Béjaïa : Le dossier de la mémoire érigé en « cœur de la souveraineté nationale »
En visite à Béjaïa pour les commémorations du 8 mai 1945, le ministre des Moudjahidine le Pr Abdelmalek Tachrifet à Béjaïa a réaffirmé la centralité du dossier mémoriel dans la protection de l’identité algérienne. Entre hommages aux survivants et inauguration de sites historiques à Kherrata, la journée a souligné l’engagement de l’État à préserver le legs des martyrs.
Cette célébration a pris une dimension particulière avec la présence du ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, le Pr Abdelmalek Tachrifet. Accompagné du wali de Béjaïa, M. Kamel Eddine Kerbouche, le ministre a présidé une cérémonie de distinction en l’honneur de trois figures emblématiques de la résistance : MM. Saïd Alik, Smaïl Mansouri et Ali Madani. Ces moudjahidine, témoins oculaires de la barbarie coloniale de mai 1945, ont été salués pour leur courage et leur rôle crucial dans la transmission de témoignages vivants, véritables remparts contre l’oubli.
Dans son allocution, le ministre a mis en exergue la vision stratégique du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Il a notamment souligné l’importance de deux chantiers majeurs : les Assises nationales de l’histoire et de la mémoire, ainsi que le projet de loi sur la mémoire nationale. Citant le message du chef de l’État, le ministre a rappelé que le dossier de la mémoire n’est pas une simple formalité historique, mais bien le « cœur de la souveraineté de l’État » et une « garantie essentielle pour la protection de l’identité nationale ». Il a également insisté sur la responsabilité de la nouvelle génération dans la préservation de ce legs sacré.
De son côté, le wali de Béjaïa a rappelé le lien indéfectible entre les massacres de 1945 et le déclenchement de la Révolution de novembre. Selon lui, le sang versé un certain 8 mai fut « l’étincelle » ayant soudé le peuple autour de l’idéal de l’indépendance. « La fidélité envers nos martyrs se traduit aujourd’hui par notre engagement dans la construction du pays », a-t-il affirmé.
La journée s’est conclue par une halte hautement symbolique à Kherrata. Les autorités ont procédé à l’inauguration de la place historique réhabilitée de Chaâbet El-Akhra. Ce site, situé à l’entrée des célèbres gorges, reste gravé dans la conscience collective comme le témoin de l’un des crimes les plus odieux du colonialisme. Ce projet de réhabilitation s’inscrit dans une démarche globale de valorisation des lieux de mémoire, visant à ancrer les valeurs de fidélité et de patriotisme chez les jeunes générations.