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Nationale

Bedda et Yousfi accablent Bouchouareb

Bedda et Yousfi accablent Bouchouareb

Les deux anciens ministres de l’Industrie et des Mines, entendus le 19 juin dernier par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed dans le cadre des affaires de corruption liées à l’usine de montage de véhicules de marque KIA, ont tous deux accablé leur prédécesseur, Abdeslem Bouchouareb. Selon Mahdjoub Bedda, les usines « étaient déjà opérationnelles et les avantages accordés ».

Ce dernier, qui a occupé le poste de ministre durant 2 mois (gouvernement Tebboune), a ajouté que les avantages dont ont bénéficié les usines d’assemblage de véhicules « étaient le fait du cahier des charges élaboré en 2015 ». Selon lui, la majorité des usines « étaient déjà opérationnelles et avaient bénéficié de tous les avantages et exonérations de l’ANDI, ainsi que de crédits bancaires et infrastructures destinés à leur activité durant la période où Bouchouareb était ministre de l’Industrie entre 2014 et 2017 ».

Quand à Youcef Yousfi, il a fait pratiquement les mêmes déclarations. Il a indiqué qu’à sa prise de fonction « toutes les usines étaient déjà opérationnelles et avaient bénéficié de tous les avantages ». Il a affirmé n’avoir donné « aucun avantage » durant toute la période où il était en poste.

En plus de ces deux ministres, deux anciens cadres du ministère de l’Industrie et des Mines ont comparu dimanche dernier devant le juge. Il s’agit de Hanni Abderrazak, ex-SG du ministère, et de Bouchdjira Ahmed, chef de cabinet. Ils ont été entendus dans le cadre de l’affaire Ali Haddad, patron du groupe ETRHB.

Pour rappel, cette affaire est liée à des indus privilèges concédés à ce groupe opérant dans les travaux publics ainsi qu’à des passations de marchés illégales. Auparavant huit cadres supérieurs et plusieurs responsables du ministère de l’Industrie et des Mines ont été convoqués par la justice. Les ministres de ce secteur non plus n’ont pas également échappé à l’intérêt des magistrats enquêteurs. Bouchouareb, Bedda et Yousfi sont cités dans l’affaire KIA, en attendant que les enquêtes préliminaires aboutissent à d’autres mises en accusation.

Le secteur de l’Industrie aura été, avec celui des Transports et des Travaux publics, à la lumière de tout ce que la Justice a révélé jusqu’à aujourd’hui, le plus pourri par la corruption, la concussion, le copinage, la connivence et la complaisance, le trafic d’influence et l’abus de fonction. Les marchés de l’automobile octroyés de manière illégale

ont été dans une large mesure le noyau de cette corruption à grande échelle. Il y a trois jours, le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed a ordonné la mise en détention de quatre cadres du ministère de l’Industrie ainsi que de l’ancien directeur du Crédit populaire algérien, qui avait accordé des crédits faramineux au groupe de montage automobile Sovac des frères Oulmi. Dans cette affaire, pas moins de 52 cadres ont été entendus. L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a comparu en tant qu’accusé dans le cadre de la même affaire. L’ancien ministre de l’Industrie Youcef Yousfi a également été auditionné, ainsi que l’ancien directeur général du CPA. Le ministère de l’Industrie donne l’image, à l’instar de celui des Transports, d’un département mis totalement, ou à tout le moins, sous influence. Le cas Bouchouareb est typique de cette situation.

L’ex-ministre de l’Industrie et des Mines entre avril 2014 et mai 2017 a rejoint sa résidence en France où il possède des biens depuis toujours. Depuis quelques temps, il se trouve en famille au Liban. Entre ce pays et l’Algérie, il n’existe pas d’accords sur l’extradition de personnes suspectes ou condamnées par la Justice des deux Etats.

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