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Nationale

Benbitour plaide pour la structuration du mouvement

Benbitour plaide pour la structuration du mouvement

Le mouvement populaire inédit qui a désormais créé un « contre-pouvoir » doit se structurer.
Ces millions d’algériens doivent donc désigner leurs représentants et définir clairement leur objectif. C’est ce que préconise Ahmed Benbitour, ancien chef de gouvernement, qui dit que l’application de l’article 102 de la Constitution est dépassée d’autant que Bouteflika n’est plus Président compte tenu de son état de santé.
Niant catégoriquement avoir été consulté et encore moins participer à la « réunion suspecte » ayant regroupé des personnalités, comme révélé par le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général major Ahmed Gaïd Salah, Benbitour se dit cependant disponible à mettre son expérience à disposition. « Si on a besoin de ma consultation je suis prêt à l’offrir », a-t-il affirmé.
Pour ce qui est de ce mouvement populaire, Benbitour, qui s’exprimait ce dimanche sur les ondes de la chaine 3, estime qu’il est nécessaire de définir un ou des représentants. « La ‘’rue’’ doit désigner son représentant et désigner clairement un objectif pour faire partir le système de gouvernance actuel et le remplacer. » Commentant la récente proposition du chef des armées pour l’activation, non seulement de l’article 102 de la Constitution, mais aussi des articles 7 et 8 édictant que la souveraineté revient au peuple qui possède les capacités constitutionnelles pour gérer ses institution, Benbitour estime que Gaïd Salah a finalement compris que la rue était contre cette idée et que le Conseil constitutionnel n’a pas répondu « assez rapidement ».
C’est donc une pression que le général major fait en rappelant la souveraineté du peuple consacrée notamment dans ces deux articles. Le recours au Conseil constitutionnel, précise-t-il, peut bien être contourné en se référant à d’autres moyens constitutionnels. Plus que cela, il a indiqué que l’article 102 de la Constitution est dépassé car, souligne-t-il, Bouteflika « n’est plus président de la République compte tenu de son état de santé ». Soulignant un nouveau rapport de forces, qui se trouve en faveur de la rue, l’invité de la rédaction, qui n’a cessé de souligner la nécessité de désigner des représentants, a noté que le pays se trouve présentement « dans une impasse ». Les contestataires du système ne sachant pas comment agir pour faire partir celui-ci, alors que le pouvoir doit se faire à l’idée qu’il doit céder la place en ne négociant que les modalités de son départ, « le plus rapidement possible ».
L’ancien chef de gouvernement a en outre indiqué que le recours aux articles 7 et 8 de la Constitution donnera la possibilité d’instituer une période transitoire de 8 à 12 mois, « sans avoir à passer » par la période de 45 plus 90 jours et à nécessairement confier l’intérim au président du Sénat.
Par ailleurs, Benbitour est revenu sur l’état de l’économie qui, dit-il, « fonctionne sur la rente et la prédation ». Il a dans ce sens rappelé l’aisance financière « exceptionnelle » qu’a connu le pays caractérisée, entre autres, par des réserves de change qui couvriraient trois années d’importation sans avoir à exporter. « Au lieu de faire des projets qui permettraient d’améliorer la situation et l’indépendance de l’économie, on a au contraire enfoncé l’économie dans la dépendance », a-t-il précisé, soulignant que les factures d’importation sont passées de 12 milliards de dollars en 2001 à 76 milliards en 2014, amenant à une pénurie des moyens de financement et des moyens de consommation à partir de 2021. Une situation, explique-t-il, qui a amené les Algériens à sortir dans les rues « pour réclamer le changement ».
 

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