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Nationale

Bengrina: « La présidentielle n’est pas la solution à nos multiples crises »

Bengrina: « La présidentielle n’est pas la solution à nos multiples crises »

Le mouvement El-Bina El watani est une jeune formation de 5 ans, mais dont l’équipe dirigeante était durant plusieurs années des cadres du MSP, dirigé alors par  feu Mahfoud Nahnah.
Dans cet entretien, le président de cette jeune formation, Abdelkader Bengrina, a donné de plus amples explications par rapport à son initiative « Algérie pour tous ». 

Le Jeune Indépendant : La scène politique se caractérise par l’émergence de débats et d’initiatives liés à la prochaine présidentielle ou à la crise socioéconomique. Est-ce que la vôtre, intitulée « Algérie pour tous », est liée aux prochaines élections ?

Abdelkader Bengrina : Lancée au mois de mai dernier, notre initiative « Algérie pour tous » tend à trouver les solutions aux différents problèmes rencontrés et à approfondir la confiance entre les composantes de la scène politique dans le pays. A travers cette initiative, nous visons à renforcer le dialogue et à échanger les vues et les idées dans le but d’opérer un changement positif au service de la patrie. La conjoncture actuelle nous impose un transfert de responsabilité entre générations, à condition que ce transfert se fasse de manière pacifique et démocratique, tout en préservant les principes de la République et les constantes nationales, loin de toute divergence. Je tiens aussi à signaler que notre action s’inscrit dans la continuité et ne se limite pas aux échéances électorales. Notre formation politique adhère à tous les efforts visant à préserver et à valoriser les acquis de la paix et de la sécurité, à défendre la souveraineté et à consacrer la démocratie, à travers une vision collective et un dialogue participatif sur l’intérêt national à préserver.

– Comment la classe politique a-t-elle reçu votre initiative ?
Nous avons proposé notre initiative à plus d’une vingtaine de partis politiques et personnalités nationales, dont d’anciens chefs de gouvernement, afin que toutes les composantes de la société se réunissent autour d’une même table pour établir un débat national rassembleur et trouver une sortie de crise. L’initiative a été favorablement accueillie par les différentes parties, hormis un seul parti qui estime qu’elle n’est pas en mesure d’être une initiative au vrai sens du mot. Dans le cadre de cette initiative, le mouvement El-Bina est disposé à rencontrer toute tendance politique dans le pays et à œuvrer en commun à la protection du pays des dangers qui le guettent. Pour cela, notre initiative est ouverte à tous et n’exclut personne pour peu que les acteurs de la scène politique nationale prônent les intérêts du pays loin de toute ingérence. Notre pays est confronté aux grands défis sécuritaires, notamment aux frontières avec la Libye, le Niger et le Mali, sans oublier les frontières ouest et le danger de la drogue qui le guette. Cela demande la mobilisation de toutes les forces en vue de préserver la sécurité et la stabilité de l’Algérie.

– S’agissant de la présidentielle, allez-vous présenter un candidat ?
Le mouvement participera à la prochaine élection présidentielle et sera présent soit avec son propre candidat, soit à travers une alliance avec un autre candidat. Toutefois, la décision revient au « madjliss echoura » du mouvement. Le plus important
est que le candidat représentatif doit défendre et protéger l’unité nationale, les acquis sociaux et la sécurité des citoyens et du pays en particulier. Quoique nous estimons que les élections présidentielles ne sont pas la solution aux différentes crises dont souffre l’Algérie et c’est à l’Etat de prendre la responsabilité d’aller vers un dialogue national qui n’exclut aucune partie pour trouver les bonnes solutions afin de surmonter la conjoncture actuelle.

– Les partis islamistes vivent dans un état de dispersion, si nous comptons les partis et les nombreux mouvements sortis des entrailles du MSP et d’Ennahda. Pensez-vous qu’il est temps d’unir ces mouvements ou au contraire s’agit-il d’une réalité irréversible ?
L’objectif du mouvement El Binaa el watani est de parvenir à un dialogue direct. Franc et loin des calculs politiciens. Il en va de l’intérêt suprême du pays. Nous œuvrons à dégager des plates-formes communes avec les courants islamiques et nationalistes. Mais aussi parvenir à un dialogue sur les questions qui nous unissent avec le courant dit démocratique. Nous devons agir dans le sens de l’intérêt du pays. En allant vers ce qui nous est commun et non pas débattre des questions qui nous séparent. Nous plaidons pour un islam modéré. Tel qu’il a été transmis par le Créateur. Et avec pour vision celle tirant son essence des idées de feu Cheikh Mahfoud Nahnah qui reste pour nous une référence incontestable.

Quid des efforts de réunification avec le MSP ?
Le MSP sont nos frères et nos partenaires sur la scène politique. Nous avons adopté une démarche d’unification avec ce parti et nous souhaitons arriver à l’établir. Mais cela ne sera possible que si nos deux partis ont la même vision politique. Le mouvement El-Binaa et le MSP doivent surmonter toutes les difficultés objectives qui se dressent devant leur unité et leur intégration. Nous souhaitons arriver à une vision politique commune qui facilitera bien sûr notre unification avec le MSP et, pourquoi pas, réaliser le projet de l’Union pour Ennahda.

Vous avez été ministre et aujourd’hui vous êtes à la tête d’un mouvement. Que pensez-vous de ce phénomène qui fait que des ministres créent des partis politiques, à l’image d’Amara Benyounès, de Menasra et d’autres ?
Je fais partie d’un parti politique et j’étais choisi sur la base d’un vote populaire comme membre à l’APN pendant dix ans. J’ai été élu président du mouvement El-Bina, en remplacement, à l’issue de la première réunion du conseil national consultatif (majliss echoura) né du congrès extraordinaire du parti. Vu les connaissances que j’avais établies en tant que ministre du Tourisme, la base était unanime à ce que Abdelkader Bengrina prenne cette responsabilité et dirige le parti, notamment durant cette période sensible et difficile que traverse le pays.

-De nombreuses questions préoccupent actuellement l’opinion publique, en particulier la tragédie des harraga. Quelles seraient les solutions, selon vous, pour endiguer le phénomène, quand on sait que les mesures répressives ont prouvé leur échec ?
C’est la précarité, le chômage et le mal-être qui poussent ces jeunes à fuir leur pays à la recherche d’un eldorado dans l’autre rive. Une aventure qui se termine le plus souvent par une tragédie. Nous imputons la malheureuse situation que subissent les harraga aux dirigeants. Mais ce problème a sa solution si on veut bien le régler. Les grosses recettes que génère l’Algérie doivent être injectées dans l’économie créatrice d’emploi, à l’instar de l’agriculture, notamment, au Sahara. Il y a lieu aussi de créer des pôles industriels et de développer le secteur du tourisme. Ce sont des solutions si simples, pourquoi ne pas aller dans ce sens ? Notre mouvement suggère que les compagnies pétrolières opérant dans le Sud, dont la plupart sont en train de polluer la région, s’acquittent sur le plan fiscal. Et ensuite reverser cet argent pour notre jeunesse et les aider à créer des entreprises ou à s’adonner à l’agriculture. 

Revenons au secteur que vous connaissez bien, celui du tourisme. Pensez-vous que les nombreux hôtels privés bâtis ces dernières années constituent la solution pour booster le secteur, sachant que les tarifs des nuitées (15 000 DA en moyenne) proposés sont excessifs pour le citoyen lambda ?
Nous appelons le gouvernement et le ministère du Tourisme à tracer une véritable feuille de route pour ce secteur. Une stratégie globale doit être mise sur pied. Il faut éviter de faire dans une politique réductrice. L’Algérie tout entière est concernée par le développement du tourisme. Cela commence d’abord par un travail de fond qui doit être fait par nos représentations diplomatiques. Faire la promotion pour amener le touriste à venir visiter l’Algérie tout en lui facilitant l’obtention du visa. Les touristes ont droit aussi à un accueil chaleureux dès leur arrivée aux aéroports. Le chauffeur de taxi doit être aux petits soins. La ville doit être propre. Des terrasses de cafés où le touriste pourra être à l’aise. Multiplier le nombre de restaurants aux normes universelles et à des prix abordables. L’Etat est tenu de suivre une politique continue en matière de construction d’hôtels. Des infrastructures pas chères. Pensons aussi à des hôtels pour les hommes d’affaires qui viennent dans l’idée d’investir. Valorisons tout ce qui peut susciter la curiosité du touriste étranger, notamment cet immense parc protégé par l’UNESCO, le Tassili dont la superficie est de 75 000 km2. Regardons un peu ce qui se fait autour de nous, comme en Turquie, un pays touristique et industrieux qui a pris une longueur d’avance ces dernières années. Prenons-en exemple. Le secteur doit également ressusciter l’industrie artisanale. Les produits d’artisanat généraient de très fortes recettes par le passé. En somme, le tourisme est l’affaire de tous. Des rues propres, des boulevards pour flâner, pour faire du shopping. Des espaces de loisirs sécurisés. Le tourisme se doit d’être compté parmi les secteurs à forte valeur ajoutée. Pour booster notre PNB.

Vous êtes l’une des personnalités les plus populaires sur les réseaux sociaux. Quelle est la taille de l’interaction des citoyens avec le mouvement ?
Notre mouvement a commencé à activer il y a cinq ans. Durant cette période il s’est attelé à s’organiser et à créer aussi des fédérations au niveau du territoire national avec l’ambition d’être une formation politique porteuse de propositions. Ces derniers 20 jours et pendant les vacances d’hiver, notre parti politique a organisé pas moins de 30 rencontres à travers le territoire national en vue de la prise en charge des jeunes à travers la promotion de la formation et la mise à leur disposition des connaissances leur permettant de contribuer à tous les domaines dans le but de faire face aux défis politiques, économiques et sociaux auxquels est confrontée l’Algérie.
 

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