Baromètre PwC : Mines-Énergie le moteur de la croissance
La deuxième édition de la CEO Survey de PwC en Algérie, tenue ce mardi à Alger sous le thème « Souveraineté et résilience : une nouvelle trajectoire économique pour l’Algérie », a réuni ministres, dirigeants d’entreprises publiques et privées ainsi que des experts nationaux et internationaux autour des perspectives de transformation de l’économie nationale, avec un accent particulier sur l’énergie et les mines, considérés comme un secteur stratégique pour la croissance et la souveraineté économique du pays.
Lors de son intervention, le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a tenu à nuancer que pour l’Algérie, « il ne s’agit pas tant de parler de stabilité énergétique que de rééquilibrage du marché », expliquant que l’Algérie dispose d’atouts considérables, à savoir d’importantes ressources naturelles, d’infrastructures stratégiques, de deux gazoducs, ainsi que de complexes de gaz naturel liquéfié (GNL).
A cet égard, il a insisté sur le fait que les mutations géopolitiques actuelles confirment plus que jamais l’importance de la sécurité des approvisionnements, tout en consolidant la position de l’Algérie en tant que partenaire fiable et crédible sur la scène internationale. « L’Algérie reste constante dans le respect de ses engagements », a-t-il affirmé avec fermeté et insistance.
M. Arkab a, par ailleurs, affirmé que même si l’Algérie se trouve dans une position confortable en raison de ses contrats à long terme, notamment avec l’Union européenne (UE) avec laquelle la coopération se poursuit naturellement, d’autres marchés s’ouvrent également au pays, en particulier en Asie.
Dans ce sens, le ministre a rappelé que l’Algérie dispose d’importantes réserves d’hydrocarbures, d’infrastructures modernes, en plus de réseaux d’exportation vers l’Europe, tout en poursuivant une stratégie axée sur la diversification progressive de ses marchés, notamment pour le GNL.
M. Arkab a affirmé que le lancement de l’appel d’offres Algeria Bid Round 2026, encadré par la loi 19-13 sur les hydrocarbures, illustre la volonté des pouvoirs publics de consolider l’attractivité du secteur grâce à un cadre juridique stable, des procédures simplifiées, en sus d’une plus grande numérisation des démarches administratives. Le ministre s’est, au demeurant, félicité de la loi sur l’investissement de 2022 et de la loi minière de 2025, estimant qu’elles reflètent un équilibre entre la préservation de la souveraineté nationale et l’ouverture à une dynamique économique plus attractive et fructueuse.
Par la même occasion, M. Arkab n’a pas manqué de mentionner la dimension environnementale des projets énergétiques, indiquant que la réduction du torchage du gaz, la limitation des émissions de méthane ainsi que la baisse de l’empreinte carbone figurent parmi les priorités du secteur.
A l’horizon 2030, a-t-il conclu, l’Algérie ambitionne de devenir un pôle énergétique régional en mesure de valoriser ses ressources naturelles, de créer davantage de valeur ajoutée industrielle et de contribuer, de façon pérenne, à la sécurité énergétique régionale et internationale.
Pour sa part, le P-DG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, a affirmé que « le triptyque composé de Sonatrach, Alnaft et de l’Etat demeure pleinement engagé dans le respect des engagements pris, en partenariat avec l’OPEP et l’OPEP+ ». Il a mis l’accent sur la nécessité de favoriser le renouvellement des réserves via l’intensification des activités d’exploration, surtout dans le domaine du gaz.
Les énergies fossiles toujours d’actualité
Le P-DG a indiqué que Sonatrach s’adapte aux mutations mondiales en cours, précisant que « les énergies fossiles conservent à ce stade, comme dans les phases à venir de la transition énergétique, une importance capitale dans l’équilibre énergétique mondial ».
De son côté, le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, a d’abord mis en avant le caractère positif de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de créer un portefeuille ministériel spécifiquement dédié aux énergies renouvelables.
Selon lui, l’Algérie est engagée dans une transition énergétique ambitieuse visant à diversifier son mix dominé actuellement par le gaz naturel, avec pour objectif d’installer une capacité totale d’environ 27 000 à 30 000 mégawatts (MW). Bien que la capacité renouvelable actuelle ne soit que d’environ 600 MW, le pays a franchi, selon ses propos, une étape historique avec le lancement d’un programme de 3 000 MW de solaire photovoltaïque réparti sur plusieurs wilayas.
Ce projet constitue le premier jalon d’un objectif plus vaste à l’horizon 2035, où l’Algérie aspire à atteindre une capacité de 15 000 MW (15 GW) d’énergies propres. Ce plan stratégique permettrait, a-t-il affirmé, non seulement de porter la part du renouvelable à environ 30 % de la production nationale, mais aussi d’économiser d’importantes quantités de gaz naturel destinées à l’exportation.
Pour sa part, le président du CREA, Kamel Moula, ainsi que le P-DG de Tosyali en Algérie, Alp Topcuoglu, ont évoqué le mégaprojet minier de Gara Djebilet. Kamel Moula a salué l’esprit d’engagement de Tosyali, soutenant que ce projet comporte des risques capitalistiques, tout en relevant que l’entreprise commence aujourd’hui à récolter les fruits de son investissement et de sa prise de risque.
De son côté, le P-DG de Tosyali a mis en avant le potentiel considérable de l’Algérie dans le domaine de l’industrie sidérurgique, affirmant que le pays dispose d’atouts astronomiques pour devenir un acteur de référence dans ce secteur. S’exprimant sur le secteur sidérurgique de manière générale, le spécialiste international de l’acier et de la sidérurgie, Marcel Genet, n’a pas caché son enthousiasme. Ce dernier est d’avis que l’Algérie pourrait, à l’avenir, devenir l’un des pays les plus performants dans l’industrie du fer, non pas nécessairement le plus grand, mais « le plus performant au monde », et ce dans un horizon de cinq à dix ans.
Pour sa part, le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a rappelé en substance que l’Algérie avance dans la concrétisation de divers projets miniers structurants tendant à diversifier son économie hors hydrocarbures. Il a cité l’exploitation du fer de Gara Djebilet, du phosphate de Bled El-Hadba, de même que le zinc et le plomb d’Oued Amizour, tout en expliquant que ces projets sont soutenus par d’importantes infrastructures ferroviaires et portuaires. Selon la synthèse de PwC présentée pour l’occasion, les indicateurs confirment la montée en puissance du secteur minier et énergétique comme pilier de souveraineté économique.