes de session. Elle a par ailleurs mis en garde contre la dernière décision du ministre de l’Industrie d’associer les privés dans la gestion des zones industrielles.

Le porte-parole du PT a poursuivi que son parti a même refusé de débattre la LFC 2015 qui sert, selon elle, une poignée d’oligarques qui accaparent « l’argent du peuple ». « Nous avons préféré quitter l’hémicycle du moment que nous n’avons pas le droit de débattre une loi complémentaire imposée par le gouvernement », a-t-elle justifié.

Concernant le rejet de la loi sur le développement de la recherche scientifique, là encore elle a évoqué l’association du secteur privé dans la recherche sans l’obliger d’investir. « Libre au privé de mener la recherche scientifique mais avec son propre argent, pas avec l’argent public », a-t-elle martelé en concluant que c’est une question de principe pour le parti qui refuse que l’argent du peuple soit utilisé pour servir les intérêts des particuliers.

Le parti estime par ailleurs que l’Etat porte une grande part de responsabilité dans le déficit budgétaire qui pèse sur l’économie nationale. « Certes le gouvernement n’est pas responsable de la chute des cours du pétrole, mais il aurait au moins pu prévenir la crise s’il disposait d’un ministère de planification », a-t-elle estimé avant de souligner que le spectre du choc pétrolier était déjà prévisible bien avant le printemps arabe.

Hanoune a mis en garde contre les conséquences d’une telle politique qui veut faire des jeunes et des ouvriers un bouc émissaire en leur faisant payer les erreurs de leurs dirigeants qui n’ont pas su gérer la manne financière du pays.

« Certes, nous avons été épargnés lors du printemps arabe, car les Algériens ne voulaient pas revivre le drame de la décennie noire. Par ailleurs l’Etat avait répondu ne serait-ce qu’en partie à leur revendication socioéconomique, ce qui nous a immunisés contre un soulèvement populaire », a-t-elle analysé, en prévenant que le terrorisme se nourrit de la fragilité sociale. 

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