Béjaïa : L’heure de la reconstruction et des indemnisations
Après la frayeur et la désolation causées par les terribles incendies qui ont frappé de plein fouet plusieurs localités de l’est et de l’ouest de la wilaya de Béjaïa ces derniers jours, l’heure est désormais au bilan, à la reconstruction et à l’accélération des indemnisations pour soulager des populations durement éprouvées par les flammes.
Un vaste élan d’organisation et de solidarité s’est rapidement mis en place sur l’ensemble du territoire, tandis que des commissions pluridisciplinaires ont été immédiatement mises sur pied dans les régions sinistrées. Elles sont aujourd’hui à pied d’œuvre afin de mesurer avec exactitude l’ampleur des pertes, de recenser méthodiquement les dégâts occasionnés par les brasiers et de structurer l’accompagnement indispensable pour venir en aide aux habitants touchés.
Sur le terrain, le paysage laisse place à une vision particulièrement saisissante où le vert éclatant des forêts luxuriantes s’est mystérieusement transformé en un immense manteau noir de cendres. Dans les villages reculés et les agglomérations des communes de Darguina, Taskariout, Melbou, Boukhelifa, Tichy, Souk El-Tenine, Toudja, El-Kseur et Aït Smaïl, les familles ont traversé une épreuve d’une rare violence, voyant leurs repères quotidiens vaciller face à l’avancée fulgurante des brasiers.
Le bilan matériel, agricole et environnemental se révèle particulièrement lourd à porter pour la région. La faune et la flore locales ont payé un tribut exorbitant à ces feux dévastateurs. Des vergers entiers, abritant des milliers d’arbres fruitiers séculaires parmi lesquels se distinguent les oliviers nourriciers, les figuiers généreux, les grenadiers et les pruniers, ont été consumés jusqu’à la racine. À cela s’ajoutent la destruction de nombreuses ruches d’abeilles, la perte de volailles et de têtes de bétail au sein des exploitations, ainsi que l’anéantissement de hangars agricoles indispensables et de plusieurs habitations, plongeant ainsi de nombreux foyers dans une profonde incertitude quant à leur avenir immédiat.
Pour faire face à cette catastrophe d’envergure et engager au plus vite le processus d’évaluation et de réparation, des cellules communales d’urgence ont été déployées dans chaque circonscription touchée afin de dresser un inventaire exhaustif, rigoureux et transparent de l’ensemble des dommages subis.
« Des cellules communales d’évaluation des sinistres, composées de plusieurs services, ont immédiatement été installées dans les zones sinistrées et certaines ont commencé leur travail vendredi dernier », a indiqué avec précision avant-hier le directeur des services agricoles de la wilaya de Béjaïa, Mohamed Boutiba, s’exprimant directement sur les ondes de Radio Soummam.
Ces entités de terrain ont ainsi entamé le recensement minutieux à Darguina et Taskariout, deux des zones les plus meurtris par les flammes. Leur mission prioritaire consiste à arpenter sans relâche les sentiers de montagne et les ruelles des villages pour inspecter, vérifier et chiffrer l’impact réel des brasiers sur le patrimoine local. Parallèlement, les services techniques concernés poursuivent sans discontinuer leurs tournées d’expertise au cœur même des exploitations agricoles touchées pour attester des pertes subies par les éleveurs et les agriculteurs.
Dans l’ensemble des localités impactées, la procédure administrative est déjà bien engagée et les autorités publiques ne cessent d’en appeler à la réactivité et à la vigilance de tous. Au milieu des cendres encore fumantes, l’espoir demeure toutefois intact dans les cœurs, nourri par la volonté farouche de voir renaître rapidement la beauté légendaire des paysages de la région et de rebâtir patiemment ce que les flammes impitoyables ont emporté.
Parallèlement à ce travail de titan sur le terrain, la cadence de l’indemnisation des sinistrés des incendies du mois de juillet dernier s’est nettement accélérée ces derniers jours, témoignant d’une volonté constante de ne laisser personne au bord du chemin. Les services concernés de la wilaya maintiennent le cap d’une solidarité active et concrète, concrétisée par la remise effective des décisions de dédommagement des biens mobiliers et immobiliers.
À l’approche de la date butoir fixée à ce 31 août 2026, les activités s’intensifient de manière spectaculaire sur le terrain afin de clore définitivement ce chapitre douloureux de l’histoire locale. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est on ne peut plus clair : honorer scrupuleusement les engagements de l’Etat envers les populations touchées par les vagues successives d’incendies de l’été et garantir un accompagnement qui soit à la fois concret, rapide, transparent et rigoureux.
Il s’agit avant tout de solder l’intégralité des dossiers d’indemnisation en souffrance. Cette mobilisation générale dépasse très largement le cadre de la simple gestion bureaucratique ou administrative. Elle traduit avec force une volonté politique ferme de placer le citoyen au cœur absolu des priorités nationales, en transformant les promesses solennelles de solidarité en des actes tangibles et mesurables.
Bien loin des bureaux feutrés de l’administration, c’est au plus près des réalités quotidiennes et locales que se matérialisent ces efforts louables. Les autorités locales et les différentes commissions de wilaya s’activent ainsi intensément pour que chaque attestation parvienne directement à son légitime bénéficiaire, traversant les vallées et les hauteurs des régions touchées.
À Barbacha, la dynamique vertueuse de distribution des décisions d’attribution s’est poursuivie avec constance pour soutenir des citoyens durement éprouvés, dans un élan de solidarité qui s’est solennellement ouvert par une minute de recueillement et de silence en vibrant hommage aux victimes tragiques des feux de forêt.
Lancée officiellement le 27 août 2026 à Ouzellaguen, cette vaste opération d’indemnisation a permis d’amorcer la remise des précieuses attestations aux habitants dont les foyers ont été ravagés. Cette action salvatrice s’est également déployée avec efficacité dans les localités de Béni Maâouche et de Timezrit afin d’attribuer les indemnités dues aux foyers et aux agriculteurs meurtris par la perte de leurs outils de travail.
Ces indemnisations ciblent en toute priorité les pertes directes liées aux feux de forêt dévastateurs ainsi qu’aux récoltes agricoles anéanties. Leur attribution obéit à une exigence de rigueur absolue, fondée exclusivement sur des évaluations objectives et des constats précis réalisés de visu sur le terrain par les services compétents et assermentés.
À travers l’ensemble de ces actions coordonnées, les pouvoirs publics réaffirment avec force leur engagement indéfectible envers les populations sinistrées. L’accélération méthodique de ce processus vise ainsi un double objectif stratégique : garantir à chaque citoyen concerné de percevoir son dû dans les délais impartis et lui offrir les moyens financiers et moraux nécessaires pour tourner définitivement la page de cette terrible épreuve grâce à un soutien étatique indéniable.