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Nationale

Benachenhou préconise une aide plus appuyée aux villes

Benachenhou préconise une aide plus appuyée aux villes

Les communes algériennes sont loin d’être égales face à la misère. Une récente étude du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales vient confirmer ce fossé grandissant entre les différentes régions du pays. 

Selon les auteurs de l’enquête, sur les 1 541 communes, 7 % seulement sont prospères, soit 103, alors que celles classées pauvres s’élèvent à 62 %, soit 958. Les moyennes représentent 31 % dans ce classement, soit 480 communes.

L’étude présentée dans le cadre d’une conférence-débat organisée hier par le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) sous le thème « innovations pour le développement des territoires », révèle qu’entre 60 et 65 % des ressources des communes sont composés de recettes fiscales locales, 20 % à 30% de dotations budgétaires de l’Etat et 10 % de ressources patrimoniales. « Ces recettes fiscales ne profitent pas vraiment aux villes commerciales et industrielles », précisent les auteurs de l’enquête.

Le professeur en économie et ancien ministre des Finances Abdelatif Benachenhou, qui a animé le débat, a plaidé pour un développement territorial plus équitable de façon à permettre aux régions pauvres du pays de rattraper le retard de croissance, alors que celles riches doivent s’autofinancer à partir de leurs ressources ou emprunter du marché. 

« Depuis 2005, en contexte d’une dépense publique croissante qui a profité à toutes les régions à un coût important, les inégalités territoriales se sont accrues avec des wilayas qui perdent et d’autres qui gagnent », a-t-il fait remarquer. Selon l’ancien ministre des Finances, ce constat impose une révision de la politique nationale de développement territorial à travers, notamment, des innovations, financières, sectorielles et institutionnelles. 

Sur le plan des mesures financières, le conférencier recommande de « reconstruire » la fiscalité locale de façon à savoir « qui paie quoi et combien », ce qui permettra d’identifier les villes riches et celles pauvres. 

Limiter les subventions aux wilayas pauvres

Benachenhou recommande de limiter les subventions de l’Etat aux wilayas pauvres, en expliquant que les wilayas qui possèdent des ressources locales (fiscalité, douane, domaines) peuvent recourir au marché financier ou bancaire en cas de besoin. « Il faut que le budget de l’Etat aille, mieux, aux territoires qui en ont besoin, notamment en matière d’équipement.

Les territoires qui ont assez de ressources peuvent aller à l’emprunt pour financer des équipements déterminés », a-t-il argué. Pour Benachenou, qui était l’argentier du pays entre 1999 et 2001 puis entre 2003 et 2006, les collectivités locales doivent accepter un traitement « différencié » en termes de dotations publiques pour permettre à l’ensemble des territoires de se développer à la même cadence.

Pour une redistribution budgétaire plus raisonnable et équitable, il a appelé à une réforme « urgente » des finances locales, estimant que des réformes sectorielles et institutionnelles sont aussi nécessaires pour corriger les dysfonctionnements et disparités dans le développement des territoires.

« Nous ne pouvons pas atteindre le renouveau industriel si nous ne développons pas d’abord les filières primaires : agroalimentaires, manufactures et médicaments », a-t-il souligné tout en insistant sur l’impératif de revoir la stratégie nationale de l’investissement qui, lui seul, crée le développement et la croissance.

En matière d’innovations institutionnelles ; le conférencier préconise la modernisation de la gestion des collectivités locales de sorte à leur permettre de jouer leur rôle « d’initiateur de développement ».

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