-- -- -- / -- -- --
Nationale

Barrages pour empêcher l’arrivée des manifestants à la capitale

Barrages pour empêcher l’arrivée des manifestants à la capitale

Huitième vendredi de protestation. Nouvelle journée de mobilisation des Algériens contre le système . Rien ne semble arrêter les manifestants qui se sont encore une fois mobilisés par millions à Alger et dans plusieurs wilayas du pays, malgré le dispositif sécuritaire draconien dressé dans la capitale, mais surtout sur les routes menant à Alger, rendant ainsi l’accès impossible.

La nomination du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah conformément aux dispositions de l’article 102 de la Constitution, rejetée par la population, n’a nullement baissé la tension. Bien au contraire, craignant que l’élection présidentielle du 4 juillet soit frauduleuse et ne servira qu’à maintenir le système, ils étaient des milliers à investir les places Audin et de la Grande-poste, désormais symboles de protestations, dès les premières heures de la matinée. En effet peu avant 11 heures, des manifestants ont investi plusieurs rues et places à l’instar de la Place du 1er Mai et de la rue Hassiba-Benbouali. Les revendications, quoique actualisées, restent toujours les mêmes et continuent d’être relayées pour le huitième vendredi consécutif. « Echaâb yourid tetnehaou gaâ » (Le peuple veut le départ de tout le monde), « Bensalah dégage », ont notamment scandé les manifestants. Mais le fait qui a marqué le plus ce vendredi, ce sont les dispositifs sécuritaires déployés par la Gendarmerie nationale qui ont carrément bloqué les accès vers Alger. Des barrages ont été dressés partout pour empêcher les véhicules d’avancer, comme ce fut le cas sur la RN 5 au niveau de Boudouaou. Idem à Boufarik où l’autoroute Est-Ouest a été complétement bloquée. De grands renforts de la gendarmerie ont également été déployés dans plusieurs wilayas du pays, à l’instar de Bouira, Béjaïa, Blida…Le but n’est autre que d’empêcher les manifestants venus d’autres wilayas de rejoindre à Alger.

Il y a lieu de signaler que des barrages de gendarmerie ont été dressés sur les routes jeudi soir sur plusieurs axes routiers et des barrages de police ont été improvisés à la sortie de chaque quartier et banlieue de la capitale, perturbant ainsi la circulation routière. Un manque de transport public a été également signalé, contraignant des citoyens à limiter, voire annuler leurs déplacements. Ce comportement, inédit depuis le début des marches populaires le 22 février, a été fortement critiqué par les manifestants qui ne cessent de rappeler le caractère pacifique des marches et le droit de circulation dont devraient jouir les citoyens.

De son côté, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) a dénoncé les barrages filtrants de la gendarmerie et l’usage des canons à eau. « Les dispositifs sécuritaires sont disproportionnés par rapport au caractère pacifique des manifestations et le devoir aujourd’hui est de protéger et d’assurer la sécurité des manifestations pacifiques », écrit-elle dans un communiqué. Et d’ajouter : « la Ligue met en garde contre toute tentation de répression de ces manifestations pacifiques ». Rappelant que des actes de répression des manifestants ont été enregistrés le mardi et le mercredi, où les forces de l’ordre ont tenté d’empêcher les manifestations des syndicats autonomes et des étudiants en utilisant des canons à eau et des gaz lacrymogènes. D’aucuns s’interrogent sur cette « nouvelle méthode » choisie par les autorités pour faire face à des manifestations pacifiques.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email