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Nationale

Belbacha, l’ex-pensionnaire de Guantanamo blanchi par la justice algérienne

Belbacha, l’ex-pensionnaire de Guantanamo blanchi par la justice algérienne

Après plusieurs années d’incarcération à Guantanamo 
Ahmed Belbacha alias Abou Dajana acquitté par le tribunal criminel d’Alger.
Pour manque de preuves le président du tribunal criminel d’Alger, Amarani Abdenour, a purement et simplement acquitté Ahmed Belbacha alias « Abou Dajana », des faits qui lui ont été reprochés notamment lors de l’instruction judiciaire du tribunal de Sidi M’Hamed. 
Le mis en cause, âgé de 46 ans, a été livré aux autorités algériennes par les services secrets américains après avoir passé plus de 12 ans à la prison militaire américaine de Guantanamo (Cuba). Il a affirmé au président en charge du dossier : « J’ai quitté le territoire national et je me suis installé de manière légale en France en 1999 ; quelque temps après, j’ai réussi à franchir la frontière Britannique clandestinement. »
Il a tenu à préciser : « En 2002, j’ai décidé de rejoindre l’Afghanistan où j’ai adhéré à une association caritative appartenant à Emirati El Walid Ben Tallal contre 3 000 dollars par mois. L’association à laquelle j’appartenais s’occupait des familles démunies qui vivaient dans des situations lamentables. »
L’inculpé a par ailleurs indiqué que « j’ai été ensuite transféré à la prison de Guantanamo sur ordre de la CIA sous prétexte que je faisais partie d’une organisation terroriste internationale. J’ai passé plus de 12 ans d’incarcération avant d’être livré aux autorités sécuritaires algériennes ».

Ces dernières l’ont remis de leur côté aux services de la justice le 28 janvier 2004 sur demande du procureur de la République du tribunal de Sidi M’Hamed et après plusieurs années d’investigations, celui-ci s’est dessaisi de l’enquête judiciaire en faveur de son collègue de l’instruction (le 8 novembre 2008) et a sollicité l’ouverture d’une instruction judiciaire contre le mis en cause pour appartenance à un groupe terroriste activant à l’étranger.

L’accusé a en outre nié au cours de son audition avoir participé à des attentats terroristes notamment en Afghanistan et au Pakistan en déclarant : « Je n’ai participé à aucune opération terroriste. Je m’occupais beaucoup plus des aides humanitaires. »

Le procureur général a d’emblée affirmé que toutes les preuves légales et matérielles relatives à l’accusation portée à l’encontre du mis en cause étaient réunies notamment en ce qui concerne l’intention d’adhérer à une organisation terroriste. Il n’a pas tardé à requérir 12 ans de réclusion criminelle. 

L’avocat de Belbacha, Me Sidhoum Amine, a dressé un dur réquisitoire contre les services du département des renseignements et de la sécurité (DRS) en clamant haut et fort : « Les enquêteurs de cette institution sécuritaire ont rédigé trois lignes pour dire que mon client faisait partie d’un groupe terroriste activant à l’étranger ! ».
Pis encore : « Ces mêmes services ont envoyé une correspondance au procureur général de la cour d’Alger en date du 26 janvier 2004 pour émettre un mandat d’arrêt international contre mon client. Ils se sont basés sur des documents remis par des étrangers pour la condamnation d’un Algérien. »

Me Sidhoum a insisté sur l’acquittement de son client en soulignant aux membres du tribunal criminel d’Alger que « la commission militaire qui siégeait à la prison de Guantanamo à Cuba l’a acquitté après avoir passé plus de 12 ans d’emprisonnement ». 
Il convient de signaler qu’il avait déjà été condamné par la justice algérienne en 2009 (par contumace) à 20 ans de réclusion criminelle, avant qu’il ne soit extradé vers l’Algérie par les autorités américaines qui l’avaient jugé et déclaré innocent en 2007. Mais cette extradition n’a eu lieu qu’en 2013.
 
Cette affaire avait fait l’objet d’un report lors de la première session criminelle de 2014, le même juge Abdenour Amrani qui présidait alors le tribunal criminel avait décidé de renvoyer le procès à la deuxième session de 2014.
Le dossier du prévenu ne comportait ni procès-verbaux, ni un rapport psychiatrique, qui puissent déterminer sa responsabilité pénale « sur les faits qui lui sont reprochés ».
 

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