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Nationale

Benflis devrait déposer cette semaine son dossier à l’ANIE

Benflis devrait déposer cette semaine son dossier à l’ANIE

Le président du parti Talaiet el Hourryet, Ali Benflis, deux fois candidats malheureux aux présidentielles de 2004 et 2014, doit sans l’ombre d’un doute, déposer son dossier de candidature à l’ANIE dans les jours à venir, selon un de ses proches collaborateurs. « La collecte des formulaires a dépassé les prévisions » selon cette source qui a ajouté que cette opération « est pratiquement achevée ».

Ali Benflis, qui se prépare depuis longtemps à cette échéance, possède une avance considérable sur ses autres concurrents. Doté d’un parti déjà rodé à ce genre d’événement, une vidéo de pré-campagne électorale en faveur du candidat déclaré Ali Benflis est diffusée depuis plus d’un mois sur les réseaux sociaux, avec un slogan : « Pour un demain meilleur avec Ali Benflis ». Le clip retrace le parcours politique de l’ancien chef du gouvernement (2000-2003) et son engagement politique depuis les années 1980 jusqu’à nos jours, en passant par les manifestations réprimées à Alger en 2001. Elle a été publiée au moment où la scène nationale est marquée par la multiplication des arrestations qui ont touché des militants, des étudiants, mais aussi de simples citoyens. Dans le clip, Benflis se met en scène en tant que militant des droits de l’homme. La vidéo met en avant un Ali Benflis ayant œuvré pour la libération des détenus du 5 octobre 1988, mais aussi ses positions à contrecourant, traduites par sa décision de permettre la marche du 14 juin 2001 d’avoir lieu.

Ali Benflis, qui a été le premier à avoir retiré les formulaires de souscription, n’a pas attendu pour ouvrir les hostilités avec son concurrent direct Abdelmadjid Tebboune : « C’est un autre cinquième mandat sous un autre habit », s’est-t-il indigné. Après ses 6,4% des voix difficilement grappillées en 2004, il a presque doublé ce score, dix ans après. Ayant été victime des trucages électoraux, en 2014, qui lui ont inspiré les 278 pages de son « livre blanc sur la fraude » sorti la même année, il se présente aujourd’hui en candidat aguerri. Quand la présidentielle allait avoir lieu le 18 avril dernier, il était le premier à avoir déclaré officiellement son intention de constituer un dossier de candidature. Il se désistera ensuite pour rester dans le sens de l’Histoire. En se présentant pour la troisième fois, Benflis porte déjà l’habit du favori pour le scrutin du 12 décembre aux yeux de nombreux citoyens. Avocat de profession, il plaide depuis longtemps pour des réformes à tous les étages en Algérie. Son cheval de bataille est la libéralisation de l’économie algérienne, avec l’abolition de la sacrosainte loi interdisant aux non-Algériens de posséder plus de 49% du capital d’une société domiciliée dans le pays.

Lors de la bataille qu’il avait livrée en 2014 contre Bouteflika et son puissant clan, l’outsider Benflis était l’un des premiers à avoir dénoncé « la vacance du pouvoir en Algérie ». Il est désormais, sans conteste, le favori pour la combler : « C’est un projet dont la portée dépasse largement le cadre de notre seul Parti politique, Talaïe El Hourriyet, pour s’inscrire dans la perspective, beaucoup plus large, d’un rassemblement pour une sortie de crise ouvrant la voie à un changement démocratique qui intègre la totalité des revendications et des aspirations de la révolution démocratique pacifique en termes de construction d’un État de droit et d’instauration d’un régime démocratique », a déclaré Ali Benflis aux cadres de son parti alors qu’ils venaient d’entériner sa candidature pour le poste suprême. Et le président de Talaïe El Hourriyet d’ajouter : « C’est ce rassemblement de tous ceux qui se reconnaîtront dans ce projet de rénovation nationale, partis politiques, personnalités nationales, associations, syndicats indépendants, femmes et hommes de bonne volonté, que je me propose de constituer autour de ma candidature ». 

Depuis les premiers jours du hirak en Algérie, Benflis ne cesse de répéter que l’élection présidentielle est « la voie de sortie de crise ». Il estime que c’est la solution « la plus réaliste, la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politique, sécuritaire, économique et social ». De cette conviction, il devra convaincre les protestataires qui s’opposent toujours à la tenue de la présidentielle du 12 décembre et qui continuent à crier à l’inutilité de ce scrutin et à la mort de « l’ancien système ». Si Ali Benflis réussit le pari de convaincre au moins une partie des manifestants du vendredi d’aller voter, il sera sans nul doute le grand favori de ce scrutin.

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