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Nationale

Belkacem Babaci : Une icône de l’histoire de La Casbah d’Alger s’en va

Belkacem Babaci : Une icône de l’histoire de La Casbah d’Alger s’en va

Belkacem Babaci, icône de l’historiographie de La Casbah d’Alger, où il est né en 1939, est mort mardi à l’âge de 80 ans. Connu pour avoir durant ces 30 dernières années défendu avec une rare énergie la restitution du canon fondu en 1542 par un Vénitien, « Baba Merzoug », que les Français avaient appelé la Consulaire, Babaci était un livre ouvert sur l’histoire de La Casbah.

Ecrivain, historien, il a travaillé dans les services de sécurité, aux côtés de feu Kasdi Merbah, et a même été membre du bureau fédéral de la FAF en 1984. Né en 1939 à « Sabbat Lihoud », dans l’ancien quartier juif de la basse Casbah, le président de la Fondation éponyme a harcelé des années durant les plus hautes autorités du pays pour que la France restitue à l’Algérie le canon « Baba Merzoug ». Car Alger aux XVe et XVIe siècles était appelée « El Mahroussa » (la protégée) grâce à cette formidable pièce d’artillerie, qui repoussait toute attaque ennemie du port d’Alger. Cet ancien moudjahid avait en effet fait de la restitution de ce canon de 7 mètres et 12 tonnes une priorité nationale. Il a fait plusieurs correspondances officielles pour le retour à Alger de ce terrible canon, qui avait une portée phénoménale de plus de 4 km, et seule la grosse « Bertha » pouvait à l’époque le battre. Le 5 juillet 1830, après la chute d’Alger, l’amiral Duperré, commandant de l’escadre française, avait pris cette pièce d’artillerie unique en son genre à l’époque et l’a transférée au port de Brest, où elle trône sur son socle, défigurée cependant par un coq, jusqu’à aujourd’hui.

Belkacem Babaci, auteur de plusieurs livres sur Alger, en a d’ailleurs écrit un sur ce canon : « l’épopée de Baba Merzoug, le canon d’Alger ». Il a également écrit « l’Histoire fabuleuse de Raïs Hamidou » et « L’invasion d’Alger ». Bellkacem Babaci est l’un des derniers « enfants de La Casbah » à partir après une vie consacrée à protéger la vieille médina d’Alger des prédations humaines, de l’inconstance des autorités de la wilaya qui n’ont pas su la préserver d’une lente et inexorable décrépitude.

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