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Nationale

Batailles rangées dans la ville nouvelle de Constantine

Batailles rangées dans la ville nouvelle de Constantine

Les habitants de certains quartiers de la ville nouvelle Ali-Mendjeli à Constantine sont depuis le début du week-end sur le qui-vive. Des scènes de violence d’une extrême gravité secouent depuis vendredi l’Unité de voisinage 19 (UV 19).

Les habitants de cette unité ont vécu les dernières 72 heures dans la terreur après avoir été victimes d’actes de vandalisme de la part de bandes de « truands », nous dit-on, venus de cités voisines et qui voulaient en découdre avec d’autres issus du quartier cité. Des jeunes armés de couteaux et autres cocktails Molotov sillonnent et s’acharnent sans répit sur tout ce qui bouge au niveau de l’UV 19, causant des dégâts considérables aux bâtisses, édifices et véhicules sur leur passage.

Une petite virée nous a permis, en effet, de constater l’ampleur des dégâts. Des façades noircies par les jets de projectiles en feu, des carreaux de fenêtres cassés, pourtant barricadées avec des barreaux qui rappellent ceux des forteresses, notamment pour les appartements du rez-de-chaussée, ou encore des pare-brise de véhicules brisés. Il y avait même une voiture totalement calcinée. Cela en sus d’une vingtaine de blessés dont au moins six, nous a-t-on indiqué sur place, ont dû être transférés, samedi, vers le CHU Dr Benbadis de Constantine en raison de la gravité de leurs blessures.

L’intervention des services de sécurité semble avoir été brève, témoignent quelques badauds qui étaient, par peur, armés de bâtons et de projectiles qui leur servaient, nous rassurent-ils, de moyens pour se défendre contre les « agresseurs ».

Ces derniers seraient venus d’une autre unité de voisinage, précisément de l’UV 14, apprend-on sur place. Récemment relogés au niveau de cette unité de voisinage, les agresseurs sont d’ex-habitants du bidonville de Oued El-Had, un des plus grands baraquements, de par son nombre d’habitants, qui ceinturaient la ville des Ponts. Un quartier qui avait la réputation d’être très peu fréquentable depuis des années.

A l’origine de cette bagarre, une simple histoire d’embêtement dont aurait été victime une jeune fille de l’UV 14, de la part d’un jeune du quartier ciblé (UV19).

S’ensuit alors une altercation entre les proches de la jeune fille et le dragueur qui fut très violemment secoué. L’onde de choc prend alors de l’ampleur et la situation s’envenime. Ce n’est qu’après l’intervention des forces de l’ordre que le quartier connaîtra un calme précaire, au demeurant. Puisque, nous dit-on encore, à la moindre éclipse des policiers, les agresseurs font dans la récidive, ce qui a fini par pousser les habitants du quartier agressé à rester cloîtrés, refusant même de laisser leur progéniture rejoindre l’école.

Toutefois, à l’heure où nous mettons sous presse, le quartier semblait sécurisé après que les forces de sécurité se sont déployées de manière plus durable.

De pareilles scènes avaient été vécues il y a quelques mois par la nouvelle cité. Des bagarres pour des histoires de terrains matico ou encore de gardiennage avaient plongé dans la terreur plusieurs quartiers de la ville. Des scènes qui avaient poussé les autorités locales à improviser des rencontres avec les habitants de ces quartiers pour les appeler au calme.

Ce énième épisode devrait pousser sérieusement les responsables à songer à prévenir définitivement ce genre de situation qui, au rythme où vont les choses, finira un jour par provoquer l’irréparable. Cela, en attendant bien entendu que soit concrétisée la réalisation d’unités de sûreté urbaines prévues à divers endroits de la nouvelle cité que l’on qualifie de cité dortoir mais qui risque d’être, en plus, étiquetée de dangereuse.

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